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Terra Lacta : « Mieux valoriser notre lait AOP et jouer le local pour booster le prix »

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Vincent Ricou, vice-président de Terra Lacta. (photo : J.Pezon)

Dans un contexte de déprise laitière, Terra Lacta, la coopérative de Poitou-Charentes, négocie avec Savencia, son acheteur exclusif, une formule de prix intégrant la valeur d’une AOP beurrière qui bénéficie d’un nouveau cahier des charges.

À l’instar de l’OP Sunlait, rencontrez-vous des difficultés dans le cadre des négociations autour d’une formule de prix avec Savencia ?
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À l’instar de l’OP Sunlait, rencontrez-vous des difficultés dans le cadre des négociations autour d’une formule de prix avec Savencia ?

Vincent Ricou : En juillet 2019, la première formule a été dénoncée et n’a donc pas pu être appliquée. Conformément à la réglementation, une nouvelle formule est en cours de négociation. Elle n’a pas encore abouti : Savencia souhaite rester sur le principe d’une fixation du prix correspondant à son mix-produit (40 % PGC France, 17 % PGC export et 43 % ingrédients). Or, Terra Lacta apporte des éléments spécifiques comme l’AOP beurrière Charentes-Poitou dont nous voulons tenir compte.

D’autant qu’un nouveau cahier des charges plus valorisant a été mis en place. Il intègre, par exemple, une alimentation du bétail produite localement, le respect du bien-être animal, le non-OGM ou encore un maximum de 1,8 tonne de concentré/vache. Accepté par l’Inao, il est entre les mains de Bruxelles où la validation pourrait durer un à deux ans. Le montant de la prime AOP reste à définir. Nous estimons que 25 % des adhérents peuvent y répondre sans modifier leurs pratiques d’élevage et 50 % sans grandes modifications. Notre objectif est qu’un maximum d’éleveurs y adhèrent pour que 80 % du lait collecté sur la zone soit livré à Savencia en filière beurre AOP (400 Ml). C’est un atout pour valoriser le prix du lait, pour l’attractivité du territoire et pour l’installation. En concertation avec Savencia, nous attendons un retour de valeur sur le prix du lait.

Dans l’observatoire du prix du lait de L’Éleveur laitier (p.28), Terra Lacta est dans une fourchette basse. Avez-vous d’autres leviers de revalorisation du prix ?

V.R. : Votre observatoire compare des prix super qualité TPQC. Cela ne correspond pas tout à fait à la réalité des écarts de prix que nous observons avec notre environnement. En 2019, le prix conventionnel réellement payé par Terra Lacta est de 361,3 € TPQC, en 2020 de 349,4 €. Par ailleurs, en début d’année, nous avons modifié notre grille de paiement : elle prévoit notamment une revalorisation du gramme différentiel de MG (de 2,9 € à 3,5 €, puis 4,5 € au-delà de 41,5 points de TB) et une prime super qualité de 3 €, dont 50 % de la collecte bénéficie aujourd’hui. Nous travaillons aussi à renforcer la rentabilité des sites dont Terra Lacta reste propriétaire. Ainsi, nous avons un projet d’aménagement de la Laiterie les Fayes (15 Ml). L’objectif est de faire moins d’ingrédients industriels et de profiter de l’image de produits haut de gamme d’une laiterie centenaire pour développer une consommation de proximité sous la marque Les Fayes. Sur nos sites de Theix et Auzances, l’idée est aussi de développer une consommation locale, avec de nouveaux produits à plus forte valeur ajoutée, en complément du lait UHT qui permet d’écouler des volumes importants via Orlait. Nous continuons à exporter du lait UHT vers la Chine, avec Synutra et Yantang, mais ne sommes plus dépendants de ce débouché. Sur ce marché erratique, nous travaillons désormais sous forme de contrats de court terme et sommes prêts à saisir les autres opportunités qui pourraient se présenter.

Votre stratégie de volume très libérale correspond-elle à une situation de déprise laitière ?

V.R. : Pas en Auvergne où elle progresse de 2 %, mais sur la zone Poitou-Charentes et limitrophe, il y a une inquiétude sur nos approvisionnements avec une baisse de volume de l’ordre de -5 % par an. Dans ce contexte, Terra Lacta accorde des rallonges de volumes, sans limitations ni prix B. Nous avons mis en place un dispositif d’aide financière pour les jeunes au cours des quatre premières années d’activité. Maintenir le lait sur le territoire est un enjeu fort qui passe aussi par une main-d’œuvre salariée qualifiée. C’est pourquoi nous travaillons avec l’Apecita et le lycée agricole de Saintes pour orienter des candidats vers des formations en alternance et faciliter leur mise en relation avec des maîtres de stage, potentiels employeurs. Nous sommes aussi en lien avec le Répertoire installation pour faciliter la reprise d’exploitation avec des candidats jusqu’en Belgique et en Hollande.

Propos recueillis par Jérôme Pezon
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