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Michel-Édouard Leclerc veut gérer l’inflation à sa manière

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Sénat. La commission des affaires économiques du Sénat a auditionné Michel-Édouard Leclerc le 19 janvier. © Public Sénat

Égalim. Défendre le pouvoir d’achat et renvoyer plus de valeur vers les agriculteurs dans un contexte d’inflation durable : tel est le défi que le leader de la distribution se dit prêt à relever.

Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat le 19 janvier, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des Centres E. Leclerc, s’est exprimé sur les conséquences de la crise sanitaire, l’inflation, ou encore Égalim 2. En effet, avec 18,5 millions de clients­ en France, il est reconnu comme un acteur économique central. Le hasard a voulu que cette audition...
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Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat le 19 janvier, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des Centres E. Leclerc, s’est exprimé sur les conséquences de la crise sanitaire, l’inflation, ou encore Égalim 2. En effet, avec 18,5 millions de clients­ en France, il est reconnu comme un acteur économique central. Le hasard a voulu que cette audition ait lieu en pleine polémique sur la baguette à 29 centimes.

Si le patron du numéro un de la grande distribution est bien connu pour ses talents de communicant, son analyse ne manque pas d’intérêt alors que les négociations commerciales battent leur plein dans un contexte de retour de l’inflation. Et selon lui, elle sera durable car elle résulte de deux phénomènes. Le premier, conjoncturel, s’explique par la reprise de l’économie, après le coup de frein dû à la crise sanitaire. La forte demande en matières premières et en énergie a fait exploser les prix. Michel-Édouard Leclerc évalue la hausse à 4 %, un niveau « que ne pourront pas absorber les consommateurs ».

Ne pas effrayer les clients

Il affirme que ses acheteurs n’abordent pas les négociations commerciales en déflation. « Nous allons faire passer les hausses tarifaires requises, mais il ne faut pas casser la croissance. » D’où le gel du prix de la baguette et d’autres actions à venir sur des produits phares « afin de ne pas effrayer le consommateur ». Le leader de la distribution revendique le droit de « gérer le rapport de confiance avec [ses] clients, tout en opérant un transfert de valeur ajoutée vers l’amont agricole ». L’instauration d’un seuil de revente à perte par Égalim 1 a été « une belle erreur ! » Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 10 %. « Nous aurions pu compenser une partie de l’inflation par ce biais. »

Il dénonce au passage le fait que 90 % des fournisseurs demandent des hausses pour les produits agricoles sans les justifier. Ils préfèrent recourir à des tiers de confiance.

Réguler les secteurs agricoles en difficulté

La seconde source d’inflation est structurelle. « La nouvelle économie fondée sur les transitions écologique, alimentaire ou numérique provoquera un renchérissement des prix », affirme Michel-Édouard Leclerc. Pour encaisser cette hausse qu’il prévoit durable, il préconise de rétablir la concurrence, et de réguler si nécessaire. Il cite le secteur du porc, mais ce pourrait aussi bien être celui du lait. Il suggère une possibilité d’entente des producteurs agricoles pour passer certains caps.

Leclerc se pose plus que jamais en défenseur du pouvoir d’achat, tout en affichant sa volonté de renvoyer de la valeur ajoutée vers les agriculteurs. Il sera jugé sur les actes. Mais on voit bien qu’il gère aisément les écarts entre le discours et la réalité (lire ci-contre). Et surtout, les industriels font toujours écran. Comment savoir si les hausses acceptées au titre du coût de production du lait reviennent vraiment aux éleveurs ?

Pascale Le Cann
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