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Et si vous vous aidiez d’un exosquelette pour la traite ?

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Prévention. S’enfilant comme un sac à dos, l’exosquelette assiste le trayeur dans ses mouvements. Ce nouvel outil conçu pour prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) a été adopté par un éleveur du Maine-et-Loire.

C’est désormais une habitude bien ancrée : matin et soir, avant la traite, Norbert Brun enfile son exosquelette et part travailler. Cet équipement au look un peu futuriste lui soulage les bras et les épaules lors des mouvements répétitifs, principalement en hauteur lors du branchement des griffes au pis des vaches.
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C’est désormais une habitude bien ancrée : matin et soir, avant la traite, Norbert Brun enfile son exosquelette et part travailler. Cet équipement au look un peu futuriste lui soulage les bras et les épaules lors des mouvements répétitifs, principalement en hauteur lors du branchement des griffes au pis des vaches.

« J’ai découvert cet outil l’année dernière­, dans un reportage télévisé montrant des ouvriers de l’industrie automobile qui utilisaient le même système­, se souvient cet éleveur associé au Gaec de l’Espérance, à Saint-Germain-des-Prés (Maine-et-Loire). J’ai tout de suite pensé que cette assistance pourrait m’être utile lors de la traite. Je n’ai que 43 ans et je suis en bonne forme, mais il me reste encore pas mal d’années à travailler. Je trais 110 vaches, le matin et le soir, 340 à 350 jours par an. Parfois, je ressens des douleurs quand je force trop dans la journée, je veux donc préserver ma santé. »

Uniquement pour traire

En début d’année, l’éleveur s’est donc rapproché de la concession Godin Frères, son fournisseur de matériel d’élevage qui commercialise l’exosquelette de la marque Gobio (lire l’encadré). Le matériel lui a été livré en mai 2020. « Travailler avec cet équipement sur le dos demande quelques jours pour s’habituer, ajoute Norbert Brun. Mais je me suis accoutumé sans rencontrer de soucis particuliers et aujourd’hui, c’est devenu naturel. L’exosquelette ne me sert qu’à la traite, en soulageant mon bras quand je l’allonge vers le haut. Je ne l’utilise pas pour d’autres activités. » L’équipement est en effet un peu encombrant, les tiges et les lames ressorts à l’arrière pouvant s’accrocher à la tuyauterie ou aux barrières.

La chambre d’agriculture de Normandie a testé le même exosquelette durant l’hiver 2019-2020. Un exemplaire était confié aux trois salariés en charge de la traite à la ferme expérimentale de la Blanche Maison. Mais cet essai, prévu au départ pour trois mois, a été ajourné après quelques semaines. « Nos salariés étaient volontaires pour effectuer ce test, précise Lucie Morin, directrice de la Blanche Maison, qui a suivi l’expérimentation pilotée par la chambre d’agriculture. Au départ, tout se passait relativement bien, mais le personnel a finalement ressenti plus de gêne que d’avantages. L’encombrement de l’équipement est un des points négatifs souvent signalé. Si l’exosquelette aide le trayeur dans ses gestes en hauteur, il peut aussi le gêner pour d’autres mouvements ou lors de ses déplacements. Notre salle de traite est assez exiguë, avec des servantes dans l’allée et des flexibles qui descendent du plafond. » À la ferme expérimentale, le quai de traite est relativement bas et les salariés ne présentaient pas de troubles musculosquelettiques. Ce harnais censé les assister a donc fini par leur « peser sur le dos ». La chambre d’agriculture n’a pas pour autant renoncé à effectuer d’autres essais et réfléchit à un nouveau protocole sur un site où l’exosquelette compenserait un problème de hauteur de quai. De son côté, le constructeur reconnaît que cette assistance doit avant tout répondre à un besoin de l’utilisateur. Un avis partagé par Norbert Brun : « Je l’ai montré à des collègues qui ne sont pas convaincus, parce qu’ils n’en ressentent pas l’utilité, explique-t-il. D’autres, au contraire, estiment comme moi que cela leur apporterait une aide bienvenue. Personnellement, je ne veux plus m’en passer. C’est un plus sur le plan musculaire mais aussi d’un point de vue psychologique, car cela me maintient aussi le dos droit et je n’ai pas l’impression de forcer. »

denis lehé
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