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Une expertise confirme l’effet des pesticides sur la biodiversité

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Atténuer.C’est la combinaison de solutions qui limite la contamination du milieu naturel par les pesticides : buses antidérive, habitats-refuges, zones tampons et, bien sûr, diminution des quantités appliquées. © Sébastien Champion

Nuisances. Selon un collectif scientifique, dont l’Inrae, insectes et oiseaux ne sont pas les seules victimes des pesticides.

Quarante-six chercheurs, dont ceux de l’Inrae et de l’Ifremer (recherche maritime), ont présenté le 5 mai leur deuxième expertise sur les effets des pesticides sur la biodiversité, qu’elle soit terrestre, atmosphérique ou aquatique. La précédente date de 2005. « Dans les espaces agricoles, les produits phytopharmaceutiques sont une des causes majeures du déclin des invertébrés terrestres, alerte...
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Quarante-six chercheurs, dont ceux de l’Inrae et de l’Ifremer (recherche maritime), ont présenté le 5 mai leur deuxième expertise sur les effets des pesticides sur la biodiversité, qu’elle soit terrestre, atmosphérique ou aquatique. La précédente date de 2005. « Dans les espaces agricoles, les produits phytopharmaceutiques sont une des causes majeures du déclin des invertébrés terrestres, alerte le collectif. Les papillons, les pollinisateurs et les coléoptères [NDLR, par exemple, les prédateurs de ravageurs coccinelles et carabes] sont les plus touchés. » Les macro-invertebrés des cours d’eau agricoles sont également affectés : « dans les plus pollués, ils pourraient diminuer de 40 %. » En cause, les insecticides, en particulier les néonicotinoïdes et les pyréthrinoïdes, mais aussi, pour les invertébrés terrestres, les herbicides qui réduisent non seulement leurs ressources alimentaires mais aussi leur habitat.

Menace sur les amphibiens et certains micro-organismes

Les pesticides contribuent également au déclin des populations d’oiseaux dans les espaces agricoles. Moins d’insectes, c’est moins de garde-mangers pour les oiseaux insectivores. Les oiseaux granivores, eux, sont intoxiqués par l’ingestion de semences traitées. Là encore, les néonicotinoïdes sont pointés du doigt, en particulier l’imidaclopride et, dans une moindre mesure, les fongicides, dont le thirame. Les experts évoquent enfin la menace des pesticides pour les amphibiens, les chauves-souris, mais aussi pour les micro-organismes présents dans les sols et cours d’eau, dont la fonction est de dégrader la matière organique.

Réduire au-delà de 30 % : compliqué

Coincés entre la nécessité de produire – encore plus actuellement – et celle de protéger le milieu naturel, de quelles solutions disposent les agriculteurs ? Selon le collectif scientifique, les buses antidérives sur les rampes de pulvérisateurs, la pulvérisation sans vent, la couverture des sols et les zones tampons en bordure de cours d’eau (bandes enherbées, haies, mares…) sont des leviers efficaces. « La réglementation européenne apporte un haut degré de protection par rapport à d’autres pays comme les États-Unis, souligne-t-il aussi. Elle se traduit par des interdictions de produits en Europe et encore plus en France. » Reste le levier le plus compliqué : la réduction des phytos. « En terme de polyculture-élevage, les diminuer de 25 % à 30 % est accessible, avance David Bouillé, animateur des fermes Dephy du Grand Ouest. Plus de prairies, le désherbage mécanique du maïs, des mélanges de variétés de blé robustes, le labour occasionnel, des semis pas trop précoces, sont des leviers désormais bien connus. » Diminuer­ au-delà des 30 % nécessite une refonte de son système cultural et fourrager.

Claire hue
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