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Offrir aux veaux bio un accès à l’extérieur

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Un auvent pour abriter le râtelier à foin et l’auge.

Réglementation. Obligatoire en bio à partir de janvier 2022, l’accès à l’extérieur des jeunes veaux est en cours d’essai à la ferme expérimentale de Trévarez.

C’est désormais une certitude. L’obligation d’offrir un accès à l’extérieur aux veaux laitiers bio va s’appliquer à partir de janvier 2022. L’Inao doit publier un nouveau guide de lecture dans le courant de l’automne pour en préciser les modalités. Les derniers ajustements devaient être finalisés lors du Cnab (Comité national de l’agriculture biologique) du 30 septembre.
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C’est désormais une certitude. L’obligation d’offrir un accès à l’extérieur aux veaux laitiers bio va s’appliquer à partir de janvier 2022. L’Inao doit publier un nouveau guide de lecture dans le courant de l’automne pour en préciser les modalités. Les derniers ajustements devaient être finalisés lors du Cnab (Comité national de l’agriculture biologique) du 30 septembre.

Courette ou pâturage

Mais le nouveau règlement était déjà connu dans les grandes lignes. Les veaux devront pouvoir sortir sur une courette bétonnée ou au pâturage, sauf en hiver, comme pour les bovins adultes. Ils devront disposer d’au moins 1,5 m2/tête à l’intérieur et 1,2 à l’extérieur. Cette notion d’hiver doit être précisée mais l’appréciation des OC (organismes certificateurs) devrait reposer sur le bon sens. L’obligation serait suspendue en cas de météo très froide ou humide. L’âge à partir duquel ce règlement s’applique reste, lui aussi, à fixer mais il se situera probablement à 6 semaines. L’accès au pâturage serait imposé à partir de 6 mois. On peut donc s’attendre à des contrôles des OC sur ces points dès 2022. Pour Laurène Leroy, référente bio à l’APCA, les éleveurs ne respectant pas ces conditions recevront sans doute un rappel à la réglementation dans un premier temps. Les sanctions tomberont plus tard.

Sur l’élevage bio de la ferme de Trévarez (Finistère), un nouveau bâtiment respectant ces règles a été construit (voir infographie). Les veaux y vivent de mars à octobre-novembre. En effet, le troupeau bio quitte le bâtiment durant cette période pour pâturer un îlot de parcelles éloignées. La traite s’effectue alors avec un robot de traite mobile.

Les veaux s’habituent aux clôtures

Les vaches vêlent dans un espace isolé à l’extérieur et les veaux reçoivent le colostrum. Ils passent leur première semaine en niche individuelle avant de rejoindre le groupe. Là, ils sont abrités sous un igloo paillé et accèdent en permanence à une pâture. Cet enclos est fermé par un grillage et une clôture électrique pour les habituer au courant. Ils boivent du lait fermenté (voir encadré) une fois par jour, distribué dans un bac à tétines. Ils disposent d’eau et de foin à volonté. Ils reçoivent aussi un concentré à base de bouchons de luzerne et de céréales fermières. Ce type de logement a été testé à Trévarez il y a quelques années. Les veaux sortaient au pâturage à l’âge de 3 semaines, au printemps. Les croissances observées sur la période de zéro à 6 mois se situaient très bien par rapport à un lot témoin resté dans le bâtiment. Il n’y a pas eu d’impact sur le plan sanitaire. Mais ce type de conduite facilite la réalisation d’un vrai vide sanitaire de la nurserie. Sortir les veaux très jeunes ne pose donc pas de problèmes majeurs, pour peu que les animaux disposent d’abris adaptés. Cela permet aussi de réduire le temps de travail.

Pascale Le Cann
Buvée : Trévarez a adopté le lait fermenté

La recette est simple. Il s’agit de faire fermenter du lait entier dans une cuve en y ajoutant des yaourts. En pratique, on réalise le fond de cuve avec 10 litres de lait et 4 yaourts qu’on laisse fermenter vingt-quatre heures On ajoute ensuite le lait et la fermentation se poursuit pendant de nouveau vingt-quatre heures avant de distribuer la buvée et de remettre du lait pour le lendemain. Il faut rajouter des yaourts une fois par semaine. Pour que cela fonctionne bien, la température du local abritant la cuve de fermentation doit se situer entre 15 et 18 °C.

On peut aussi travailler avec des ferments achetés dans le commerce. On les ajoute alors au lait vingt-quatre heures avant la buvée. Dans ce cas, la température du local peut varier de 12 à 20 °C.

Le lait fermenté est distribué à température ambiante à raison de 6 l/jour en une fois de la deuxième à la onzième semaine, 4 l jusqu’à la semaine précédant le sevrage et 2 l la dernière semaine. La fermentation pré-digère le lait. Il reste moins longtemps dans la caillette ce qui facilite la digestion. Les travaux conduits à Trévarez montrent un net recul des diarrhées par rapport à des veaux nourris au lait entier. Dans trois essais sur quatre, les veaux nourris au lait fermenté ont mieux démarré. Cette technique permet aussi de réduire le temps de travail. Les veaux sont plus calmes et se lèchent moins.

Le troupeau bio de Trévarez est en cours de croisement trois voies (holstein x jersiaise x normande). L’arrivée des croisées dans le troupeau fait remonter les taux. Pour éviter les inconvénients d’une ration trop riche, mieux vaut bien choisir les vaches dont on utilise le lait. Un travail en cours vise à trouver des indicateurs pour piloter l’apport de lait au quotidien. En attendant, la tendance est à réduire un peu le volume de buvée.

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