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Laïta se concentre sur la valorisation des protéines

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Christian Griner (à gauche) reste directeur du groupe Even et Fabien Russias prend les rênes de Laïta. p.le cann

Après avoir digéré une croissance de la collecte de 20 % et investi 500 M€ dans ses outils industriels, Laïta mise sur la croissance externe et le développement de ses marques pour améliorer son mix-produit.

Directeur de la coopérative Even et de Laïta, Christian Griner va se concentrer sur cette première fonction et cède la place à Fabien Russias pour la seconde. Il rappelle que la suppression des quotas laitiers s’est traduite par une hausse de 20 % de la collecte laitière des trois coopératives fondatrices de Laïta (Eureden, Even et Terrena). Le groupe a investi 500 M€ dans ses usines pour transformer ce lait.
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Directeur de la coopérative Even et de Laïta, Christian Griner va se concentrer sur cette première fonction et cède la place à Fabien Russias pour la seconde. Il rappelle que la suppression des quotas laitiers s’est traduite par une hausse de 20 % de la collecte laitière des trois coopératives fondatrices de Laïta (Eureden, Even et Terrena). Le groupe a investi 500 M€ dans ses usines pour transformer ce lait.

Il entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement. « L’ambition reste d’apporter de la valeur à nos producteurs en améliorant le mix-produit et en recherchant des opportunités », précise Christian Griner. Il rajoute que la solidité du parc industriel donne les moyens d’accélérer le développement en France et à l’international. La collecte est stabilisée et après avoir conduit une croissance interne, le groupe s’ouvre à l’international. L’acquisition en 2021 de Marathon Food, un importateur britannique de produits alimentaires méditerranéens, constitue un premier pas.

Pour conduire cette stratégie, cinq directeurs ont été remplacés depuis 2019. L’entrée en fonction de Fabien Russias apporte la dernière pierre à cet édifice. Présent dans l’entreprise depuis dix-huit ans, il rappelle que le mix-produit est déjà bon pour la matière grasse mais doit être amélioré pour la protéine.

Développement en fromages et nutrition clinique

De récents investissements visent à atteindre cet objectif. La fromagerie de Ploudaniel (Finistère), spécialisée dans les pâtes pressées en a bénéficié et produit 35 000 t de fromage. La capacité de production de l’usine de Créhen (Côtes-d’Armor) va augmenter pour répondre au développement du marché des pâtes fraîches (Madame Loïk). Sur ce même site, l’investissement dans une tour de séchage permet de produire des poudres de lait premium et des ingrédients laitiers, hors du marché infantile.

Laïta a aussi investi à Ploudaniel dans une nouvelle ligne de production dédiée à la nutrition clinique et infantile, un marché très spécifique sur lequel peu d’entreprises possèdent le savoir-faire. Ses produits sont distribués dans plus de cinquante pays. Il s’agit par exemple de « nourette », des bouteilles prêtes à l’emploi de lait maternisé, distribuées dans les maternités. Ou encore de produits très concentrés destinés à la nutrition clinique. La nouvelle ligne ouvre des perspectives de développement sur ces marchés ou encore sur celui de la nutrition sportive.

Laïta continue de s’appuyer sur sa marque Paysan Breton commercialisée par les GMS en France. « Notre ambition est de monter à 40 000 t d’ici 2025 contre 36 000 aujourd’hui, » annonce Fabien Russias.

Il faudrait 10 % de hausse sur les prix des PGC

Cette stratégie à long terme n’ignore pas les difficultés du moment chez les producteurs. « Nous sommes favorables à l’esprit de la loi Égalim malgré les difficultés techniques que son application nous impose. Il faudrait une hausse des prix de l’ordre de 10 % à la consommation pour couvrir nos hausses de charges et celles des producteurs. Personne ne l’a intégré, » analyse Fabien Russias qui alerte : la France ne doit pas s’isoler dans une bulle, au risque de décrocher par rapport à ses voisins.

Pascale Le Cann

Laïta en chiffres :

1,4 Md€ de chiffre d’affaires dont 66 % en France, 22 % en Union Européenne et 12 % au grand export

2 600 exploitations produisant 1,Md de litres de lait dans le grand-Ouest

3 020 salariés

7 sites industriels

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