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La hausse du prix du lait de vache se fait attendre

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L’écart entre le prix du lait payé en 2020 et en 2021 se résorbe, mais cela ne suffit pas à compenser la hausse des coûts de production. © Cédric Faimali/GFA

Comme le rappelle le Cniel dans sa dernière note de conjoncture, le prix standard du lait de vache conventionnel est estimé à 324 €/1 000 litres en mars 2021. Si l’écart s’est réduit à 2 €/1 000 litres par rapport à 2020, les producteurs attendent bien plus. La flambée des charges met les trésoreries sous pression.

« Le prix du lait retrouve à peine son niveau de l’année dernière », indique Gérard You, chef du service de la conjoncture laitière à l’Institut de l’élevage (Idele), à La France Agricole. En effet, « le prix standard du lait de vache conventionnel était de 324 €/1 000 litres sur le mois de mars 2021, soit 2 €/1 000 litres en dessous du niveau de mars ...
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« Le prix du lait retrouve à peine son niveau de l’année dernière », indique Gérard You, chef du service de la conjoncture laitière à l’Institut de l’élevage (Idele), à La France Agricole. En effet, « le prix standard du lait de vache conventionnel était de 324 €/1 000 litres sur le mois de mars 2021, soit 2 €/1 000 litres en dessous du niveau de mars 2020 », complète la note conjoncturelle du Cniel, publiée le 28 mai et portée par l’économiste Benoît Rouyer.

Des éleveurs agacés

De quoi agacer certains éleveurs, désireux de voir ce prix revalorisé au plus vite. « Les producteurs de lait ne sont pas satisfaits du prix payé au début de l’année 2021, loin de là », assénait la FNPL, le 18 mai dernier.

« Les producteurs ne voient pas le prix du lait progresser ni en lien avec les marchés, ni en corrélation avec les charges, renchérit la FRSEA Ouest dans un communiqué diffusé le 25 mai 2021. Cela devient insupportable et les conséquences sont visibles : baisse de la production et du cheptel, découragement des producteurs notamment des plus jeunes. » L’alerte est lancée.

Les charges flambent dans les élevages laitiers

L’impatience des producteurs s’explique notamment par la flambée des charges observée sur les exploitations. « L’indice général Ipampa lait de vache de l’Idele a progressé de 6 % en l’espace d’un an », chiffre Benoît Rouyer.

« Deux postes ont fortement augmenté au cours des derniers mois : d’une part, l’énergie et les lubrifiants ; d’autre part, les aliments achetés », poursuit-il. Pour Gérard You, ce phénomène devrait au mieux « se stabiliser » à court terme.

> À lire aussi : Matières premières, les coopératives laitières s’alarment de la flambée des coûts de production (26/05/2021)

L’évolution du prix du lait peine à compenser cela. « La marge Ipampa lait de vache sur coût total indicé (indice MILC) est passée de plus de 110 €/1 000 litres sur la fin de l’été 2020 à 78,60 €/1 000 litres en mars 2021 », illustre Gérard You, qui comprend ainsi l’inquiétude exprimée par les producteurs laitiers.

Des hausses du prix du lait attendues ce printemps

Pourtant, les prix des produits industriels continuent leur ascension. « Les cours du beurre en France ont ainsi progressé de 800 €/t en l’espace de quatre mois et demi pour se situer actuellement autour de 4 000 €/t, indique l’économiste du Cniel. De son côté, le prix de la poudre de lait écrémé a augmenté de 350 €/t pour atteindre désormais 2 600 €/t. » Pour l’heure, aucun signal ne laisse présager une inversion de tendance.

Encore un peu de patience. « Quand la situation se dégrade sur les marchés, le prix du lait décroche moins vite en France qu’ailleurs. Et quand les signaux se mettent au vert, la réactivité est également moindre qu’en Allemagne par exemple, où le prix est davantage connecté au prix des commodités, explique Gérard You, qui prévoit une revalorisation du prix du lait au printemps et au-delà sans en connaître l’ampleur. Il est encore difficile de jauger l’effet des dernières négociations commerciales. »

Le regain observé sur la collecte française depuis le début du mois de mai ne devrait pas compliquer l’équation. « Quand les marchés sont bien orientés, tout lait est bon à prendre », souligne le chef de la conjoncture laitière à l’Idele.

> À lire aussi : Le recul de la collecte laitière française se poursuit en mars 2021 (17/05/2021)

Trouver des solutions

Attendre c’est une chose, agir en est une autre. Dans une tribune adressée au ministre de l’Agriculture, diffusée le 20 mai dernier, l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) demande la mise en place de nouveaux outils de gestion de crise car « le Covid, les aléas climatiques et les méchants de la GMS ne font pas tout. » Certaines lacunes sont pointées du doigt : « Qui nous défend vraiment lors des négociations ? Qui travaille pour nous protéger des surplus de lait et des exportations qui conditionnent nos revenus aux aléas de marchés extérieurs ? »

De son côté, la FRSEA Ouest exige que « le prix du lait tienne réellement compte des coûts de production » et que « les marchés actuels se retrouvent également dans le prix. » Car si la loi Egalim a fait avancer le débat, « la logique de construction du prix en marche avant peine à se concrétiser sur le terrain », constate Gérard You.

> À lire aussi : Prix du lait, la FNPL attend beaucoup de la loi Egalim 2 (26/04/2021)

Alexandra Courty
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