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L’exercice de pédagogie de l’OP Danone des 3 Vallées

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Le Molay-Littry. Sur le petit site du Calvados cohabitent les produits ultra-frais conventionnels et bio. Fjord est la marque phare des premiers, Les 2 Vaches celle des seconds. Le succès de cette dernière en 2020 (+ 15 %) inspire l’OP et Danone pour leur projet. © C. Hue

Contrat. Le nouveau contrat-cadre que l’OP bas-normande a signé avec Danone a provoqué des remous parmi ses adhérents.

Le 24 juin, l’OP des 3 Vallées a tenu sa deuxième­ assemblée générale de l’année. La première, en février, a eu lieu en « visio », la seconde en « présentiel » au Molay-Littry (Calvados), tout proche du site de Danone. « Le contrat-cadre signé en février, qui s’accompagne d’une nouvelle formule de prix et de répartition des...
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Le 24 juin, l’OP des 3 Vallées a tenu sa deuxième­ assemblée générale de l’année. La première, en février, a eu lieu en « visio », la seconde en « présentiel » au Molay-Littry (Calvados), tout proche du site de Danone. « Le contrat-cadre signé en février, qui s’accompagne d’une nouvelle formule de prix et de répartition des volumes A et B, a suscité des incompréhensions. Une explication “en physique” facilite les échanges », explique Damien Lecuir, le président de l’OP. Durant le printemps, plusieurs courriers anonymes dénonçant le nouveau mode de calcul ont été envoyés à la direction lait de Danone France.

Lever les incompréhensions

Il faut dire que le calcul du prix de base A, qui touche 97 % des volumes de l’OP, nécessite une explication au tableau noir, « digne de fameux mathématiciens », selon un des courriers anonymes. Il est configuré à 80 % sur le marché français et à 20 % sur l’export.

Commençons par le coût de production, qui rentre à 62,5 % dans le calcul de la partie France. Les 320 € à 330 €/1 000 l pour 2021 apparaissent bien loin des 403 € publiés par le Cniel. « Les indicateurs retenus servent pour la fixation du prix de base et non du prix payé final, rappelle Damien Lecuir. Celui du coût de production s’appuie sur le prix de revient du réseau Inosys normand mais sans ses fermes bio et AOP. Des 350,79 € obtenus – dont une rémunération de la main-d’œuvre à 2 Smic – est donc déduit un forfait de 44 € de taux, qualité sanitaire et primes Danone. » Une dernière gymnastique s’impose afin d’obtenir le coût de production final : l’ajout de 15 € au titre de l’agriculture régénératrice poussée par Danone (bien-être animal et carbone). « Au premier semestre, l’indicateur coût de production s’élevait à 320,82 €. Sous l’effet de la hausse du prix des aliments, il vient d’être revalorisé à 330,28 € pour le second. » Et Damien Lecuir de positiver : « Tant mieux si le prix de revient d’Inosys est à 350,79 €. Les 20 € supplémentaires perçus dans le prix final valorisent le travail des producteurs. »

Un projet pour zéro excédent

Le nouveau contrat-cadre introduit également 3 % de volumes excédentaires payés au prix beurre-poudre, moins un forfait logistique. À 260,58 € en février et 267,52 € en mars (329,67 en juillet), la pilule a été dure à avaler par les producteurs concernés. « Le site du Molay-Littry a un excédent de 8 %. L’OP l’a négocié à 3 %, répond Damien Lecuir. La grille de répartition mensuelle des volumes donne de la souplesse au producteur dans le pilotage de ses volumes. » L’objectif de l’OP est zéro excédent. La pyramide des âges l’aidera sans doute mais elle préfère se retrousser les manches et proposer à Danone « un projet qui dynamisera la collecte et valorisera le lait ». Elle investit 95 000 € pour ce projet qui verra le jour au 1er novembre, sans en dire plus. On devine que le bien-être animal et l’empreinte carbone sont au cœur du réacteur­. À budget équivalent, l’OP a d’ailleurs négocié un système de bonus-malus sur ces deux critères dans le nouveau contrat. « Avant de lancer ce projet, il fallait sécuriser le contrat. C’est fait. »

Claire Hue
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