C’est du jamais vu. Lactalis n’est pas à quelques euros de plus que Sodiaal, comme à son habitude, mais, selon les régions, de + 11 € à + 15 €/1 000 l sur la moyenne des dix premiers mois de 2022 (infographie ci-contre, lire aussi p.18). L’écart devrait encore se creuser sur l’ensemble de l’année, une fois l’accord entre Lactalis et l’Unell appliqué en novembre et décembre (respectivement de l’ordre de464 € et 474 € de prix de base). Le prix d’octobre Lactalis France-Unell s’élève à 454,31 €. Au terme d’un mois de médiation (lire sur www.eleveur-laitier.fr), les deux parties se sont en effet accordées le 7 octobre sur un prix de base moyen trimestriel de 464,80 €.

La négociation a porté sur trois points. Côté Unell, le retour des hausses tarifaires relatives aux coûts des producteurs obtenues auprès des GMS françaises et un rattrapage sur le prix du troisième trimestre qui avait été fixé unilatéralement par l’industriel. Côté Lactalis, la prise en compte de la crise énergétique sur les produits industriels qui pèse pour 30  % dans son mix-produit. L’association d’OP a tourné la page du T3 par 9 €/1 000 l étalés sur le T4. « Nous avons également accepté l’étude de Lactalis sur l’augmentation de ses coûts de fabrication beurre-poudre car, de notre côté, nous retombons sur nos pattes via le retour GMS », affirme Claude Bonnet, président de l’Unell.

Lactalis demande une formule plus réactive

« Cette négociation a permis ni plus ni moinsde revenir dans l’environnement de prix français », ajoute-t-il. C’est-à-dire décroché du contexte européen et sans tenir compte de Sodiaal.

En l’absence de l’indicateur interprofessionnel beurre-poudre, l’Unell, mais aussi les autres OP, sont démunies pour négocier la partie industrielle de leur formule de prix. « C’est irresponsable de la part du Cniel de nous laisser jusqu’au printemps prochain sans référence officielle », lâche Claude Bonnet.

Lactalis demande aujourd’hui une formule plus réactive vis-à-vis du contexte économique. Pourquoi pas, répond l’Unell, qui se sent sécurisée par Égalim 2 sur les PGC France. « Nous considérons les 474 € de prix de base en décembre comme un point de départ pour 2023. »Ils intègrent un prix de revient des producteurs de 440 € qui devrait monter à 460 € en mars.

Claire Hue