Sodiaal a annoncé hier soir la reconduction du prix de base de novembre en décembre : 420 €/1000 l de prix A et 476 € de prix B. Selon notre observatoire, pour l’année 2022, le prix de base moyen (A+B) sera donc de 409,40 € en Hauts-de-France et Haute-Normandie, soiten 72 € de plus qu’en 2021 (+ 21,3 %)

Mardi, à Aumale (Seine-Maritime) Sodiaal Nord en a donné les clés de compréhension aux syndicats et aux opérateurs économiques de son territoire qu’elle avait invités. La presse l’était aussi. Après la rencontre de ses adhérents tout au long du mois de novembre, elle achevait sa tournée régionale d’information et d’explications. Damien Lacombe, président de Sodiaal, était présent. Des adhérents de Sodiaal Nord aussi, qui n’ont pas mâché leurs mots. « Vous êtes à la rue en termes de prix du lait », s’exclame l’un d’entre eux. « Je ne comprends pas comment vous obtenez ce niveau de prix B, intervient un autre. Sodiaal l’a créé pour le mettre au niveau mondial. Maintenant que les cotations beurre-poudre sont élevées, vous changez les règles ! » Jusqu’au printemps, il correspondait à la valorisation beurre-poudre que publiait le Cniel. Mais depuis, les industriels font chacun à leur sauce : 476 € retenus par Sodiaal pour son prix B de novembre et décembre, 551,72 € par Lactalis en novembre pour la valorisation beurre-poudre de sa formule de prix (moins 15,54 € d’ajustement de surcoûts de fabrication, le tout négocié avec l’Unell).

500 M€ de surcoûts

Depuis la suspension de sa formule de prix le 1er juillet, le groupe coopératif diminue « de façon égalitaire les prix A et B. » « Puis, au prix B, nous ajoutons le surcoût lié à l’énergie », détaille Olivier Gaffet, vice-président de Sodiaal et président de Sodiaal Nord. « Les 51 €/1000 l dde hausses tarifaires obtenus auprès de la grande distribution pour l’année 2022 ne nous permettent pas d’assurer le prix que donnerait la formule de calcul du prix », complète Damien Lacombe. Ni d’assurer la hausse moyenne de 72€ de prix de base A+B 2022. « Il nous revient d’aller chercher le différentiel de 21€/1000l sur les autres marchés. Nous verrons à la fin du mois si nous avons réussi », reprend Olivier Gaffet.

En plus de la difficulté de passer des hausses tarifaires auprès des GMS françaises, selon les deux dirigeants, le groupe a été pénalisé par des contrats à couverture longue sur les produits industriels. « L’objectif était de sécuriser ce qui nous reste d’excédents mais ils ont empêché une réactivité sur le marché international lorsque les cotations se sont envolées. » Sans compter les surcoûts liés à l’inflation chiffrés à 500 M€ dont 100 M€ dus au gaz et à l’électricité. Avouons-le, ces explications laissent un peu perplexe, les industriels européens étant confrontés à la même situation.

Décrocher 500 € auprès desGMS en 2023

Sodiaal se tourne désormais vers 2023 avec l’assurance que les hausses tarifaires obtenues en GMS en 2022 tourneront à plein. « Notre objectif est d’obtenir un prix de 500 €/1000l auprès de nos clients intégrant l’effet sécheresse et l’effet inflation, appliqué dès le 1er janvier. » Précision : ces 500 € ne seront pas le prix de base versé aux producteurs. D’ores et déjà, Sodiaal annonce le prix de base A de janvier : 483 €/1000 l. Le prix B sera déterminé en fonction de l’évolution des cotations beurre-poudre du mois de décembre.

Claire HUE