Les assises organisées début décembre par la FNPL témoignent de sa volonté de reprendre la main sur tous les sujets qui touchent le secteur, à court, moyen et long termes. Plus de deux cents délégués se sont ainsi retrouvés aux Sables-d’Olonne (Vendée) afin de tracer des pistes d’action. Les fédérations départementales et régionales avaient réfléchi en amont pour ramener des idées, exposées lors d’ateliers thématiques.

La durabilité de l’alimentation compte pour Bruxelles

Sophie Hélaine (DG Agri) a planté le décor en précisant les objectifs du Pacte vert : « L’Union européenne veut une production alimentaire saine et durable. Cela inclut la rémunération des producteurs, les droits sociaux des travailleurs, mais aussi le respect de l’environnement. L’ammoniac tue et la qualité de l’eau ne progresse pas assez. » Benoît Rouyer (Cniel) a enchaîné en rappelant que d’ici 2030, les défis à relever par la filière sont le renouvellement des générations et le changement climatique. « Elle y est mal préparée », observe-t-il. Christophe Perrot (Idele) a souligné le décalage existant entre les fermes à reprendre et les aspirations des porteurs de projets. Un frein à l’installation.

Sur ce thème, quelques pistes se dessinent : revoir la fiscalité, réfléchir à l’évolution des formes sociétaires ou communiquer, notamment auprès des collèges, pour revaloriser l’image du métier. L’atelier consacré à la gouvernance a évité de justesse de déraper en procès contre Sodiaal.

Personne n’a encore saisi le médiateur des coopératives

La députée Martine Leguille-Balloy a rappelé qu’une mission d’enquête parlementaire sur la gouvernance des coopératives est en cours. Elle a insisté sur le fait que si de nombreux éleveurs critiquent ces structures, aucun n’a encore sollicité le médiateur appointé pour dénouer ce type de conflit. Sur ce sujet brûlant, les délégués avancent l’idée de créer des groupes d’éleveurs au sein des coopératives, en lien direct avec le conseil d’administration afin qu’il se rapproche des attentes du terrain. Ils veulent aussi améliorer la convivialité pour inciter les adhérents à participer aux réunions. Concernant les OP, la FNPL estime que certaines restent trop dépendantes de leur acheteur et ont besoin d’une meilleure autonomie financière.

À l’issue de ces débats riches et argumentés, on retient l’ambition de la FNPL de se saisir de tous ces sujets. D’autres réunions permettront de dégager, d’ici le printemps, des pistes d’actions concrètes. « On se met au boulot ! » conclut son président Thierry Roquefeuil. À suivre.

Pascale Le Cann