Annoncée il y a un an lors de l’assemblée générale d’Elvup (Orne), l’union de moyens entre l’organisme de conseil de l’Orne (1 400 éleveurs, 85 salariés), Touraine Conseil Élevage (300 éleveurs, 25 salariés) et la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir (200 éleveurs, 5 salariés dédiés à l’élevage) est à présent opérationnelle. Concrètement, Union Élevage – c’est son nom – a fondu les trois équipes de salariés en une seule, orientée selon deux pôles : le conseil (bovins lait et viande, et caprins) et le contrôle de performances. De même, la R&D et les moyens généraux sont rassemblés sous un seul chapeau. Enfin, les trois structures ont construit une carte de services quasiment commune, mais en conservant des politiques tarifaires propres à chacune. « Nous n’avons pas créé de structure juridique pour encadrer Union Élevage », expliquent Jean-François Le Meur, président d’Elvup, Marie Léquippé, présidente de Touraine Conseil Élevage et Didier Agez, directeur de la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir. Et de détailler : « Les échanges de salariés sont régulés par une convention. Leur temps travaillé est facturé au partenaire qui en bénéficie. Nous avons vécu un plein exercice de cette manière, cela fonctionne bien ».

« Maintenir l’élevage grâce à du conseil de haut niveau »

À la politique de fusion ou de filiale commune de leurs voisins Innoval et Seenergi, ils préfèrent cette organisation agile. « Nous additionnons nos forces afin de générer de la valeur ajoutée chez les éleveurs », affirment-ils. Elvup apporte au panier commun son expertise en vaches laitières, Touraine Conseil Élevage son expérience caprine et d’adaptation fourragère au réchauffement climatique, la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir ses compétences en cultures. Chez ces deux derniers, face au recul de l’élevage dans leur département, l’objectif est d’apporter aux éleveurs un conseil très spécialisé. « Les élevages qui restent ont un haut niveau de performances. À nous de leur fournir un haut niveau de services. Plus on générera une dynamique d’accompagnement, plus l’élevage se maintiendra sur nos territoires », affirment Marie Léquippé et Didier Agez. « Nous ne faisons pas d’innovations en recherche fondamentale, complète Jean-François Le Meur. Nous visons une innovation utile à partir de problématiques remontées du terrain. »

Union Élevage se dit ouverte à discuter avec les organismes qui veulent trouver le bon équilibre entre centre de décision local et création de valeur dans les élevages.

Claire Hue