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Les OP au secours des éleveurs hors cahier des charges Triballat

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Complémentarité. Pascal Mancel (OP Triballat,

Initiative. Triballat a décidé de ne collecter que du lait bio ou produit à l’herbe, plaçant plusieurs éleveurs dans l’impasse. Mais grâce aux OP, tous disposent désormais d’une solution.

Régis et Estelle Gautier, éleveurs à Sens-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), ont su en juin 2020 que leur laiterie, Triballat Noyal, allait revoir son cahier des charges. « Elle voulait à terme ne collecter que du lait bio ou issu de vaches recevant une alimentation sans OGM, et pâturant au moins 200 jours par an », détaille Régis. Impossible, pour ce Gaec à quatre associés possédant 100 vaches.
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Régis et Estelle Gautier, éleveurs à Sens-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), ont su en juin 2020 que leur laiterie, Triballat Noyal, allait revoir son cahier des charges. « Elle voulait à terme ne collecter que du lait bio ou issu de vaches recevant une alimentation sans OGM, et pâturant au moins 200 jours par an », détaille Régis. Impossible, pour ce Gaec à quatre associés possédant 100 vaches.

« Nous avions un contrat de 600 000 l avec Triballat et un de 450 000 l avec Lactalis, poursuit Estelle. Nous pensions que Lactalis accepterait de prendre le tout. Après leur refus, nous nous sommes vraiment inquiétés. » Ils se sont aperçus qu’entre ceux qui répondaient aux nouvelles conditions et ceux qui optaient pour la prime à la cessation, le nombre de fermes sans solutions fondait. Ils ont donc évalué l’arrêt de leur production pour Triballat. La prime s’élevait à 235 €/1 000 l pour un arrêt au 31 mars 2021. « Sans ce lait, on ne pouvait pas maintenir nos revenus. On a cru que la Sill reprendrait des livreurs, mais cette piste a tourné court. On se sentait de plus en plus seuls. »

C’est finalement grâce à la mobilisation des responsables d’OP qu’ils ont trouvé une porte de sortie. Pascal Mancel, à l’époque président de l’OP Triballat, faisait confiance à la laiterie pour que chaque éleveur dispose d’une solution. « Triballat s’y était engagé, affirme-t-il. Ils ont sollicité les laiteries voisines afin qu’elles reprennent des producteurs. Ils ont joué sur les accords de collecte avec Agrial pour certains qui ne répondaient pas aux nouvelles exigences. » Il a néanmoins alerté Poplait (association d’OP du Grand Ouest), dont le président, Fabrice Guérin, est aussi secrétaire de l’OP Cleps Ouest (Savencia). « Sa zone de collecte chevauche celle de Triballat », explique ce dernier.

Savencia accepte une proposition des OP

« L’OP Cleps a créé un groupe de travail pour recenser les producteurs dans l’impasse et trouver des pistes viables », relate Fabrice Guérin. Celle-ci cogère les volumes avec Savencia. Et de préciser : « On voulait faire évoluer le contrat­ de l’OP Cleps à la hauteur des volumes des livreurs Triballat concernés. » Une deuxième voie supposait de puiser dans la réserve de l’OP, abondée par les cessations, avec une mutualisation entre les OP adhérentes à Sunlait (association d’OP Savencia).

Les deux OP ont rencontré les deux laiteries. Savencia a refusé d’ajuster le volume contractuel mais a accepté de reprendre les fermes situées sur des communes où existait déjà un de ses livreurs. « C’était une avancée mais les deux industriels ont échangé entre eux pour définir le calendrier », regrette Patrice Chevrel, actuel président de l’OP Triballat.

La bascule s’est faite au 1er octobre 2021. La mobilisation des OP a permis à chacun de poursuivre son activité. Régis et Estelle ont beaucoup apprécié leur soutien, qu’ils jugent « efficace, et agréable dans une période rendue très stressante par l’incertitude ».

Pascale Le Cann
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