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Traiter les foyers de grippe aviaire « de toute urgence »

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Pour le Cifog, le dépeuplement préventif est la seule stratégie à disposition de la filière pour endiguer le virus H5N8. © Jérôme Chabanne

Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) demande un « renforcement des moyens techniques et logistiques sur le terrain pour traiter les foyers de contamination ». Jean-Luc Guérin, professeur en pathologies aviaires à l’école nationale vétérinaire de Toulouse, considère le virus H5N8 comme « extrêmement contagieux et pathogène ».

« La rapidité de mise en œuvre des dépeuplements et de traitement des foyers est la condition indispensable pour aller plus vite que le virus », alerte le Cifog, dans un communiqué publié le 14 janvier 2021. Compte tenu de « l’agressivité, de la contagiosité du virus et de sa rapidité de propagation », l’interprofession considère le dépeuplement préventif comme «...
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« La rapidité de mise en œuvre des dépeuplements et de traitement des foyers est la condition indispensable pour aller plus vite que le virus », alerte le Cifog, dans un communiqué publié le 14 janvier 2021. Compte tenu de « l’agressivité, de la contagiosité du virus et de sa rapidité de propagation », l’interprofession considère le dépeuplement préventif comme « seule stratégie à disposition de la filière » pour endiguer l’épisode d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP)

> À lire aussi : La France compte 273 foyers de grippe aviaire (14/01/2021)

Mettre les animaux à l’abri

Le Cifog assure que l’élevage en plein air « fait partie de l’ADN de la filière », il demande qu’« en période de haut risque, tous les animaux soient mis à l’abri pour les protéger d’une contamination par les oiseaux sauvages ».

« Les densités de canards qui ne pouvaient pas être mis à l’abri dans certaines zones des Landes a rendu quasi impossible la maitrise du risque de transmission à partir des foyers initiaux », appuie Jean-Luc Guérin, professeur en pathologies aviaires à l’école nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), soulignant que « des cas de contaminations ont aussi été observés dans des élevages en claustration »

« Créer une zone de vide » autour des foyers

Pour le spécialiste, « chaque élevage contaminé émet du virus dans son environnement et augmente considérablement le risque de contamination des élevages de proche en proche ». Si la transmission peut se faire par voie aérienne, les vecteurs du virus sont multiples : « Les animaux en cours d’incubation de la maladie, les véhicules et matériels agricoles, ou encore évidemment, les personnes », poursuit-il.

Dès lors, « il faut dépeupler les élevages autour des foyers, pour retirer les potentiels « hôtes » du virus, explique Jean-Luc Guérin […]. Les élevages à proximité de foyers sont condamnés à être eux-mêmes contaminés s’ils ne sont pas dépeuplés rapidement. » Le professeur de l’ENVT ajoute que les abattages doivent de préférence commencer en périphérie des foyers, afin de « créer une zone vide pour stopper la propagation du virus à partir des foyers. »

« Extrême prudence » sur la vaccination

Quant à la vaccination contre l’IAHP, il s’agit d’un outil à « manipuler avec une extrême prudence, prévient Jean-Luc Guérin. elle ne peut être envisagée que si la biosécurité est bien mise en place si tous les animaux vaccinés sont testés pour garantir qu’ils ne sont pas infectés par un virus pathogène à bas bruit, malgré la vaccination. »

Le spécialiste estime qu’une telle stratégie ne peut pas se mettre en place dans l’urgence. « Il est donc trop tard cette année, d’autant plus qu’aucun vaccin efficace n’est industrialisé à ce jour » tranche-t-il. Et de conclure qu’« il n’y a pas de tabou », et que « cette piste pourra être instruite pour l’avenir ».

> À lire aussi : Les indemnisations pour la grippe aviaire arriveront « dans les prochains jours » (08/01/2021)

Vincent Guyot
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