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Vacciner contre les mammites : il faut l’envisager

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Prévention. Avec deux vaccins qui protègent aujourd’hui contre 80 % des germes responsables des mammites, la vaccination contre cette pathologie majeure devrait se développer. L’intérêt économique est établi dans les élevages à problèmes.

La vaccination contre les mammites est disponible en France depuis une dizaine d’années avec Starvac, un vaccin indiqué dans la prévention des mammites à Escherichia Coli, à staphylocoque doré et à staphylocoque coagulase.
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La vaccination contre les mammites est disponible en France depuis une dizaine d’années avec Starvac, un vaccin indiqué dans la prévention des mammites à Escherichia Coli, à staphylocoque doré et à staphylocoque coagulase.

Plus récemment, un second vaccin, Ubac, assure une protection contre les infections à streptocoque uberis. Aujourd’hui, ces deux vaccins couvrent 80 % des mammites présentes dans les élevages laitiers. Cet outil de prévention devrait trouver toute sa place dans la panoplie des vétérinaires et des éleveurs.

Romaric Feuillet, vétérinaire praticien (réseau Cristal/GTV) dans le Maine-et-Loire, en est persuadé. Une quinzaine d’éleveurs se sont engagés avec lui dans la vaccination contre les mammites. « Nous avons commencé par organiser une réunion sur ce sujet avec des éleveurs qui avaient des problèmes de mammites ou de cellules sur leur troupeau. Nous les avons revus chacun individuellement pour réaliser un audit de leurs pratiques et apprécier si la vaccination avait un intérêt ou pas dans leur cas. Car il faut prendre la vaccination comme un investissement capable de vous amener à une seconde situation plus rentable que la première. C’est une démarche individuelle », explique Romaric Feuillet.

Dans les élevages qui ont des problèmes

Le bénéfice de la vaccination s’évalue aisément (voir infographie) en mettant dans la balance le coût du vaccin et la diminution du nombre des traitements, du lait jeté, des pénalités et des pertes de production. « Le coût de la vaccination dépend du protocole utilisé. Il varie de 30 à 40 € par vache et par an. La cible principale, ce sont les éleveurs qui ont des problèmes chroniques de mammites, avec des facteurs de risques identifiés, mais parfois difficilement corrigibles à court terme. Je pense aux troupeaux qui s’agrandissent rapidement dans un bâtiment qui devient trop exigu. Ou des élevages avec plusieurs trayeurs et des pratiques de traite difficiles à harmoniser. La vaccination peut aider à passer ces caps difficiles. Les élevages qui subissent plus de 30 % de mammites cliniques et (ou) des pénalités régulières pour les cellules devraient trouver un bénéfice à vacciner. »

Pour Romaric Feuillet, identifier les germes responsables est la première étape, et l’approche épidémiologique n’est pas suffisante.

Quel vaccin pour quel germe ?

Disposant d’un laboratoire, sa clinique connaît l’historique des bactériologies réalisées dans les élevages. L’analyse PCR du lait de tank vient compléter le diagnostic. « Nous avons beaucoup d’infections à streptocoque uberis, un peu moins de staphylocoque doré et de coliforme. Est-ce la présence de nombreux élevages robotisés ? Une hypothèse pourrait être que le traitement intervient moins rapidement et du coup, les taux de guérison chutent. Cela reste à valider. » Avec cette prévalence des germes, la totalité des éleveurs suivis par Romaric combinent les valences vaccinales pour protéger contre 80 % des germes. « L’objectif est aussi de se garantir d’un effet maximum, car le protocole reste exigeant. »

Acquérir une immunité de groupe

Toutes les vaches sont vaccinées, excepté celles dont la réforme est prévue dans les dix-huit semaines qui suivent (temps de mise en place de la primovaccination). L’objectif est d’acquérir une immunité de groupe pour diminuer le nombre de mammites, d’augmenter le taux de guérisons et d’empêcher la contamination des vaches entre elles, notamment celle des génisses rentrant en lactation. Les génisses sont donc vaccinées également. « Les vaches porteuses chroniques ne vont pas guérir après la vaccination, mais elles excréteront moins de germes avant qu’elles ne partent à la réforme, et leurs congénères seront mieux protégées », explique Romaric Feuillet. Le vétérinaire insiste sur la nécessité de disposer d’une contention suffisante : une place au cornadis pour chaque animal. « Sinon, le protocole sera difficilement respecté par l’éleveur et c’est un risque majeur d’échec. »

Ce protocole vaccinal a pourtant été simplifié, comparé à celui de l’AMM, qui demande de vacciner les animaux un par un selon leur date prévisible de vêlage. Ici, avec l’utilisation des deux vaccins simultanément, la primovaccination s’effectue sur tous les animaux le même jour avec trois injections à six semaines, suivi d’un rappel à trois mois pour Starvac et six mois pour Ubac. Une petite application a été développée pour prévenir, sur le PC de l’éleveur, des dates de rappel et des génisses qui peuvent être vaccinées en même temps que les vaches. La clinique vétérinaire complète les alertes par l’envoi de SMS.

On ne vaccine pas tout le temps

« Il faut bien comprendre que la vaccination contre les mammites n’est pas une pratique qui sera obligatoirement pérennisée dans un élevage. Cela dépendra des facteurs de risque présents. Elle répond à une situation dégradée en mammites cliniques et subcliniques à un moment donné et permet d’acquérir alors une meilleure immunité. Mais elle n’empêche pas les germes d’entrer dans la mamelle. Elle doit s’accompagner des autres mesures préventives que nous connaissons : hygiène de la traite et du bâtiment, entretien de la machine à traire, réforme des vaches chroniques, bonnes pratiques de tarissement, alimentation équilibrée, etc. La vaccination est un nouvel outil qui permet de réduire l’usage des antibiotiques en lactation. » Finalement, l’objectif est d’obtenir au minimum ce qu’annonce l’AMM : 50 % de mammites cliniques en moins et des niveaux de concentration cellulaire divisés par trois. Ce que les premiers utilisateurs confirment.

Dominique Grémy
Rentabilité.Les élevages qui subissent plus de 30 % de mammites cliniques et (ou) des pénalités régulières pour les cellules devraient trouver un bénéfice à vacciner.
Deux exemples d’élevages suivis par le docteur Romaric Feuillet

Exploitation de 60 vaches avec aire paillée et robot de traite

Avant la vaccination : la concentration cellulaire moyenne du tank (CCT) sur six mois est de 516 000 cellules par millilitre (avec des pics à 800 000). 45 % de multipares sont inférieures à 150 000 cel/ml et 28 % des primipares sont inférieures à 100 000 cel/ml. Il y a peu de mammites cliniques (ou peu détectées) et peu de traitements antibiotiques. Beaucoup de lait est jeté pour diminuer la CCT. L’historique de la bactériologie et la PCR lait de tank montrent la présence de staphylocoques dorés et de streptocoques uberis. Peu de facteurs de risque dans cet élevage à part des traitements de mammites oubliés et/ou différé. Il est décidé d’utiliser les deux vaccins.

Six mois après la vaccination : la moyenne du CCT est descendue à 218 000 cel/ml ; les multipares inférieures à 150 000 cel/ml sont 73 % ; les primipares inférieures à 100 000 cel/ml sont 58 %.

Exploitation de 150 vaches en logettes avec trois robots

Avant la vaccination : 90 mammites cliniques en six mois ont été traitées. La détection et le traitement des mammites sont correctement faits. Le profil bactériologique s’oriente sur streptocoque uberis majoritairement et ensuite Escherichia Coli. 49 % des multipares ont un taux cellulaire inférieur à 300 000 cellules/ml et 40 % des primipares sont en dessous de 150 000 cel.La CCT dépasse les 400 000 cel/ml. La vaccination avec les deux vaccins a commencé mi-juillet 2018 pour une protection complète (fin de la primovaccination) début octobre.

Après la vaccination : de 400 000 cel/ml en août, la CCT est tombée à 260 000 cel/ml en novembre et 180 000 cel/ml en mars.

Six mois après la vaccination : 93 % des multipares sont inférieures à 300 000 cel/ml et 87 % des primipares sont inférieures à 150 000 cel/ml. Après la vaccination le nombre de mammites détecté est tombé à 21, soit 75 % de baisse.

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