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« Moins 30 % d’antibiotiques, et ce n’est qu’un début »

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Médecines complémentaires.À l’aide de pratiques simples et peu coûteuses apprises en deux journées d’initiation, les associés du Gaec de L’Orée des bois ont divisé par trois le nombre de mammites, et amélioré la santé des veaux et des vaches autour du vêlage.

Il y a près de deux ans, Jean-François Grégoire et Benjamin Leboissetier, deux des trois associés du Gaec de L’ Orée des bois, ont suivi la formation Natur’Élevage proposée par leur entreprise de conseil en élevage Seenovia. « Je me disais qu’en y allant seul, je ne parviendrais pas à convaincre mes deux associés de faire évoluer nos pratiques », confie Jean-François. Durant...
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Il y a près de deux ans, Jean-François Grégoire et Benjamin Leboissetier, deux des trois associés du Gaec de L’ Orée des bois, ont suivi la formation Natur’Élevage proposée par leur entreprise de conseil en élevage Seenovia. « Je me disais qu’en y allant seul, je ne parviendrais pas à convaincre mes deux associés de faire évoluer nos pratiques », confie Jean-François. Durant deux jours, ils échangent avec une quinzaine de consœurs et de confrères, et le vétérinaire Joannick Dorso, formateur en médecines complémentaires chez Seenovia. « Nous nous sommes toujours efforcés d’avoir une approche préventive vis-à-vis de la santé du troupeau, indique l’éleveur. À une époque, nous avons beaucoup utilisé la vaccination, mais ça ne fonctionne pas tout le temps. Notre objectif est de réduire l’usage des antibiotiques car ils sont synonymes de problèmes dans l’élevage. »

Pendant la formation, les éleveurs apprennent à utiliser de façon différente certains médicaments déjà présents dans leur pharmacie, notamment des produits homéopathiques parfois difficiles à insérer dans la gueule des animaux.

« Nous avons aussi travaillé sur l’hygiène »

Pour faciliter leur tâche, ils les diluent désormais dans l’eau et les pulvérisent à l’aide d’un vaporisateur sur le museau des animaux. Cette méthode d’application intéresse d’ailleurs les constructeurs de robots de traite qui étudient la faisabilité de l’automatisation de cette opération pour les vaches ciblées. Les éleveurs découvrent aussi de nouvelles spécialités. « Nous avons toujours eu beaucoup de mammites, notamment parce que nous avons connu plusieurs regroupements de troupeaux. Depuis la formation, dès qu’une vache montre un taux cellulaire élevé, nous pulvérisons sur son museau, matin et soir pendant une semaine, une dilution de Phytolac. Dans huit cas sur dix, le taux cellulaire revient à la normale. » Ces derniers mois, le nombre moyen de cellules dans le lait était de 150 000 à 200 000, contre 200 000 à 250 000 auparavant. De plus, alors qu’il y avait en permanence au moins une mammite à traiter dans le troupeau, ce n’est plus le cas. Le nombre de mammites a été divisé par trois.

Si Jean-François Grégoire reconnaît le rôle du traitement homéopathique, il attribue également ces bons résultats à l’évolution d’autres paramètres. « Nous avons aussi travaillé sur l’hygiène, le nettoyage des logettes et l’utilisation d’un asséchant, et même sur la géobiologie. L’hiver dernier, nous sommes passés en système 100 % lisier. Nous avons transformé notre bâtiment pour augmenter le nombre de logettes et les équiper de matelas à eau pour davantage de confort, y compris au niveau thermique. »

« J’ai été convaincu par le vinaigre de cidre »

Un autre levier a été déterminant selon l’éleveur : l’amélioration de la préparation au vêlage. Au cours du mois précédent, le régime alimentaire est composé de paille, d’ensilage de maïs et d’un peu de concentré azoté. Il est complété par du vinaigre de cidre (200 ml/vache/jour) pour le soutien aux fonctions hépatiques, et du chlorure de magnésium (80 g/vache/jour) pour rééquilibrer la balance anions-cations (Baca).

« Pendant la formation, j’ai été ­convaincu par la présentation du vinaigre de cidre, avoue Jean-François. Une vache laitière connaît de nombreuses transitions, ce qui sollicite beaucoup son foie. Cet organe est impliqué dans le bon fonctionnement du système immunitaire. Or, celui-ci est affaibli autour du vêlage. Nous connaissons tous les hépatoprotecteurs, mais ils sont chers. Tandis que le vinaigre de cidre, utilisé comme drainant, est économique et ne présente pas de risque. »

Les éleveurs constatent que le condiment aide les vaches à se préparer au vêlage et les rend moins vulnérables en début de lactation, y compris vis-à-vis des mammites. Ils observent une moindre fréquence des non-délivrances, l’absence d’acétonémie, et une amélioration de la longévité de leurs animaux. Là encore, selon Jean-François, ces performances sont à attribuer à une maîtrise globale de la préparation au vêlage : les vaches concernées restent désormais en bâtiment et les éleveurs veillent à une meilleure précision de la composition de leur ration. Le vinaigre de cidre est régulièrement utilisé sur l’ensemble du troupeau sous forme de cure de sept jours (100 ml/vache/jour), tous les deux à trois mois, ou plus particulièrement à l’occasion d’un changement de silo.

Par ailleurs, les éleveurs ont abandonné le bicarbonate de calcium et adopté l’argile bentonite toute l’année (50 g/vache/jour) afin de compenser l’effet acidogène du maïs et d’optimiser la digestion.

Moins de problèmes de diarrhées

Jean-François estime que le pouvoir tampon est inférieur, mais néanmoins suffisant, et pour un coût plus faible. Il est davantage convaincu des bienfaits de l’argile pour ses veaux qui en disposent en libre-service dans un seau. « Cela ne règle pas tous les problèmes de diarrhées, mais nous soignons quand même moins de veaux, et nous maîtrisons mieux les transitions alimentaires », déclare-t-il.

Les nouveau-nés débutent dans la vie avec une ration de colostrum deux fois par jour pendant deux jours. À partir du troisième jour, ils consomment du lait entier dans lequel a été ajouté du vinaigre de cidre afin de le faire cailler et de le rendre plus digeste (100 ml pour 100 litres de lait). « Nous veillons aussi à une très bonne hygiène des seaux à tétines : ils sont nettoyés après chaque buvée. »

À l’âge de dix jours, la première transition consiste à passer à une buvée par jour au lieu de deux, et à introduire un foin de prairies multi-espèces à volonté. À l’âge de trois semaines, les veaux adoptent la ration des vaches laitières (ensilage de maïs et de ray-grass d’Italie), additionnée d’un concentré « VL 3 litres » maison (tourteaux colza et soja, orge et maïs grain en granulés) pour remplacer l’aliment premier âge. « Cette transition était parfois délicate, mais nous n’avons plus de problème depuis que nous utilisons le vinaigre de cidre. »

« Le temps gagné à soigner est réinvesti ailleurs »

Les éleveurs ont également réduit les problèmes pulmonaires des veaux en leur tondant la ligne de dos pour éviter la présence d’humidité. En outre, l’ambiance dans le bâtiment a été améliorée par un mélange d’huiles essentielles et d’une simple huile de cuisine, appliqué sur des morceaux de bois disposés sous les seaux des veaux afin qu’ils en inhalent les vapeurs.

Jean-François Grégoire estime que ces pratiques simples et peu coûteuses apprises en formation ont permis de réduire de 30 % l’emploi des antibiotiques, et d’autant les frais, sur le troupeau. De plus, le travail quotidien est simplifié et les éleveurs sont plus détendus.

« Ce n’est qu’un début. Le temps gagné à soigner des mammites et des veaux peut être réinvesti pour faire davantage de prévention. Si d’autres formations sont organisées pour aller plus loin, c’est sûr, j’y participerai. »

Nathalie Tiers
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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