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Maladies métaboliques : la ration ne règle pas tout

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Hypocalcémie subclinique. Elle est associée à un recul de l’immunité et des contractions musculaires à l’origine de vêlage difficiles, de métrites, d’infertilité et de baisse de l’ingestion. ©

Péripartum. Pour prévenir les risques de maladies métaboliques en début de lactation, il est important de maîtriser la conduite des taries : les facteurs nutritionnels bien sûr, mais il ne faut pas se focaliser uniquement sur ces éléments.

On a tout écrit au sujet des maladies métaboliques du début de lactation. Pourtant elles sont toujours là et coûtent très cher aux éleveurs. La Baca, le déficit énergétique et l’immunité sont à prendre en compte. Mais une fois ces trois « piliers » sécurisés, la moitié du travail reste à faire. En effet, les facteurs non nutritionnels expliquent 56 % de la...
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On a tout écrit au sujet des maladies métaboliques du début de lactation. Pourtant elles sont toujours là et coûtent très cher aux éleveurs. La Baca, le déficit énergétique et l’immunité sont à prendre en compte. Mais une fois ces trois « piliers » sécurisés, la moitié du travail reste à faire. En effet, les facteurs non nutritionnels expliquent 56 % de la production permise après vêlage. Cela signifie que l’alimentation n’est responsable que de 44 % !

Les facteurs nutritionnels

L’hypocalcémie

L’hypocalcémie est classée en subclinique (calcémie entre 86 et 55 mg/l) ou clinique (inférieure à 55 mg). La présence de l’hypocalcémie clinique, ou fièvre de lait, est assez faible (entre 3,5 et 7 %). En revanche, 50 % des multipares d’un troupeau peuvent présenter de l’hypocalcémie subclinique. Elle est associée à une hausse du cortisol sanguin qui pénalise l’immunité et les contractions musculaires : vêlages difficiles, métrites, infertilité et baisse d’ingestion viennent alors perturber production et reproduction.

Maîtrise : Baca en baisse, voire négative en fin de tarissement, c’est-à-dire assez de magnésium et pas trop de phosphore.

Contrôle :

pH urinaire < 7 ;

magnésium > 35 g/jour dans la ration ;

phosphore < 40 g/j ;

calcémie post-partum> 86 mg/l.

Le déficit énergétique

Il est étroitement lié à l’ingestion, ce qui explique pourquoi les animaux moins productifs ont aussi des troubles du péri-partum, lorsque le pré-partum est mal géré. À ce titre, la ration des taries loin du vêlage détermine la capacité de la vache à maintenir une ingestion soutenue : l’ingestion avant vêlage conditionne celle après vêlage. Donc, plus elle est importante, plus elle protège la vache des maladies métaboliques. Mais il ne s’agit pas d’augmenter l’apport énergétique : les vaches ingérant trop d’énergie loin du vêlage ont une moindre capacité à oxyder les triglycérides en fin de gestation, avec, pour conséquence, une moindre capacité d’ingestion autour du vêlage et un risque de maladie métabolique augmenté.

Maîtrise : ration fibreuse à énergie contrôlée en début de tarissement (0,76 UFL, 12 % de MAT) et plus concentrée en fin de tarissement (0,81 UFL, 15 à 17 % de MAT). Transitions alimentaires respectées.

Contrôle :

dosage des AGNE (acides gras non estérifiés) avant vêlage et des BOH (corps cétoniques) après vêlage ;

note d’état corporelle : 3 à 3,5 et score de remplissage ; du rumen > 4.

L’immunité

L’immunité est déprimée dans les trois semaines qui précèdent et suivent le vêlage. Les hormones et le stress naturel sont des causes difficiles à maîtriser. Mais des facteurs de stress supplémentaires peuvent aggraver la situation : la propreté, l’alimentation et l’abreuvement, le lieu du vêlage, le déficit énergétique, l’hypocalcémie et le stress oxydatif. L’augmentation du stress oxydatif, notamment chez la vache trop grasse en fin de gestation (note > 3,5) est l’une des causes principales de la perturbation immunitaire. Il faut donc assurer aux animaux un stock d’antioxydants suffisant lors du péripartum. Les plus importants sont le sélénium, le cuivre, les vitamines A et E, et le bétacarotène.

Maîtrise : apports de minéraux et oligoéléments pendant toute la durée du tarissement.

Contrôle :

analyses sanguines des statuts en oligoéléments et vitamines ;

contrôle de l’inflammation par mesure haptoglobine ;

marqueurs spécifiques du stress oxydatif.

Les facteurs non nutritionnels

L’effet d’une ration pour vaches taries bien conduite sera totalement nul si les animaux ne peuvent l’ingérer dans de bonnes conditions et le stress engendré par l’inconfort consommera les réserves pro­tectrices de l’animal.

Maîtrise : les vaches taries doivent disposer de 10 m2 de couchage, d’une densité dans le box des taries de 80 % (huit vaches pour dix places) et d’un accès à l’abreuvement à volonté (propreté des abreuvoirs, débit, nombre, disposition).

Idéalement, le box de vêlage devrait comporter un mur, voire un corner, derrière lequel la vache peut s’isoler pour vêler. Enfin, il ne faut pas faire entrer de nouvelles vaches dans le lot des taries plus d’une fois par semaine pour limiter le stress social. La qualité du couchage dans le lot des taries et dans le box de vêlage doit permettre aux vaches de se coucher et de se lever sans aucune difficulté. Ne pas hésiter à faire tomber des murs pour cette catégorie d’animaux également : la sous-ventilation a un effet direct sur les animaux (stress de chaleur), mais aussi sur l’environnement (humidité des zones de couchage et de déplacement).

Contrôle :

note de propreté ;

couchage en moins de sept secondes ;

lésions du jarret ;

mesure de la température ambiante, voire THI (index de température et d’hygrométrie).

Une ration pour vaches taries bien conduite sera sans effet si les conditions de logement et de stress ne permettent pas de la valoriser. © CHRISTIAN WATIER
NEC ou note d’état corporelle. Le stress oxydatif de la vache trop grasse en fin de gestation (ici, NEC = 4) est l’une des causes principales de perturbation de l’immunité. © Claudius THIRIET
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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