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L’IBR fait son retour en Bretagne

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Vaccination. Les bovins infectés doivent être vaccinés ou réformés dans les trente jours qui suivent la détection. Cela permet d’empêcher la circulation du virus. ©

Prophylaxie. Classée en zone favorable depuis une dizaine d’années, la Bretagne a enregistré quelques cas d’IBR depuis un an. Le GDS organise la lutte.

C’est une maladie que les éleveurs bretons avaient oubliée. L’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine) n’avait plus fait parler d’elle depuis dix ans. Avec moins de 0,02 % d’élevages concernés, la Bretagne est classée en ZEF (zone épidémiologique favorable). Ailleurs en France, seuls sept départements se trouvent dans cette situation (1). Ce statut permet d’alléger la prophylaxie.
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C’est une maladie que les éleveurs bretons avaient oubliée. L’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine) n’avait plus fait parler d’elle depuis dix ans. Avec moins de 0,02 % d’élevages concernés, la Bretagne est classée en ZEF (zone épidémiologique favorable). Ailleurs en France, seuls sept départements se trouvent dans cette situation (1). Ce statut permet d’alléger la prophylaxie.

Cette prophylaxie est définie par arrêté ministériel. Le texte donne mission aux OVS (organisme à vocation sanitaire) de la gérer. La délégation est accordée pour une période de quatre ans. Entre 2014 et 2019, elle incombait aux GDS. Fin 2019, un nouvel arrêté devait préciser les délégations pour les quatre prochaines années. « En élevage allaitant, 20 % des animaux sont contrôlés chaque année par prise de sang au moment de la prophylaxie. Par ailleurs, nous effectuons une recherche sur tous les échantillons de lait de tank une fois par an », précise Thierry Le Falher, responsable technique OVS au GDS Bretagne. Ces analyses passent inaperçues pour les éleveurs laitiers. Ils ne sont avertis du résultat que lorsqu’il est positif. Cela s’est produit en octobre 2018. Quatre troupeaux se sont révélés contaminés : trois en Ille-et-Vilaine et un dans le Finistère. Trois autres ont suivi en Ille-et-Vilaine en mars, mai et novembre 2019.

Une maladie invisible mais bien présente

Il n’y a eu aucun cas clinique et cela est un peu perturbant. La maladie est invisible, mais elle est bien là. Avant cet épisode, il ne restait que 200 bovins séropositifs dans la région. Il s’agissait d’animaux vaccinés dans le cadre de plans d’assainissement en cours.

Dans tous ces nouveaux cas, un plan d’assainissement a été mis en place par le GDS. Il prévoit la vaccination des animaux touchés et préconise de les réformer en priorité. L’élevage ne peut plus vendre d’animaux à l’extérieur, ce qui est très pénalisant pour les sélectionneurs. « La vaccination permet de bloquer l’excrétion du virus. Les animaux peuvent rester en production, ce qui limite les pertes économiques », explique Stéphane Jeuland, directeur du GDS Bretagne. En effet, quand la moitié du troupeau est séropo­sitive, la réforme est difficilement envisageable. Il faudrait alors remplacer tous ces animaux, avec des risques sanitaires importants au moment de l’introduction.

Le plan d’assainissement vise aussi à contrôler régulièrement les bovins sains pour détecter d’éventuelles contaminations nouvelles.

Les élevages concernés ont l’obligation de prendre des mesures pour ne pas contaminer leurs voisins, en évitant de sortir leurs animaux, ou en posant des doubles clôtures, espacées de deux à cinq mètres, afin d’empêcher tout contact. « Nous les incitons à prévenir leurs voisins pour qu’eux aussi fassent preuve de prudence. Il faut prendre des précautions en cas de prêt de matériel, par exemple », précise Thierry Le Druillennec, président du GDS Bretagne.

La virulence du virus est inhabituelle

Mais ce point est délicat. Les éleveurs touchés n’ont pas toujours envie d’en parler. Et le GDS a interdiction de communiquer leurs noms. Les règles sont fixées par la DDPP (direction départementale de protection des populations). Elle veille notamment à la confidentialité, mais aussi aux mesures prises par l’élevage contaminé pour éviter la contagion.

Les coûts de prophylaxie obligatoires (analyse, vaccination) sont pris en charge par le GDS. Les éleveurs engagés bénéficient d’aides financières, notamment pour réformer.

Le protocole donne un mois aux éleveurs pour vacciner ou réformer les animaux séropositifs. Cela suffit normalement à freiner la contagion. Mais dans ces cas récents, le virus s’est répandu très rapidement dans les troupeaux. Les investigations se poursuivent pour comprendre pourquoi il se montre aussi agressif.

Par ailleurs, des enquêtes épidémiologiques visant à identifier la source de contamination sont conduites. Le plus souvent, il s’agit d’un contact avec un animal contaminé venant de l’extérieur. L’origine a pu être précisée pour tous les cas, sauf le dernier, en Ille-et-Vilaine. « Cet élevage n’a eu aucun contact avec des animaux potentiellement conta­minés. Il n’a pas acheté d’animaux. La seule hypothèse est que le virus a été apporté par une personne ou un matériel qui, lui, a été en contact », précise Stéphane Jeuland.

Du fait de cette incertitude et de la virulence du virus, le GDS a décidé d’alerter les acteurs concernés de la zone et a organisé une réunion publique le 27 novembre. Les éleveurs, mais aussi tous les intervenants en élevage (vétérinaires, inséminateurs, contrôle laitier, etc.) ont été conviés. Des réunions similaires ont été organisées dans le département voisin de la Manche. «Il fallait informer sur la situation, répondre aux questions, mais aussi rappeler les principes de la biosécurité », note Thierry Le Druillennec.

La biosécurité pour éviter la contagion

En effet, les exploitations reçoivent de nombreuses personnes qui passent d’un élevage à l’autre sans prendre de précautions. Il y a là un risque sanitaire important et sous-estimé. Chacun doit avoir conscience du fait qu’il peut être un vecteur de contamination pour les autres. Cela est valable pour l’IBR bien sûr, mais aussi pour d’autres maladies, telle la BVD.

Pourtant, le virus étant très fragile, il est assez facile de s’en débarrasser. Il ne survit guère plus de vingt-quatre heures dans l’environnement. Il ne résiste pas à l’eau chaude, par exemple. Un bon nettoyage, des bottes ou autre équipement, suffit pour l’éliminer. Les éleveurs doivent donner les moyens à leurs visiteurs de prendre ces mesures. « Dans le secteur de la volaille, tous les éleveurs ont été sensibilisés à la biosécurité après l’épisode de grippe aviaire. La filière porc a fait la même chose face au risque de peste porcine africaine. L’élevage laitier doit aussi avancer sur ce sujet », souligne Stéphane Jeuland, qui a travaillé dans ces filières. C’était le thème des journées techniques du GDS Bretagne en 2018-2019.

Dans le même temps, le GDS a accru la pression de surveillance. Dans cette zone d’Ille-et-Vilaine, les laits de tank ont été vérifiés tous les mois après la détection des premiers cas en 2018. La fréquence actuelle est trimestrielle. Les voisins allaitants ont également été contrôlés de façon plus serrée. Et la surveillance de l’IBR a été ajoutée dans le règlement des comices ou concours de bovins du département. Si cet épisode fait du bruit dans la région, il rappelle l’importance de la prévention sanitaire. La vigilance doit se maintenir, même des années après la disparition d’une maladie. Les analyses réalisées en routine ont un coût qui reste bien inférieur à celui de la gestion d’une épidémie. Aujourd’hui, 98,2 % des cheptels bretons sont qualifiés indemnes d’IBR contre 89 % en France. Onze troupeaux détiennent des bovins séropositifs. « Le statut ZEF n’est pas remis en cause. Car le nombre d’animaux concernés reste très en dessous du seuil », précise le GDS.

Pascale Le Cann

(1) Calvados, Doubs, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Haute-Loire, Manche et Moselle.

À savoir. Une maladie virale sans traitement curatif

Le virus de l’IBR affecte les voies respiratoires ou génitales avec un impact variable. L’infection peut se traduire par un syndrome grippal, des surinfections bactériennes, etc. L’affection génitale conduit à différents types de lésions : métrite, mortalité embryonnaire ou néonatale. Il s’agit d’un herpès, virus contre lequel le bovin infecté développe­ une certaine immunité. L’excrétion du virus et les symptômes cliniques apparaissent en cas de stress. En dehors de ces périodes, l’animal n’est pas contagieux.

L’expression clinique de la maladie est assez rare. L’enjeu se situe surtout au niveau commercial. Les bovins positifs ne peuvent pas être vendus en élevage. La contamination s’effectue directement via un animal porteur et excréteur du virus. L’homme peut transporter le virus de même que les machines. Il n’existe pas de traitement curatif en dehors des mesures visant à soulager l’animal. La réglementation impose de vacciner ou de réformer rapidement les animaux infectés.

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