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Les courants parasites venaient de l’eau

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. Jean-Philippe Rouxel a constaté que ses vaches lapaient au lieu de boire normalement. Leur production n’était pas à la hauteur de ses attentes. © P.L.C.

Énigmatique. Jean-Philippe Rouxel, après avoir rénové son bâtiment, s’est aperçu que les vaches ne buvaient pas suffisamment. Les recherches du GDS ont montré qu’il y avait du courant dans l’eau, mais sans en identifier l’origine.

Quand il a repris l’exploitation d’un voisin en 2016, Jean-Philippe Rouxel a réalisé des travaux pour agrandir son bâtiment afin de loger 90 vaches. La stabulation a été agrandie et l’aire paillée a été transformée en logettes avec des tapis. Le troupeau y est entré le 23 décembre 2016.
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Quand il a repris l’exploitation d’un voisin en 2016, Jean-Philippe Rouxel a réalisé des travaux pour agrandir son bâtiment afin de loger 90 vaches. La stabulation a été agrandie et l’aire paillée a été transformée en logettes avec des tapis. Le troupeau y est entré le 23 décembre 2016.

Au cours de ce premier hiver, l’éleveur ne s’est pas trop inquiété de voir le niveau de production stagner. « Je pensais que c’était dû au regroupement de troupeaux et que les animaux avaient besoin d’un minimum de temps d’adaptation. » Mais l’hiver suivant, la situation ne s’est pas améliorée. L’éleveur a remarqué que ses laitières lapaient au lieu de boire normalement. Leur état de santé restait bon. Le niveau des cellules n’avait pas augmenté. Les vaches ne tapaient pas en salle de traite. L’éleveur a posé des compteurs d’eau et a constaté que la consommation moyenne ne dépassait pas 65 litres par vache et par jour. Un niveau insuffisant.

Des mesures allant de 600 à 1 000 millivolts dans l’eau

Il a sollicité le GDS pour trouver l’origine du problème. « Quatre personnes au GDS Bretagne sont habilitées à réaliser des diagnostics sur la protection électrique en élevage », précise Daniel Le Clainche, référent traite pour cette organisation. Ces conseillers suivent un protocole strict, défini par un groupe du Cniel spécialisé dans les courants parasites (voir encadré).

Le conseiller GDS a mesuré la différence de potentiel à l’aide d’un multimètre entre les abreuvoirs et le sol des aires d’exercice. Les valeurs sont montées entre 600 mV et 1 V. Des niveaux bien trop élevés pour les vaches, extrêmement sensibles au courant. Ce courant passe de l’eau au sol à travers l’animal qui le ressent très fortement, même s’il existe des variations individuelles. L’humidité renforce cette sensibilité.

Il n’était donc pas étonnant que les vaches laitières boivent du bout des lèvres. La situation était identique pour tous les abreuvoirs.

Pourtant, l’éleveur s’était montré attentif à ce risque au moment des travaux. Toutes les structures métalliques ont été reliées à la terre. D’une manière générale, tous les moteurs peuvent générer des courants parasites. Et tous les équipements métalliques peuvent les véhiculer (cornadis, logettes, charpente, brosse, etc.)

Les abreuvoirs en plastique étaient reliés par un fil fixé sur un boulon de leur support en galvanisé. Craignant que la rouille ou des souillures rendent ce système insuffisant, Jean-Philippe Rouxel a posé un collier en Inox avec un fil relié à la terre sur le support de l’abreuvoir. Il n’a pas constaté d’amélioration.

Pensant que l’origine se trouvait peut-être dans le sol, l’éleveur a installé des tapis en caoutchouc devant les abreuvoirs. Cela n’a rien changé, il y avait toujours du courant dans l’eau.

Le GDS est revenu pour réaliser un diagnostic complet. Il a vérifié tous les appareils pouvant engendrer des fuites dans le bâtiment (racleurs, salle de traite), mais n’a rien trouvé. Les mises à la terre et l’installation électrique générale étaient correctes. Dans l’idéal, tous les appareils pouvant­ générer des courants doivent être reliés à la terre en un seul lieu. Si plusieurs prises de terre existent (en lien avec différents bâtiments, par exemple), elles doivent être distantes d’au moins 25 mètres.

Finalement, le GDS lui a conseillé de placer un fil de cuivre directement dans l’eau et relié au sol. Depuis, le courant parasite a disparu. Dès que le fil est enlevé, la tension explose de nouveau­, comme si le courant arrivait par l’eau.

Une solution, mais pas d’explication

Le problème d’abreuvement des vaches est donc résolu, mais l’origine du courant reste une énigme. L’élevage est alimenté par l’eau du réseau. « Lorsque le diagnostic ne relève pas de défaut sur l’exploitation, on cherche à l’extérieur », précise Daniel Le Clainche. Les investigations se poursuivent donc.

Mais au moins, les vaches ont de nouveau accès à l’eau dans de bonnes conditions. La consommation est passée à 75 l/vache, ce qui est plus conforme à leurs besoins. La production est remontée un peu. Mais l’éleveur estime que l’effet dû au regroupement de troupeaux joue encore.

Pascale Le Cann
Diagnostic. Daniel Le Clainche mesure la différence de potentiel entre l’abreuvoir et le sol à l’aide d’un multimètre. Son niveau élevé explique très bien l’inconfort des vaches, très sensibles au courant, et donc leur réticence à boire. © P.L.C.
Solution. Un fil de cuivre relié à la terre a été placé dans l’eau. En conditions normales, il est protégé par le capot de l’abreuvoir et ne peut pas être avalé par les vaches. © p.l.c.
Prise de terre.Dans un premier temps, l’éleveur a relié la structure métallique soutenant l’abreuvoir à la terre, à l’aide d’un collier en Inox. Mais cela n’a pas permis de résoudre le problème. © p.l.c.
Protocole. Défini par le Cniel

L’interprofession laitière a mis en place un groupe de travail(1) pour définir un cahier des charges et un protocole d’intervention en cas de suspicion de courants parasites en élevage. Il a également publié un guide(2) à destination des éleveurs, souvent démunis face à ce type de problème. Des formations sont organisées afin de délivrer des habilitations au diagnostic électrique. Elles sont renouvelables tous les trois ans. Selon cette méthode de référence, la première étape vise à vérifier que le réseau électrique est conforme, notamment en ce qui concerne les liaisons à la terre. Ensuite, on aura éventuellement recours à un géobiologue.

(1) GPSE : Groupement permanent pour la sécurité électrique.(2) Téléchargeable sur le site : https://www.gpse.fr, rubrique « Électricité et agriculture », puis « Document ».

    À Bréhand (Côtes-d’Armor)

    Exploitation individuelle

    90 holsteins

    730 000 l de lait

    77 ha, dont 34 ha en maïs, 4 ha en orge et 39 ha en herbe

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