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Le vinaigre de cidre, un complément santé

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Caillé. Avec le vinaigre de cidre, le lait caille et devient plus digeste pour le veau. © N.T.

Drainage. En élevage bio ou conventionnel, des éleveurs utilisent le vinaigre de cidre dans l’alimentation de leurs veaux et de leurs vaches. Ils obtiennent de bons résultats ­contre les diarrhées néonatales, mais aussi pour accompagner les transitions ­alimentaires et la préparation au vêlage.

Isabelle Belloin a appris à utiliser le vinaigre de cidre il y a un an, à l’occasion d’une formation sur le thème des diarrhées des veaux proposée par Élevage conseil Loire Anjou. « Une diarrhée peut encore arriver, mais c’est beaucoup plus rare qu’avant. Nos veaux sont en meilleure santé, ils ont une bonne croissance. Nous passons moins de temps à nous en occuper et nos frais vétérinaires...
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Isabelle Belloin a appris à utiliser le vinaigre de cidre il y a un an, à l’occasion d’une formation sur le thème des diarrhées des veaux proposée par Élevage conseil Loire Anjou. « Une diarrhée peut encore arriver, mais c’est beaucoup plus rare qu’avant. Nos veaux sont en meilleure santé, ils ont une bonne croissance. Nous passons moins de temps à nous en occuper et nos frais vétérinaires ont diminué. Je ne reviendrais pas en arrière ! » Isabelle est en Gaec avec son mari et son fils, à Brain-sur-Longuenée (Maine-et-Loire). Ils élèvent 65 vaches prim’holsteins pour une production de 650 000 litres de lait au robot. L’alimentation du troupeau s’appuie sur l’ensilage de maïs et d’herbe, l’enrubannage de luzerne, un mélange de céréales aplaties et le pâturage au printemps. À la naissance, les veaux reçoivent du colostrum à la première buvée, puis dès le deuxième repas, deux litres de lait chaud deux fois par jour jusqu’à deux mois environ. Depuis un an, Isabelle ajoute une cuillère à soupe de vinaigre de cidre dans le seau afin de faire cailler le lait. Une fois la phase d’alimentation lactée terminée, l’éleveuse réalise chaque mois une cure de quatre à cinq jours en mélangeant le vinaigre de cidre à l’aliment. « Ils adorent ça ! » constate-t-elle.

« Protéger le foie lors des phases où il est fragile »

Céline Peudpièce, la vétérinaire ayant formé Isabelle et ses collègues, explique : « À ce jour, i l n’existe pas d’étude scientifique sur le mode d’action précis du vinaigre de cidre. Cela viendra peut-être dans le cadre du plan Ecoantibio. Pendant l’alimentation lactée du veau, le vinaigre fait cailler le lait et le rend plus digeste. Il n’y a pas de contre-indication car c’est un produit trop faiblement acide pour être brûlant. »

L’idéal est de commencer les tout premiers jours de vie du veau afin d’anticiper les diarrhées, en faisant des cures de cinq jours au minimum. Le mode d’administration le plus simple est le mélange avec le lait, mais il arrive que certains animaux fassent la grimace. Il est alors possible de leur donner directement dans la gueule.

L’usage du vinaigre de cidre est également recommandé chez les vaches pour un effet de drainage sur le foie et les reins (effet fonctionnant aussi chez le veau). « C’est utile au cours des transitions alimentaires, ou pendant une phase où le foie est plus fragile, par exemple lors de la préparation au vêlage, indique Céline Peudpièce. On peut en donner aussi à une vache qui ne va pas bien ponctuellement : attention, il ne s’agit pas d’un traitement, mais cela procure un soutien à l’animal. »

« Utile quand l’ensilage est très présent »

La méthode est d’apporter un litre en une prise pour un « flash de drainage », ou 60 ml/jour pendant une cure de cinq jours pour les transitions alimentaires. Comme Isabelle avec ses génisses, certains élevages font des cures une fois par mois. « L’acidité modifie l’index glycémique, et les polyphénols issus des pommes à cidre ont une action anti-oxydante, souligne la vétérinaire. C’est particulièrement utile quand l’ensilage est très présent. »

Pour accompagner la préparation au vêlage, il est possible de donner du vinaigre de cidre pendant trois semaines. C’est une période durant laquelle le foie mérite d’être protégé car il est au maximum de son activité de stockage et déstockage. En effet, les besoins en énergie augmentent alors que la capacité d’ingestion est réduite. Le foie contribue aussi à la production d’hormones, et il dégrade les graisses et les toxines, à la fois pour la vache et son fœtus.

Un effet étonnant observé dans les troupeaux consommateurs de vinaigre de cidre est la blancheur particulière des zones blanches de la robe. « Cela est très net au bout de six à douze mois, et s’explique parce que le foie va bien, assure Céline Peudpièce. L’élimination des déchets se fait par la bile qu’il produit, et non par la peau. »

Éleveur à Guer dans le Morbihan, Didier Rozé produit 200 000 litres de lait bio avec 33 vaches prim’holsteins, montbéliardes et croisées. Leur alimentation est composée de pâturage de février à décembre, ainsi que d’enrubannage d’herbe, de foin et d’un mélange céréales-protéagineux.

L’ensilage de maïs est présent mais a fortement diminué au cours de la conversion bio (de 23 ha en 2015 à 4,5 ha en 2017). L’éleveur a adopté le vinaigre de cidre il y a trois ans, après une formation sur le thème des médecines naturelles.

« Un poil plus lisse, signe de bonne santé »

« J’ai commencé avec une cuillère à café par litre de lait pour le faire cailler, et depuis que mes veaux sont élevés par des mères nourricières, ils en ont en libre-service dans un bac. J’ai remarqué que leur poil est plus lisse, ce qui est un signe de bonne santé. » En cas de diarrhée, Didier leur donne directement 60 ml dans la bouche et constate un rétablissement en moins de quarante-huit heures. Il lui arrive aussi de donner une cuillère à soupe de miel aux veaux un peu faibles.

Pour les vaches, le vinaigre de cidre est également disponible à volonté. En outre, l’éleveur donne aux vaches à cellules un litre directement dans la bouche au moment du tarissement. Le taux cellulaire revient ainsi à la normale. Et après vêlage, si la délivrance ne se fait pas bien, il pratique des cures de 60 ml/jour pendant trois jours, en complément d’un bolus homéopathique. Didier Rozé estime sa consommation annuelle de vinaigre de cidre entre 300 et 400 litres, issus en partie du verger familial. Son troupeau a également de l’argile bentonite et du gros sel de Guérande en libre-service. « L’animal prend ce dont il a besoin, considère l’éleveur. Par exemple, la consommation de vinaigre de cidre augmente en été quand il y a moins d’herbe, et au changement de saison, vers novembre. »

Nathalie Tiers
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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