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Fabriquer soi-même le produit de désinfection de l’eau

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Deux réservoirs en un. Les deux sont envoyésDans ce bac est produite la saumure, c’est-à-dire une eau saturée en sel, à partir de grosses pastilles de sel alimentaire (bande blanche sur la photo). Dedans est également installé un petit réservoir vers lequel est envoyé un prélèvement d’eau du forage préalablement déminéralisé (calcaire, fer et manganèse). © c.Hue

Nouveau. Après l’avoir testée durant deux ans, Effiterr, la filiale du GDS de l’Orne, propose depuis l’année dernière une station qui produit le biocide. Objectif : obtenir une matière active performante et maîtriser son injection dans le réseau d’eau.

L’eau est le premier vecteur de maladies et la première source de contamination de l’installation de traite. Maîtriser sa qualité sanitaire fait partie des actions indispensables pour limiter les risques de diarrhées des veaux et de mammites. Lorsque l’on utilise l’eau d’un forage, bien évidemment la solution est de la désinfecter avant de l’injecter dans les canalisations de la ferme, et bien souvent de l’habitation...
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L’eau est le premier vecteur de maladies et la première source de contamination de l’installation de traite. Maîtriser sa qualité sanitaire fait partie des actions indispensables pour limiter les risques de diarrhées des veaux et de mammites. Lorsque l’on utilise l’eau d’un forage, bien évidemment la solution est de la désinfecter avant de l’injecter dans les canalisations de la ferme, et bien souvent de l’habitation. « C’est efficace si l’eau a un pouvoir désinfectant élevé et si le biocide utilisé, c’est-à-dire le produit désinfectant, ne participe pas à l’encrassement des canalisations. Sinon, le biofilm qui se développe à l’intérieur devient un support de la recontamination bactérienne », constate Guillaume Chapurlat, d’Effiterr, filiale du GDS de l’Orne qui s’est spécialisée dans le traitement de l’eau.

Le chlore bientôt sur la touche

C’est ce qu’il reproche au chlore largement utilisé dans les élevages. Injecté dans l’eau, il se dissocie pour notamment donner l’acide hypochloreux qui est la matière active désinfectante. « Pour éviter ce biofilm, il faudrait le surdoser mais il donnerait un goût et une odeur très désagréables à l’eau. » Les sous-composés toxiques (cancérigènes) que le chlore génère, dont les chlorate et chlorite, sont l’autre inconvénient majeur. « L’Europe projette de faire évoluer la réglementation d’ici à 2020. Elle devrait diviser par deux le taux autorisé de chlorate et chlorite dans l’eau. Il faut s’y préparer. » La réglementation demande aussi que le produit biocide soit caractérisé en termes de formule chimique mais aussi de quantité. « Or, le chlore n’est pas stable. Sa performance (ou pouvoir oxydant) diminue au fil du temps au profit des sous-composés toxiques. L’usage de ce biocide ne correspond plus aux attentes actuelles. » Face à tous ces inconvénients, Guillaume Chapurlat a recensé les différents systèmes de désinfection de l’eau.

Un produit contrôlé

L’installation d’une station d’électrolyse de l’eau, reliée à l’alimentation en eau de l’exploitation, lui paraît le système le plus performant. « Elle produit l’hypochlorite de sodium qui, une fois injectée dans l’eau, se divise en acide hypochloreux et hydroxyde de sodium (soude). Le premier est le biocide désinfectant. Le second participe au nettoyage du réseau. »

Comment ça marche ? Un prélèvement d’eau brute, qui vient du forage, est fait sur la canalisation générale. Il est déminéralisé. Parallèlement, une saumure est constituée (eau saturée en sel). Les deux sont envoyés vers une cellule dans laquelle deux électrodes en titane – une anode et une cathode – produisent l’hypochlorite de sodium. Ce dernier est dosé et injecté à partir d’une pompe doseuse digitale. Il est fabriqué quasiment en temps réel selon les besoins, et son utilisation immédiate garantit, pour Guillaume Chapurlat, un pouvoir oxydant maximum. La solution désinfectante est quasi pure de sous-composés toxiques.

À partir de 100 vaches

Ce système est utilisé dans le secteur industriel. Il est fabriqué par une entreprise spécialisée dans la désinfection des réseaux industriels. Avec Effiterr, elle l’a adapté au monde de l’élevage, notamment pour que son prix de vente soit plus accessible. Effiterr l’a testé durant deux ans dans un élevage de l’Orne de 100 vaches dont le lait est destiné à des fromages au lait cru. « La quarantaine d’analyses par mois sur les germes pathogènes, la teneur en chlorate et chlorite dans l’eau, le nombre de diarrhées des veaux et de mammites, etc. nous donnent satisfaction. » Effiterr a donc lancé la commercialisation de la station d’électrolyse il y a un an sous le nom de Pureaulyse. Le montant de l’investissement, d’environ 15 000 €, l’incite à cibler les élevages de 100 vaches et plus. « En dessous, nous vendons plutôt le dioxyde de chlore trois fois moins cher. C’est également un désinfectant puissant qui est fabriqué sur place. Il a l’inconvénient d’être instable, avec des sous-composés toxiques. »

Guillaume Chapurlat avance une maintenance quasi nulle pour un coût annoncé à 0,01 €/m3 traité. Il estime l’espérance de vie de la cellule à électrolyse – l’élément central de la station – à plus de dix ans.

Claire Hue
L’eau déminéralisée et la saumure mélangées circulent entre une anode et une cathode. Les deux électrodes produisent l’hypochlorite de sodium. Injecté dans le réseau d’eau, celui-ci se divise en acide hypochloreux et en soude. Le premier est un désinfectant puissant, le second agit contre les dépôts dans les canalisations. © c.H.
© C.H.
L’avis de…
« Un investissement de 14 000 € pour répondre à la nécessité de désinfecter l’eau » L’avis de… Cédric hartout, 150 vaches et deux robots, en EARL avec son épouse à La Mesnière (Orne)

« Nous avons installé ce système de désinfection par électrolyse en avril pour l’élevage et notre maison. Nous avons utilisé avant, pendant un an, un générateur de dioxyde de chlore (ClO2) mais il donnait à l’eau une odeur et un goût vraiment gênants. Effiterr a accepté de le reprendre pour 4 000 € et nous avons réinvesti 10 000 € pour la station d’électrolyse. Depuis, l’odeur et le goût ont disparu. Autre intérêt : nous n’avons plus besoin de manipuler des fûts de 200 litres d’acide chlorhydrique et de chlorite de sodium relativement dangereux pour fabriquer le ClO2. Nous rechargeons désormais le réservoir de grosses pastilles de sel alimentaire. Le sac de 25 kg coûte 6 € pour six mois. Nous attendons les premiers résultats d’analyse de l’eau traitée ainsi. Désinfecter l’eau est une nécessité. Nous sommes arrivés sur la ferme il y a deux ans. Le forage existant n’était pas adapté à nos besoins et nous avions des diarrhées sur les veaux et des mammites colibacillaires. Nous avons créé un forage à 60 m de profondeur pour 20 m3 par jour. Il était évident pour nous qu’il devait s’accompagner d’un traitement de l’eau. Avec le ClO2 et aujourd’hui cette station, la situation s’est nettement améliorée. Nous avons aussi vacciné les vaches contre les rota et coronavirus. L’étape suivante sera de supprimer cette vaccination. S’il n’y a toujours pas de diarrhées, cela prouvera que l’objectif sur la désinfection est véritablement atteint. »

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