S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

BVD : la Bretagne vise l’éradication d’ici à cinq ans

réservé aux abonnés

 - -->
Les troupeaux peuvent se contaminer au pâturage. Il faut une distance d’au moins quinze mètres pour réduire les risques. L’idéal est que les élevages contaminés préviennent leurs voisins. © p.Le Cann

Stratégie. Un groupe national travaille pour établir un protocole ­d’éradication­ de la maladie des muqueuses. Les GDS bretons se donnent cinq ans pour y parvenir, avec une méthode adaptée au contexte local.

La diarrhée virale bovine (BVD), et son cortège d’effets néfastes (avortements, diarrhées…), représente une véritable plaie en élevage. D’où la motivation des services sanitaires pour en débarrasser les troupeaux. Le premier impératif est d’éliminer les IPI (infectés permanents­ immunorésistants). Ces animaux ont résisté à un contact avec le virus intra-utero...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
8%

Vous avez parcouru 8% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

La diarrhée virale bovine (BVD), et son cortège d’effets néfastes (avortements, diarrhées…), représente une véritable plaie en élevage. D’où la motivation des services sanitaires pour en débarrasser les troupeaux. Le premier impératif est d’éliminer les IPI (infectés permanents­ immunorésistants). Ces animaux ont résisté à un contact avec le virus intra-utero et en sont devenus porteurs sains. Ce sont de véritables bombes à virus.

On peut les repérer en effectuant un test individuel systématique (cartilage ou autre, selon l’âge). En élevage laitier, une méthode plus simple vise à analyser le sérum du lait de tank de façon à savoir si le virus a circulé dans le troupeau ou non. C’est la voie choisie par GDS Bretagne. « Si le test est négatif, la recherche s’arrête là. Sinon, il faut rechercher les IPI en analysant le cartilage auriculaire de tous les jeunes veaux », précise Alain Joly, spécialiste de la BVD au GDS Bretagne. Ces deux méthodes sont officiellement validées. La première offre l’avantage d’analyser tous les animaux à un moment donné. Elle est rapide, mais coûteuse. La seconde est plus longue mais moins chère. Car le test est positif si 10 % des vaches produisent des anticorps. La circulation du virus y est donc avérée. Mais il faut du temps pour atteindre ce seuil de 10 %, et donc pour la repérer.

« 80 % des troupeaux ­ont un statut favorable  »

« Cette méthode prend tout son intérêt lorsque l’on sait qu’une part importante des troupeaux est indemne. C’est le cas en Bretagne où après vingt ans d’actions, 80 % des troupeaux ont un statut favorable. » Le test sérologique du lait de mélange est réalisé tous les trois mois. Dès cette année, les GDS bretons vont proposer une intervention à tous les élevages dont le statut est défavorable. Mais il est difficile d’éradiquer la maladie dans le cadre actuel car la démarche n’est pas obligatoire. C’est pourquoi un Plan collectif volontaire (PCV) est en cours d’élaboration au niveau national (voir encadré). Il s’agit de créer un support légal pour intervenir dans tous les élevages. Car ce sont les derniers récalcitrants qui recontaminent les autres. Une fois que les textes seront publiés, la lutte pour l’éradication commencera véritablement. Alain Joly pense que l’on peut espérer une publication des textes d’ici à la fin de l’année. Dans la foulée, les barèmes d’indemnisation (analyses, abattage des IPI…) devraient être revus.

Une première étape du plan d’éradication cherchera à identifier le statut de tous les élevages vis-à-vis de la BVD. C’est déjà le cas pour les troupeaux laitiers. Pour les allaitants, des tests sérologiques sont faits chaque trimestre sur les élevages de plus de 20 vaches. 90 % sont indemnes. Reste donc à connaître le statut des troupeaux plus petits, soit environ un millier d’élevages. « Jusque-là, nous n’intervenions chez eux qu’en cas de risque lié au voisinage. » Pour les dépister, le plan prévoit de tester tous ces animaux en 2018, lors de la prophylaxie annuelle. Une intervention du GDS sera désormais proposée systématiquement à tous ceux dont le statut n’est pas favorable. L’objectif premier sera bien sûr d’éliminer les IPI, puis d’assainir chaque élevage. Mais le rythme annuel peut laisser passer des contaminations. Et en élevages allaitants, avec des vêlages groupés, les dégâts sont vite considérables.

La seconde étape du plan vise à repérer plus vite les passages de virus dans les troupeaux laitiers. Un test plus sensible sera utilisé sur les laits de tank, une fois par trimestre. Le résultat est positif si 2 % des vaches produisent des anticorps. Des tests complémentaires seront systématiquement réalisés dans ces cas afin de confirmer la recontamination. Car la sensibilité du test peut détecter des vaches âgées ayant déjà rencontré le virus et donc possédant des anticorps, éventuellement anciens.

Une maladie à laquelle on ne pense pas toujours

De plus, le plan prévoit de sensibiliser les éleveurs et les vétérinaires à cette maladie afin qu’elle soit plus souvent recherchée. Car avec la réduction de sa prévalence et du fait de symptômes non spécifiques (troubles de la reproduction, avortements, maladies néonatales), le diagnostic est parfois posé trop tard. Un autre volet du plan d’éradication pointe les précautions à prendre en cas d’introduction d’animaux. Il s’agit d’éviter les recontaminations. La vérification peut se limiter à des documents si le statut de l’élevage vendeur est connu. S’il est qualifié indemne de BVD, l’animal (veau à naître dans les trois mois, génisse, vache) peut être certifié non IPI. Il faut pour cela que les analyses sérologiques effectuées sur le lait soient négatives depuis deux ans et qu’aucun animal n’ait été introduit sans contrôle.

Si les analyses de lait de tank sont négatives depuis un an, seules les vaches peuvent être garanties. Enfin, si l’élevage vendeur ne bénéficie pas d’un statut favorable, un test direct de l’animal échangé sera nécessaire pour garantir qu’il n’est pas IPI. Si le statut de l’animal vendu n’est pas connu, le test de la BVD peut être pratiqué en dernier recours en même temps que celui de l’IBR, à partir d’une prise de sang.

L’éradication totale est difficile à atteindre

Malgré tout, Alain Joly reconnaît que l’éradication totale reste un objectif difficile à atteindre. Des pays comme la Suisse ou la Suède ont plusieurs années d’avance et ils continuent de trouver quelques IPI d’origine inexpliquée, de manière sporadique.

La Suisse, par exemple, a systématiquement testé tous les veaux, pendant cinq ans, sur le cartilage auriculaire. Tous les IPI ont été éliminés, mais de nouveaux foyers apparaissent encore. L’une des raisons se cache sans doute dans le fait que les tests ne sont pas infaillibles. Le risque d’erreur est de l’ordre de 1/5 000, ce qui suffit pour que quelques IPI passent à travers les mailles. Ensuite, si la contamination s’effectue majoritairement via les IPI, il existe probablement des voies mineures, par les animaux contaminés capables d’excréter le virus, voire par les semences.

Et puis, le virus s’adapte, il mute beaucoup. Il existe plusieurs souches, plus ou moins virulentes. Pour toutes ces raisons, l’éradication complète sera difficile à atteindre. Mais la Bretagne vise 99,5 % de troupeaux garantis sans IPI en 2020, et 99,8 % en 2025. Par la suite, la poursuite des analyses de lait, à une fréquence qui reste à définir, maintiendra la surveillance.

Pascale Le Cann
Alain Joly, GDS Bretagne.
Passer du volontariat à la contrainte

Un Plan collectif volontaire (PCV) national est en réflexion. Son adoption permettra de rendre obligatoires les contrôles à l’introduction d’animaux. Le cahier des charges technique de ce plan n’est pas encore complètement calé. Les débats portent sur l’arbitrage entre deux méthodes qui ne font pas l’unanimité. Une fois rédigé, il devra être présenté au Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav), qui dépend du ministère de l’Agriculture. En cas d’avis favorable, le ministère publiera les décrets d’application qui définiront les moyens d’éradiquer la BVD. Toutes les régions auront alors l’obligation de s’engager dans cet objectif. Des délais pouvant aller jusqu’à quatre ans pourront être accordés.

L’avis de…
« Dans l’Est, un dépistage systématique des IPI à la naissance  » L’avis de… Vincent Potaufeux, directeur du GDS des Vosges

« Dix-neuf départements du Grand Est s’engagent également dans l’éradication de la BVD, mais selon une méthode différente de celle des GDS bretons.

En effet, la vaccination est très répandue dans ­certains de nos départements et nous avons autant de bovins allaitants que laitiers. Les sérologies sur des laits de tank ne nous semblent pas suffisantes pour éradiquer le virus. Nous préférons, à l’image de ce que font nos voisins européens, rechercher les IPI de manière systématique, dès la naissance. Nous allons donc contrôler tous les veaux sur tous les élevages en utilisant le cartilage auriculaire. Cette action est prévue sur quatre ans. Ensuite, nous effectuerons un suivi sérologique sur les troupeaux. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

En réassort

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER