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Taureaux F, G et H : pourquoi leur index lait est chahuté

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Expertise. Stéphanie Minery, de GenEval, et Amandine Launay, de l’Institut de l’élevage, se sont penchées sur l’évolution de 133 taureaux normands nés entre 2010 et 2013. © C.H.

Normands. Chez les taureaux nés entre 2010 et 2013, il y a davantage de baisses d’index­ lait que de hausses. L’Institut de l’élevage et GenEval donnent leur analyse. Elle est valable aussi pour la race montbéliarde.

La chute de l’index lait de certains taureaux normands de la génération F, G et H, voire I, suscite une inquiétude chez des éleveurs. La première lactation de leurs filles ne répond pas aux espoirs qu’ils avaient fondés en eux. L’effondrement le plus spectaculaire est celui d’Halias Isy qui, entre son indexation initiale et la dernière, perd plus de 1 700 kg de lait (1 272 kg en 2014, - 487 ...
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La chute de l’index lait de certains taureaux normands de la génération F, G et H, voire I, suscite une inquiétude chez des éleveurs. La première lactation de leurs filles ne répond pas aux espoirs qu’ils avaient fondés en eux. L’effondrement le plus spectaculaire est celui d’Halias Isy qui, entre son indexation initiale et la dernière, perd plus de 1 700 kg de lait (1 272 kg en 2014, - 487 kg en décembre 2018 avec 2000 filles). Il était le taureau le plus utilisé en 2014.

Saisis de cette question, l’Institut de l’élevage et GenEval (1) viennent de se pencher sur le sujet, avec un focus sur les taureaux nés entre 2010 et 2013. « Nous avons les mêmes remontées de la race montbéliarde », précisent Amandine Launay, d’Idele, et Stéphanie Minery, de GenEval.

Avant d’aller plus loin dans l’analyse, elles rappellent que cette génération, comme toutes les autres, est influencée par le changement de base mobile qui intervient tous les ans. « Entre 2015 et 2018, celui de l’index lait est de 200 kg, ce qui explique une partie des évolutions observées. » Ce n’est pas suffisant pour comprendre les fortes variations à la baisse de certains taureaux. « La génération 2010-2013 a subi, en 2015, le changement de méthode Amasgen2 de calcul des index génomiques. Sélectionnée sur la méthode précédente moins précise, ses index ont pu en être bouleversés, à la baisse certes mais aussi à la hausse », complètent-elles.

Une baisse moyenne de 100 kg liée à la nouvelle méthode de calcul

En quoi consiste Amasgen2 ?

En race normande, pour gagner en fiabilité, en 2015, Idele, l’Inra et Allice ont enrichi la population de référence de 11 800 femelles et 1 100 mâles génotypés, contre uniquement 1 200 mâles jusque-là. Cette plus grande précision se fait également par une meilleure détection des gènes. « Le passage à Amasgen2 a eu une incidence sur les index lait, indiquent-elles. Il s’est traduit par un recul de 100 kg de l’index lait moyen des taureaux sans filles en 2015. Celui des taureaux confirmés, lui, a gagné 2 kg. »

En race montbéliarde, les génomiques ont perdu en moyenne moins de lait : - 54 kg. « La race normande ayant démarré le génotypage un peu plus tardivement que la montbéliarde, il y a eu une arrivée plus massive d’informations pour les dernières générations en normandes qu’en montbéliardes génotypées, ce qui pourrait expliquer la baisse plus importante de l’index lait en race normande. »

Selon les deux ingénieures, grâce à la meilleure fiabilité d’Amasgen2, la sélection sait mieux différencier l’intérêt génétique des jeunes, notamment des pleins frères, et identifier les meilleurs taureaux, ce qui accentue les écarts entre les taureaux génomiques. « Cela s’est fait au détriment d’une partie des mâles sélectionnés sur l’ancienne méthode puisqu’on observe davantage de baisses que de hausses dans la génération 2010-2013. » Elles s’appuient sur la comparaison des index lait des sorties 2015/1 (après le changement de méthode) et 2018/1 de 133 normands nés entre 2010 et 2013. Le constat est sans appel : 60 % ont leur index lait qui baisse. Précision : ils sont comparés sur les mêmes bases, c’est-à-dire sans fille en 2015 et avec plus de cent filles en 2018. De plus, la comparaison est faite après avoir déduit de l’index lait 2015 les 200 kg de changement de base mobile entre 2015 et 2018.

La valeur génétique mieux prédite depuis 2015

« Leur étude plus en détail confirme la bien meilleure fiabilité de la nouvelle méthode par rapport à la précédente. C’est important pour nous. Il ne faut pas regretter la décision prise il y a quatre ans, avec les entreprises et les organismes de sélection des races normande, montbéliarde et prim’holstein, de basculer vers Amasgen2 », insistent-elles. Amandine Launay et Stéphanie Minery tirent cette conclusion de trois observations sur les 133 taureaux. La première est leurs index sur descendances 2018 mieux corrélés avec leurs index génomiques de 2015 qu’avec ceux de 2014.

La deuxième est le respect de la hiérarchie de la cohorte. Dans leur classement lait 2015 et 2018, la plupart des vingt meilleurs et moins bons restent bien ou mal placés.

La troisième : un quart des 133 taureaux ne bougent pas. Ils ne varient que de plus ou moins cinq places. Pour les taureaux restants, il y a autant de reclassements à la baisse qu’à la hausse. La prochaine étape d’Idele sera de regarder l’évolution des taureaux nés depuis 2015.

Taureaux à 70 de CD : prudence

Cette fiabilité n’empêche pas la prudence au moment du choix des taureaux génomiques pour les accouplements de l’année. Leur coefficient de détermination (ou CD) de 0,7 les expose à un risque de variation importante. En lait, elle est de plus ou moins 596 kg, contre plus ou moins 244 kg avec un CD de 95 (taureaux confirmés). « L’une des raisons est l’évaluation en même temps des pères et de leurs fils alors que les premiers n’ont pas de descendance, explique Stéphanie Minery. Pour limiter ce risque, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Classiquement, on dit qu’à cinq inséminations doivent correspondre cinq taureaux différents et aux origines variées. »

Néanmoins, dans la génération des 2010-2013, l’index lait de certains taureaux varie au-delà des 596 kg. C’est ce que met en évidence le focus sur les 133 normands. Ils sont huit à chuter au-delà : entre - 606 kg et - 1 130 kg (voir tableau). « Cela n’a rien d’anormal. Ils renvoient aux 10 % de taureaux qui se trouvent en dehors de cet intervalle des plus ou moins 596 kg ou à des jeunes au CD encore plus faible. » Le plus marquant est Halias Isy (CD de 0,6) car il est le taureau le plus utilisé en 2014. Il perd 1 040 kg. Le changement de méthode en 2015 a une grande part de responsabilité. L’index lait a reculé de 449 kg entre 2014 et 2015. « Pour lui, comme pour les sept autres, nous ne pouvons avancer que des hypothèses. »

Plus l’index lait est élevé, plus il risque de chuter

Les deux collègues rappellent que l’index reste une estimation du potentiel génétique. « Elle est établie par rapport à la population de référence. Peut-être ces taureaux portent-ils une mutation que l’on ne peut pas capter ? » De plus, les taureaux à haut potentiel, comme Granada sur le lait (836 kg en 2015, base mobile déduite, 14 kg en 2018), appartiennent à une population particulière et peu représentative. « Les index initiaux sont très élevés. Or, statistiquement, les index les plus élevés ont plus de risque de chuter. » Elles invitent aussi à être patient à leur égard. « Peut-être vont-ils remonter lors des prochaines indexations grâce à leurs filles de service qui arrivent tout juste. À l’indexation 2018/3, les 2 000 filles d’Halias Isy étaient à 99 % en première lactation, dont la moitié en début de lactation. »

Sans oublier que la génération 2010-2013 ne se résume pas qu’à des chutes d’index. Fulco, qui est dans le catalogue d’Évolution cette année, atteint 1 063 kg de lait en 2018/1, soit une hausse de 655 kg depuis 2015 (voir tableau). Game Over, qui était dans les dix plus utilisés en 2014, se hisse à 877 kg (+ 510 kg).

Claire Hue

(1) GenEval est en charge des calculs des valeurs génétiques sous la responsabilité des organismes de sélection.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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