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Les « petites races » : avant tout une passion d’éleveur

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Froment du Léon. L’analyse fine de son lait révèle un taux de bêta-carotène supérieur, à l’origine d’un beurre à la teinte jaune presque orangé et au goût prononcé. © j.pezon

Biodiversité. Les races locales connaissent un regain d’intérêt dans le cadre de projets de filières courtes, dont la cohérence repose sur une logique de conduite mixte lait- viande, et économe au regard du potentiel génétique de ces animaux.

Après avoir frôlé l’extinction dans les années cinquante et soixante, certaines races bovines françaises reviennent sur le devant de la scène. Cela grâce aux programmes de conservation menés depuis plus de trente ans et à des éleveurs passionnés, qui font le pari de mettre en avant le lien étroit entre ces animaux et leur terroir dans le cadre de projets de vente directe, de création de marques ou de microfiliè...
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Après avoir frôlé l’extinction dans les années cinquante et soixante, certaines races bovines françaises reviennent sur le devant de la scène. Cela grâce aux programmes de conservation menés depuis plus de trente ans et à des éleveurs passionnés, qui font le pari de mettre en avant le lien étroit entre ces animaux et leur terroir dans le cadre de projets de vente directe, de création de marques ou de microfilières. Ils peuvent bénéficier d’une aide via la MAE « protection des races menacées », dont la prime s’élève à 200 €/UGB pendant cinq ans, à condition de détenir au moins trois vaches adultes conduites en race pure.

Sur le terrain, on distingue une douzaine de races en conservation dites « à très petits effectifs ». Chacune compte moins de 2 500 individus. Mais leur nombre a été multiplié par 10 entre 1990 et 2015. « Ces races, considérées comme laitières au début du siècle dernier, sont désormais conduites dans une logique mixte lait-viande », indique Lucie Markey, chargée de mission Idele à l’OS des races bovines locales à petits effectifs.

Les plus nombreuses sont les bretonnes pie noir (2 500), les ferrandaises (2 300) et les maraîchines (1 750). Les autres ont des effectifs compris entre 300 et 500 vaches : citons la lourdaise, la bordelaise, la froment du Léon, la villard-de-lans, ou encore la casta. En plus du veau qu’elles donnent chaque année, elles sont traites par quelques éleveurs qui vendent des produits aussi divers que du beurre, de la glace ou du savon.

Des doses pour préserver la diversité génétique

Pour assurer leur sauvegarde, il a d’abord fallu constituer un stock de doses issues de taureaux représentant la diversité des lignées. Un travail réalisé avec les coopératives d’insémination lors des trente dernières années, ponctuellement enrichi avec des souches originales. « Désormais, l’enjeu est de garder à jour un inventaire exhaustif de tous les animaux et de leur généalogie pour gérer la consanguinité, explique l’ingénieur. Ces enregistrements permettent à Idele d’établir des liens de parenté et de proposer des plans d’accouplement, en fonction de grilles de pointage co-construites avec les éleveurs. » Ainsi, en élevage, l’association de l’insémination artificielle et de la monte naturelle participe à préserver la diversité génétique.

Mais en l’absence de suivi au contrôle de performances, aucun index n’a pu être établi pour ces animaux. Chacun gère de façon empirique le progrès génétique de son troupeau selon ses attentes. D’où le besoin de maintenir les échanges au sein des associations de races. « En l’état actuel des effectifs, le risque de consanguinité n’autorise pas à définir un programme de sélection sur des critères trop restrictifs. »

De la conservation à la valorisation des produits

Avec des effectifs plus importants, les races vosgienne, bleue du Nord et rouge flamande partent de moins loin. Chacune a son propre schéma de sélection et propose aux éleveurs trois ou quatre nouveaux taureaux par an dans son catalogue. La vosgienne a même développé une indexation génomique. En partenariat avec Gènes Diffusion, un tel programme a été lancé pour la vache rouge flamande.

La bleue du Nord bénéficie de sa dimension transfrontalière, avec plus de 500 vaches en France et le double en Wallonie. Le schéma est commun et le calcul des index réalisé par GenEval. « En trente ans, elle est passée de la sauvegarde à la valorisation de ses produits grâce à une poignée d’éleveurs passionnés, souligne Lætitia Billes, animatrice de l’Union bleue du Nord. Après l’élaboration d’une recette fromagère à pâte persillée, le lancement du programme Interreg BlueSter vise notamment à trouver des moyens de mieux valoriser la viande à travers le dépôt d’une marque associée à la race. »

En Bretagne, cette logique de différenciation des produits a conduit à lancer une étude sur la composition fine du lait des races locales qui apporte déjà quelques tendances restant encore difficiles à dissocier des pratiques d’élevage : meilleur rendement fromager, teneur élevée en oméga 3 ou en bêta-carotène.

Jérôme Pezon
Bleue du Nord. Cette race locale transfrontalière se lance dans la valorisation de ses produits, avec un fromage, le Pavé bleu, et un plan de valorisation de sa viande. © j.pezon
Vosgienne. Fait remarquable, elle a réussi à développer un programme de sélection génomique et de sexage. © PHILIPPE MONTIGNY/FILIMAGES
Ferrandaise. Dans le Massif central, la race compte quelques gros troupeaux conduits dans une double logique lait et viande. © Claudius THIRIET
L’avis de…
« Certaines races ne répondent pas aux pratiques intensives » L’avis de… Lucie Markey, chargée de mission Idele à l’OS des races bovines locales à petits effectifs

« L’AOP tradition salers est la seule qui soit liée exclusivement à une race locale : la salers. Il y a aussi la volonté affichée d’intégrer les vaches aubrac et villard-de-lans à la fabrication des appellations laguiole et bleu du Vercors. Mais la part de lait issue de ces animaux pour la fabrication fromagère reste en deçà de 10 %. Concernant les races en conservation, dites à « à très petits effectifs », aucune n’est liée à une valorisation spécifique du lait en filière longue. Génétiquement, elles ne répondent pas aux pratiques intensives en matière de production laitière. Dès lors, la rentabilité d’un projet intégrant ces races repose sur deux aspects : d’une part, sur la cohérence d’un système d’élevage économe et autonome. Pour cela, les éleveurs peuvent miser sur leur rusticité et leur capacité à bien valoriser les ressources d’un milieu parfois difficile. D’autre part, sur la qualité des produits et la capacité à mettre en avant le lien entre la race et son terroir d’un point de vue commercial. »

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