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Davantage de mixité dans le nouvel Isu normand

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Aptitude bouchère. L’indexation d’avril inaugure la réforme de l’Isu de la normande. Objectif : une rentabilité des élevages plus équilibrée entre le lait et la viande grâce à l’arrivée de nouveaux index bouchers et l’accompagnement des filières de qualité.

La race normande n’avait pas modifié son index de synthèse depuis 2011. C’est chose faite. L’indexation d’avril lance le nouvel Isu, avec la réaffirmation du caractère mixte de la race. « L’Institut de l’élevage a simulé plusieurs cas types normands et montre que le plus rentable allie la production laitière et l’élevage de bœufs. Cela conforte l’orientation sur la rentabilité...
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La race normande n’avait pas modifié son index de synthèse depuis 2011. C’est chose faite. L’indexation d’avril lance le nouvel Isu, avec la réaffirmation du caractère mixte de la race. « L’Institut de l’élevage a simulé plusieurs cas types normands et montre que le plus rentable allie la production laitière et l’élevage de bœufs. Cela conforte l’orientation sur la rentabilité globale du système de production voulue par l’Organisme de sélection normand », dit Matthieu Chambrial, de l’entreprise de sélection (ES) Origen Normande. Une rentabilité qui s’exprime de plus en plus via des signes de qualité lait et viande, que l’OSN accompagne : par exemple, l’AOP camembert de Normandie et une spécialité traditionnelle garantie (STG) pour le bœuf normand.

Sybo, la nouvelle synthèse bouchère

Cette réaffirmation de la mixité se traduit par le renforcement de l’aptitude bouchère. Dans l’Isu 2011, elle pèse 2,7 % au travers de l’index musculature vache. Elle monte à 5,4 % si on lui associe le format. L’arrivée des index carcasse et conformation pour les veaux de boucherie et jeunes bovins lui donne une tout autre ­configuration. Leur création est rendue possible par l’exploitation des données de conformation et de poids à l’abattage. À ces quatre nouveaux index s’ajoute un cinquième : la couleur de la viande du veau de boucherie. « L’Inra et l’Institut de l’élevage consi­dèrent l’optimum économique atteint avec au moins 24 % de caractères bouchers dans l’Isu. Nous avons retenu 20 % pour se réserver une marge de manœuvre sur d’autres caractères. Le renforcement de la matière grasse et le maintien du progrès génétique sur la matière protéique en font partie. »

On trouve dans ces 20 % de synthèse bouchère, 12,5 % aux titres des cinq nouveaux critères bouchers, 4,5 % de musculature vaches et 3 % de format. Cette synthèse inaugure un nouveau jargon chez les Normands. La Sybo sera bientôt autant mentionnée que l’Inel ! Elle sera publiée comme telle par les ES et l’OSN où ses sept composants seront répartis entre, d’un côté, la classique morphologie et de l’autre, les caractères bouchers des mâles. Tout dépendra des éleveurs visés : les spécialisés lait ou ceux développant un système lait + viande. Matthieu Chambrial veut rassurer les premiers sur le choix de plus de mixité.

« La moitié des données d’abattage sont issues des vaches. La prise en compte de ces données viande favorisera la valorisation de leurs réformes. »

Des normandes plus précoces pour moins de jours improductifs

La contrepartie du renforcement de la mixité est un recul de l’Inel de 40 % à 26 % dans la formule de l’Isu. Mais là aussi, les ES et l’OSN se veulent rassurants. Ils comptent sur l’influence indirecte de la précocité pour maintenir le rythme du progrès laitier. « La sélection que nous faisons déjà sur le lait améliore la précocité des génisses. Le renforcement de la mixité va aussi en faire gagner. Elles seront plus larges de bassin et de poitrine. Elles pourront être inséminées plus tôt car elles atteindront plus rapidement le poids objectif. Au final, elles seront plus performantes car elles auront moins de jours improductifs. » Il rappelle que l’âge moyen au premier vêlage de la race est de 35 mois.

En favorisant indirectement le lait, les responsables normands veulent éviter le piège dans lequel est tombée la holstein : la dégradation de la fertilité. Les éleveurs holsteins ont appris à leur corps défendant qu’améliorer le potentiel laitier augmente la taille des animaux. Or, cette dernière amplifie l’amaigrissement en début de lactation. C’est au détriment du retour à la reproduction.

Booster la matière grasse

Le virage vers un peu plus de mixité n’empêche pas le nouvel Isu de tenir compte des marchés laitiers. Il ne faudrait pas que la normande, réputée pour ses taux butyreux élevés, perde du terrain à force de contre-sélectionner sur ce critère.

Le retour en grâce du beurre a incité, ces trois dernières années, les ES à sortir des taureaux améliorateurs en TB. La réforme de l’Isu officialise cet effort : la matière grasse passe de 4 % dans l’Isu 2011 à 12 %.

Trois index en dehors de l’Isu

Parallèlement, à partir d’avril, les éleveurs vont disposer de trois informations supplémentaires mais qui ne sont pas intégrées à l’Isu : le tempérament, la rectitude du dos et l’état d’engraissement. Le premier répond à une inquiétude. La normande, connue pour son calme, peut décourager les éleveurs qui veulent agrandir leur troupeau. L’index permettra d’écarter les extrêmes. Le dernier, lui, contribuera à préserver la fertilité de la race.

Le nouvel Isu va logiquement chambouler le top 10, avec la montée des taureaux bien positionnés en Sybo et TB. Ceux déjà connus risquent de descendre car ils n’ont pas été sélectionnés sur les nouveaux critères. « Cela ne change rien à leurs qualités », insiste Matthieu Chambrial. Enfin, à court terme, les écarts entre taureaux vont se resserrer, les nouvelles données étant logiquement moins précises que celles qui alimentent la race depuis des années.

Claire Hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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