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Un comité d’experts pour lutter contre la fièvre Q

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La création de ce comité d’experts multidisciplinaire est présidée par Raphaël Guatteo, docteur vétérinaire et enseignant-chercheur en épidémiologie, et par Christophe Brard, docteur vétérinaire et président du conseil d’administration de la SNGTV. © Cédric Faimali/GFA

Comment surveiller, diagnostiquer et refréner la fièvre Q dans son élevage ? La lutte contre cette zoonose bactérienne très répandue dans les troupeaux de ruminants est encore floue. Pour accompagner une démarche collective de maîtrise vis-à-vis de la fièvre Q à l’échelle nationale, un comité d’experts vient d’être créé.

D’après une enquête nationale parue en 2017 (1), « plus de la moitié des troupeaux caprins et ovins et près de 30 % des troupeaux bovins seraient exposés à la fièvre Q », informe le comité d’experts “fièvre Q” dans un communiqué daté du 28 octobre 2020. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire et suivi des causes d’avortement chez les ruminants (Oscar)...
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D’après une enquête nationale parue en 2017 (1), « plus de la moitié des troupeaux caprins et ovins et près de 30 % des troupeaux bovins seraient exposés à la fièvre Q », informe le comité d’experts “fièvre Q” dans un communiqué daté du 28 octobre 2020. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire et suivi des causes d’avortement chez les ruminants (Oscar), la fièvre Q serait la cause infectieuse la plus fréquemment rencontrée en ateliers caprins (27,1 %). En ovins, 14,8 % des séries abortives seraient attribuées à cette maladie et 9,7 %, chez les bovins.

Identifier les besoins des éleveurs

« Si bon nombre de données émanent des élevages de ruminants déjà infectés, nous nous sommes aperçus que la maladie et ses conséquences étaient encore méconnues sur le terrain », rapporte Raphaël Guatteo, vétérinaire et coprésident du comité d’experts.

La constitution de ce comité vise à mieux identifier les besoins des éleveurs par la réalisation d’une enquête nationale et à favoriser l’accès à des recommandations concertées en matière de diagnostic et de maîtrise de cette maladie complexe. « Des supports pédagogiques tels que des fiches pratiques seront élaborés et diffusés au sein des réseaux d’élevage », complète le vétérinaire.

Un accompagnement à consolider auprès des éleveurs

« Nous faisons face à deux grandes difficultés dans la collecte et l’analyse des données de suivi aujourd’hui. D’une part, la déclaration des avortements par les éleveurs constitue un véritable goulot d’étranglement. D’autre part, beaucoup de résultats de prise de sang se révèlent non utilisables pour enrichir nos bases nationales », poursuit le spécialiste.

En effet, parmi l’ensemble des maladies recherchées, « la proportion de non-conformités est la plus élevée pour la fièvre Q. Il s’agit, pour la très grande majorité des cas, d’une non-conformité sur les prélèvements », atteste le bilan de 2019 du dispositif Oscar, incluant 26 départements.

Protéger aussi la santé humaine

Autre point d’attention, la vaccination. La transmission de la bactérie Coxiella burnetii à l’homme provient de l’inhalation de très fines particules. Elle peut se propager sur plusieurs kilomètres. Pour protéger la santé animale, les performances des troupeaux et la santé humaine, « il faut a minima vacciner les cheptels présentant un risque de zoonose majeur, c’est-à-dire les élevages ouverts au public », souligne Raphaël Guatteo.

De même, les troupeaux affichant des signes cliniques relatifs à la fièvre Q doivent être identifiés et vaccinés pour protéger les jeunes générations d’animaux. Là encore, le comité d’experts doit réfléchir aux moyens à disposition pour mieux accompagner les éleveurs dans les chantiers de vaccination.

Lucie Pouchard

(1) Gache K., Rousset E. Perrin J.B., De Cremoux R., Hosteing S., Joudain E. Guatteo R. Nicollet P., Touratier A., Calavas D., Sala C., 2017. Estimation of the frequency of Q fever in sheep, goat, and cattle herds in France : results of a 3-year study of seroprevalence of Q fever and excretion level of Coxiella Burnetii in abortive episodes.

Les vétérinaires les plus exposés à la fièvre Q

Une récente enquête dans le Finistère et les Pays de la Loire a été menée auprès d’éleveurs de bovins, de vétérinaires et de la population plus globale pour évaluer la prévalence de la fièvre Q. Les vétérinaires praticiens, particulièrement en contact avec des animaux pendant les périodes à risque (vêlages, avortements…), sont les plus exposés.

« Sur un échantillon de près de 380 éleveurs, 56 % présentaient des anticorps dans leurs analyses sanguines, indiquant qu’ils avaient déjà été en contact direct avec la bactérie responsable de la fièvre Q. Sur une cinquantaine de vétérinaires prélevés, 90 % d’entre eux avaient des anticorps. Enfin, parmi les donneurs de sang dans la population globale des deux départements, 12 % présentaient des anticorps, renseigne le coprésident du comité en charge de la “fièvre Q”. Même si la plupart ne déclaraient pas de symptômes évocateurs, ces résultats nous incitent d’autant plus à surveiller les phénomènes de contamination entre hommes et ruminants, amenés à cohabiter de plus en plus à proximité. »

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