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« Notre autochargeuse est mul tifonction »

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Le Gaec : « © D.L.

Économe. Le Gaec du Pouldu optimise son poste équipement en employant une autochargeuse pour récolter des mélanges suisses, distribuer la ration toute l’année, ensiler l’herbe et broyer de la paille directement ramassée au champ.

En 2015, le Gaec du Pouldu à Pommerit-le-Vicomte, dans les Côtes-d’Armor, a subi, comme beaucoup d’exploitations, la crise laitière. Olivier Guégan et ses associés décident alors de changer de modèle de production, avec, comme objectif principal, une réduction du coût de l’alimentation de leur troupeau.
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En 2015, le Gaec du Pouldu à Pommerit-le-Vicomte, dans les Côtes-d’Armor, a subi, comme beaucoup d’exploitations, la crise laitière. Olivier Guégan et ses associés décident alors de changer de modèle de production, avec, comme objectif principal, une réduction du coût de l’alimentation de leur troupeau.

« Sur ce poste, nos dépenses atteignaient 110 € pour 1 000 litres de lait produits, se souvient l’éleveur. Cela ne nous permettait pas de dégager un revenu suffisant. Nous avons donc choisi de baisser nos achats de concentrés et de diminuer la part du maïs ensilage dans la ration en compensant avec de l’herbe et du maïs épi ensilé. Première étape : ressemer des prairies pour les récolter en vert tous les jours avec une vieille ensileuse Taarup et une remorque distributrice achetées d’occasion. » Après avoir un peu tâtonnés sur les espèces à implanter, les associés s’orientent vers des mélanges suisses à base de diverses légumineuses et graminées.

Arrêt du dessilage en commun

Les résultats sont encourageants puisque dès la première récolte, les performances du troupeau augmentent, atteignant en moyenne 32 à 33 kg de production quotidienne mesurée au robot, contre 27 à 28 kg enregistrés avec les premières prairies composées de ray-grass hybride et de trèfle violet.

« Nous faisions alors partie d’un groupe employant une mélangeuse automotrice en Cuma, précise Olivier Guégan. Le chauffeur de cette machine passait six jours sur sept pour charger l’ensilage et les aliments à distribuer aux animaux. Mais cette prestation ne correspondait plus à nos attentes puisque nous utilisions nous aussi une remorque distributrice pour donner l’herbe fauchée quotidiennement. En 2016, nous avons quitté ce groupe et revendu tout notre matériel pour investir dans un ensemble tracteur, faucheuse frontale et autochargeuse, le tout d’occasion. »

Les associés choisissent alors un modèle Schuitemaker Rapide 100 de 31 m3 avec tapis de distribution à l’arrière, ainsi qu’un tracteur Claas Ares 656 RZ de 132 ch et une faucheuse Samasz à quatre tambours. Financièrement, cet ensemble leur revient annuellement au même prix que le coût de la distribution par la Cuma. L’autochargeuse est équipée d’une rangée de 38 couteaux espacés de quatre centimètres.

Pour l’affouragement en vert, seul un couteau sur six est maintenu en place, car il n’y a aucun intérêt à couper des brins trop fins.

« Des couches régulières un peu comme dans un sandwich »

La période de récolte au champ débute vers la mi-mars dans les prairies de mélanges suisses et se prolonge, selon les années, jusqu’à mi-novembre, voire début décembre. Pendant l’été, les couverts semés en dérobé après la récolte d’orge prennent le relais des prairies.

Chaque matin, Olivier Guégan va chercher de l’herbe sur une parcelle à proximité de l’exploitation. Il repasse ensuite au silo pour ajouter du maïs ensilage, de la paille broyée, du maïs épi et des minéraux. « Je dépose des couches régulières un peu comme dans un sandwich, illustre-t-il. J’arrive ainsi à distribuer un mélange assez homogène d’un bout à l’autre de la stabulation. En hiver, je charge même les betteraves fourragères entières par dessus. Du départ au champ avec le matériel jusqu’à la fin de la distribution, l’alimentation du troupeau me prend à peine une heure chaque matin. Cela reste très raisonnable. »

Même pendant la période de repos des prairies, la remorque est remplie tous les jours pour distribuer l’ensilage aux vaches et aux génisses.

Ensiler, ramasser et broyer

L’autochargeuse est utilisée sur d’autres chantiers comme l’ensilage d’herbe au printemps, par exemple. L’éleveur utilise généralement la faucheuse avant combinée à une seconde faucheuse à l’arrière. L’herbe est fanée dans la foulée et elle reste au sol pendant vingt-quatre à quarante-huit heures. Ensuite, l’andaineuse passe sur la parcelle et le fourrage est ramassé avec l’autochargeuse rééquipée de tous ses couteaux. Un broyage fin des brins garantit un meilleur tassement et une bonne conservation de l’ensilage. Le chantier ne nécessite pas d’intervenant extérieur : l’un des associés fait les allers et retours et l’autre tasse le silo avec le chargeur télescopique. À chaque récolte, le Gaec découvre le silo pour ajouter une couche supplémentaire avant de remettre la bâche en place. En été, le matériel sert à ramasser et broyer de la paille, stockée ensuite en vrac sous un hangar.

« Nous en récoltons environ 5 ha par an, précise Olivier Guégan. Cela nous sert essentiellement pour l’alimentation des laitières. Pour que cela fonctionne bien, il faut travailler avec des couteaux correctement affûtés et laisser la paille sécher plusieurs jours sur le terrain pour qu’elle devienne bien craquante. Généralement, nous ne ramassons que les andains de grandes longueurs, car ceux en bout sont souvent tassés et salis par le passage des engins. »

Des vaches à 10 000 kg de lait sans bol mélangeur

Globalement, les trois associés estiment avoir fait le bon choix aussi bien dans leur stratégie d’alimentation basée sur les mélanges suisses que sur le plan du matériel avec cette autochargeuse multifonction. Ils pourraient aller encore un peu plus loin en l’utilisant à l’automne pour transporter l’ensilage de maïs, mais ils ne veulent pas trop solliciter ce matériel qui leur est indispensable tous les jours de l’année.

« Comparé à l’ancien système, nous avons gagné en moyenne quarante minutes par jour de temps de rumination et nous n’avons plus de problème d’acidose, souligne Olivier Guégan. Nos vaches sont en meilleure santé car elles consomment davantage d’herbe. Elles produisent plus de 10 000 kg de lait en moyenne par an alors que nous n’avons pas de bol mélangeur pour les nourrir ! Notre coût alimentaire est descendu à 77 € pour 1 000 litres de lait produit, dont 57 € de concentré et 20 € seulement de fourrage. Par rapport à notre situation en 2015, nous avons un mode d’alimentation plus économique et les frais de récolte comme ceux de distribution sont maîtrisés. »

Denis Lehé
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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