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« Nous investissons pour améliorer notre autonomie »

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Pascal Huchet, Isabelle et Paul Lecarpentier, ont investi dans un méthaniseur de 80 kWh en injection. © p.l.c.

Valorisation. Le Gaec Chesnay Piguelais a mis en place un système de paillage automatique et un méthaniseur relié à l’étable par une canalisation. Un investissement d’un million d’euros, qui donne satisfaction aux associés.

Isabelle et Paul Lecarpentier ont créé le Gaec Chesnay Piguelais à Guipel (en Ille-et-Vilaine), en 2017, avec Pascal Huchet. Le couple s’était installé une première fois sur le site actuel de l’élevage, mais au sein d’un autre Gaec. Pascal était alors exploitant individuel, juste en face. Le regroupement des deux exploitations représente 150 vaches traites par deux robots, une porcherie et un...
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Isabelle et Paul Lecarpentier ont créé le Gaec Chesnay Piguelais à Guipel (en Ille-et-Vilaine), en 2017, avec Pascal Huchet. Le couple s’était installé une première fois sur le site actuel de l’élevage, mais au sein d’un autre Gaec. Pascal était alors exploitant individuel, juste en face. Le regroupement des deux exploitations représente 150 vaches traites par deux robots, une porcherie et un atelier de veaux de boucherie. Le toit de l’étable porte 600 m2 de panneaux photo­voltaïques. Les laitières ne sortent­ pas au pâturage. Les associés souhaitaient investir, mais l’option de développer le lait a vite été abandonnée.

« Les énergies renouvelables nous intéressent »

« Installer un troisième robot nous aurait conduits à augmenter la taille du troupeau. Une spirale dans laquelle nous ne voulions pas entrer, notamment parce que notre développement ne pouvait se faire qu’avec du lait B », justifie­ Paul. La méthanisation plaisait aux associés. Isabelle et Paul en avaient fait l’expérience sur l’exploitation précédente.

« Les énergies renouvelables nous intéressent­, affirme Isabelle. Nous voulions aussi valoriser les déchets de l’élevage­. » Et puis ils préféraient diversifier leurs activités plutôt que de se spécialiser, pour des raisons de sécurité. Dans un souci d’autonomie, ils se sont intéressés à une méthanisation adaptée à la taille de leur troupeau. Le projet a été pensé avec Tecmatel­, une filiale d’Eilyps. Ils ont choisi un méthaniseur de 80 kWh avec injection directe sur le réseau, qu’ils ont mis en fonction en avril 2019. La chaleur produite revient en partie vers le digesteur. Elle sert aussi à chauffer la porcherie quand cela est nécessaire. Pour le reste, une serre a été construite. « L’idée est d’utiliser une partie de la chaleur pour maintenir la serre hors gel. Nous avons trouvé un jeune maraîcher qui va se lancer, peut-être en bio », précise Paul. Le méthaniseur est alimenté tous les jours avec 12 m3 de lisier de bovins (vaches laitières et veaux), 6 tonnes de fumier de génisses et 1,5 t de maïs. Chaque année, 10 ha de Cive (mélange trèfle et avoine) sont mis en place : le produit remplace le fumier en été quand les génisses sortent en pâture. De plus, 8 à 10 ha de maïs sont implantés pour alimenter le digesteur. Il reçoit aussi les refus des animaux. Au total, le méthaniseur consommera annuellement 4 400 tonnes de lisier de bovin, 1 270 t de fumier de bovin, 660 m3 de lisier de porc, 336 t de maïs et 150 t de Cive. Tous ces produits proviennent de l’exploitation.

Le lisier passe par une canalisation pour alimenter le méthaniseur

Par ailleurs, les associés ont pris en compte les nuisances liées à leur instal­lation, et réfléchi aux moyens de les réduire. Le site choisi pour implanter le méthaniseur se trouve de l’autre côté de la route par rapport à l’élevage, à une distance de 400 mètres. « On n’envisageait pas de faire trois allers-retours avec la tonne à lisier chaque jour. Car le lisier doit être dilué avec de l’eau avant la méthanisation, ce qui augmente le volume à transporter. Nos calculs ont montré qu’avec une ETA, la facture s’élevait à 10 000-12 000 € par an », explique Paul. Ils ont donc décidé de poser une canalisation entre les deux sites. Une pompe renvoie le lisier automatiquement vers la préfosse. La charge de travail est ainsi allégée. Le coût de ce raccordement se situe entre 40 000 et 50 000 €, essentiellement pour la canalisation. Mais les éleveurs auraient abandonné leur projet de méthaniseur s’ils n’avaient pas pu s’affranchir du transport quotidien du lisier, la contrainte leur semblant trop importante.

Le système fonctionne bien, car les éleveurs ont également investi dans un équipement de paillage automatisé (Strohmatic, de Schauer). En service depuis un an et demi, il avait été choisi en partie en prévision de la construction du méthaniseur. Il fallait du lisier suffisamment fluide, avec de la paille broyée.

En pratique, la balle de paille déficelée est placée dans un caisson. Trois vis (deux latérales et une centrale) démêlent et broient la paille pour obtenir des brins de deux à quatre centimètres. Un piège à cailloux est prévu. Le caisson est fermé pendant le broyage pour limiter les risques d’incendie en cas de départ de feu. Un extincteur dans le démêleur et un détecteur de température visent également à prévenir ce risque. Un aspirateur récupère la poussière.

Un paillage automatique et sans poussière

La paille broyée et dépoussiérée est projetée sur le plancher au-dessus des vaches, dans la stabulation, et tombe dans les logettes via des goulottes. Le débit est de 500 kg/heure et le paillage est ainsi réalisé deux fois par jour. Cette consigne est programmée dans l’automate. L’éleveur peut ainsi choisir la fréquence du paillage et les volumes de paille apportés. Les vaches ne semblent nullement dérangées par cette pluie de paille puisqu’elles ne bougent pas pendant la projection. Les éleveurs apprécient l’allégement du travail et l’absence de poussière. Ils passent cependant après chaque paillage pour bien éparpiller les brins dans les logettes à l’aide d’une pelle.

Ce système permet de réaliser des économies de paille car les brins broyés dans les deux sens ont une meilleure capacité d’absorption. Ici, la consommation de paille est de l’ordre de 800 g à 1 kg par logette et par jour. Une balle est nécessaire tous les deux jours. La poussière passe elle aussi dans le digesteur. « On récupère environ deux seaux de poussière par balle de paille », précise Pascal.

Au total, le Gaec a investi un million d’euros, dont 65 000 € pour le système de paillage automatique et 30 000 € pour la serre. Il a perçu 30 % de subventions. La vente d’électricité produite par la méthanisation devrait rapporter 142 000 €/an. S’y ajoute la location de la serre, estimée à 6 000 €. Les dépenses de fonctionnement sont évaluées à 48 000 € par an dont 12 700 € de maintenance, 8 000 € de main-d’œuvre et 4 650 € de provision pour révision. L’annuité se monte à 74 400 € et donc le bénéfice prévu à 25 000 €.

Après huit mois de fonctionnement, les éleveurs sont satisfaits. Il a fallu un peu de temps pour caler la ration du méthaniseur mais ils y sont parvenus. Et comme le troupeau ne pâture pas, son alimentation est très stable au fil de l’année. D’où une production d’électricité conforme aux prévisions.

Pascale Le Cann
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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