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Les erreurs à éviter en passant au robot

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Performance. En 2018, de nouveaux modèles de robots ont été mis sur le marché avec un gain réel de productivité grâce, notamment, à une détection des trayons et un branchement plus rapides. © n.tiers

Réflexion. Installer un robot de traite ne s’improvise pas. Négliger, en particulier, la rationalisation de l’effectif peut conduire à des déconvenues en matière de gain de temps de travail, d’optimisation du potentiel de production, de qualité du lait ou de santé des animaux.

Environ six mille exploitations seraient désormais équipées de robots de traite en France. « C’est une très bonne machine, considère Mickaël Sergent, expert robot et nutrition chez Seenovia. Mais elle peut se transformer en galère si son installation n’est pas suffisamment anticipée et préparée. » La principale erreur constatée est liée à un effectif de vaches trop élevé...
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Environ six mille exploitations seraient désormais équipées de robots de traite en France. « C’est une très bonne machine, considère Mickaël Sergent, expert robot et nutrition chez Seenovia. Mais elle peut se transformer en galère si son installation n’est pas suffisamment anticipée et préparée. » La principale erreur constatée est liée à un effectif de vaches trop élevé, en particulier au moment de la mise en route. D’après Mickaël Sergent, la première génération de robots de traite était conçue pour sortir 2 000 kg de lait par jour, soit la production de 60 vaches environ en rythme de croisière.

En 2018, de nouveaux modèles ont été mis sur le marché avec un gain réel de productivité grâce notamment à une détection des trayons et un branchement plus rapides. Les quelques secondes économisées à chaque traite permettent de passer à 72 vaches par jour, pour une production comprise entre 2 100 et 2 200 kg. Le potentiel de lait sorti sur la stalle peut donc atteindre 750 000 kg en régime de croisière, voire davantage selon le niveau réel de l’élevage. « Attention, il ne faut pas oublier de déduire le lait séparé pour un problème de qualité ou l’alimentation des veaux, soit 3 à 9 % de la production selon les élevages, prévient Mickaël Sergent. Ainsi, pour un potentiel du robot de 750 000 kg avec 5 % de lait séparé, on atteint en réalité 700 000 litres de lait livrés. » Toutefois, l’effectif de vaches doit absolument être réduit au moment de la mise en route d’une machine dans une exploitation. Pour réussir la transition, l’objectif est d’avoir le moins d’animaux possible : même avec un robot de nouvelle génération, Mickaël Sergent conseille de ne pas dépasser 60 vaches. « Plus on décharge l’effectif, plus la mise en route est facile et rapide pour le troupeau et pour l’éleveur. Il suffit parfois d’une semaine. Quand les 60 premières vaches sont habituées, on peut alors rapidement intégrer des animaux supplémentaires. Au final, la perte de lait n’est pas significative. »

10 à 15 % de temps où la stalle doit rester libre

L’arrivée d’un robot doit donc s’accompagner d’un tri dans le troupeau : si nécessaire, on tarit et on réforme plus tôt. Les vaches écartées sont les moins efficaces, à savoir : les moins productives, les moins saines et les plus longues à traire. « Pour l’éleveur, le débit de traite par animal est difficile à évaluer a priori, reconnaît Mickaël Sergent. Les références évoquées sont en général de 2,6 à 2,7 kg/minute en prim’holstein, et entre 2,2 et 2,3 kg pour les races normande et montbéliarde dont les sphincters sont plus fermés. En réalité, nous observons dans nos élevages des débits de traite allant de 2,3 à 3,2 kg/minute en prim’holstein. » En fin de compte, l’impératif est de conserver entre 10 et 15 % de temps durant lequel la stalle est libre. Cela apporte de la sécurité pour les opérations de maintenance indispensables, les pannes éventuelles, sans oublier le temps nécessaire à l’apprentissage des primipares et des nouvelles arrivées.

Attention à une ration trop riche à l’auge

En dehors de l’effectif, d’autres précautions sont nécessaires pour mettre toutes les chances de son côté quand on investit dans un robot de traite. Les vaches doivent avoir des pattes en bon état pour s’y rendre d’elles-mêmes, sans que l’éleveur ait besoin de passer du temps à les pousser. Un parage préventif peut être utile avant la mise en route. En outre, un bâtiment à logettes doit compter une place par vache pour un repos suffisant. Des caméras ont permis d’observer que très peu de traites ont lieu entre 3 et 5 heures du matin : à cet horaire, toutes les vaches doivent donc pouvoir se coucher.

Les travaux d’installation du robot se font parfois très rapidement, mais Mickaël Sergent rappelle la nécessité absolue de neutraliser les nouveaux bétons. La laitance remontant en surface contient des particules abrasives : il conseille de prendre le temps de laver à grande eau et de neutraliser avec du vinaigre.

Autre erreur, parfois commise, et susceptible de pénaliser la mise en route : le maintien d’une ration trop riche à l’auge. Il ne faut pas oublier que la distribution d’aliments fait partie des motivations de la vache pour se rendre au robot. Enfin, l’intervention d’un géobiologue est fortement recommandée pour s’assurer de positionner au mieux la machine dans le bâtiment.

Passer au robot de traite est donc une transition à préparer et à mûrir, si besoin avec l’accompagnement d’un conseiller. Cela implique aussi des répercussions sur le pâturage, le système fourrager, l’assolement, le stockage. « Chaque cas est unique, observe Mickaël Sergent. L’éleveur doit définir clairement les objectifs recherchés et ce qu’il veut éviter. Certains produisent parfois un peu moins quand ils peuvent se le permettre. D’autres se tournent vers du matériel d’occasion pour avoir une deuxième stalle. »

Un robot de nouvelle génération représente un investissement d’environ 150 000 € , soit des annuités supplémentaires de 15 000 à 20 000 €. Le prix d’une stalle d’occasion est très variable, en général entre 70 000 et 90 000 €. Il faut y ajouter les coûts de fonctionnement allant de 15 à 16 €/1000 l (le double de ceux d’une salle de traite), ainsi qu’une facture d’électricité plus élevée.

Nathalie Tiers
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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