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L’eau du puits : une source d’économie

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Économies. S’il devait alimenter l’exploitation uniquement avec l’eau du réseau, Luc Ducept estime que la facture s’élèverait à environ 10 000 € par an. © D.L.

Qualité de l’eau. Grâce à un système de traitement et de désinfection, le Gaec de la Brandonnière utilise depuis plusieurs années l’eau d’un puits pour alimenter sa ferme. L’équipement, modernisé en 2014, a été rentabilisé au bout de trois ans.

«La ferme a toujours été alimentée en eau par différents puits situés autour des bâtiments, se souvient Luc Ducept, éleveur installé en Gaec avec son frère, Philippe, à Cezais (Vendée). Jusqu’en 2014, nous utilisions un système de traitement basique, à base de chlore, pour éliminer les bactéries. Une stratégie pas toujours performante car il restait souvent un biofilm composé...
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«La ferme a toujours été alimentée en eau par différents puits situés autour des bâtiments, se souvient Luc Ducept, éleveur installé en Gaec avec son frère, Philippe, à Cezais (Vendée). Jusqu’en 2014, nous utilisions un système de traitement basique, à base de chlore, pour éliminer les bactéries. Une stratégie pas toujours performante car il restait souvent un biofilm composé de matière organique qui se déposait dans les canalisations. Malgré le traitement, les analyses révélaient régulièrement la présence de bactéries, comme des entérocoques ou des E. coli. Selon les périodes, nous constations des problèmes plus ou moins fréquents de diarrhées chez les veaux. De plus, avec ce traitement au chlore, nous devions adoucir l’eau pour faire baisser la teneur en calcaire, très élevée sur le puits de l’exploitation. » Chaque année, le Gaec achetait entre deux et trois tonnes de sel adoucissant, pour un montant annuel moyen d’environ 1 000 €. Autre inconvénient, la concentration en chlore baisse dans le temps, si bien que pour conserver un niveau de désinfection suffisant dans l’abreuvoir le plus éloigné du point d’injection, il fallait parfois surdoser au départ. En 2014, les deux frères ont investi dans un nouveau procédé nommé « Envirolyte ». Ce système est proposé par la société bretonne Ocène, spécialisée depuis une trentaine d’années dans le traitement de l’eau pour l’élevage. L’unité produit une matière active chlorée à partir d’un mélange d’eau et de sels traité par électrolyse. Contrairement à un produit de traitement standard, cette solution désinfectante ne se dégrade pas dans le temps et présente donc une meilleure efficacité. Elle est injectée dans le réseau provenant du puits avec un dosage de 1 à 3 % selon les résultats d’analyses réalisées au préalable.

Vingt  mètres cubes d’eau consommés chaque jour

Pour couvrir l’ensemble des besoins de l’exploitation et des trois maisons qui jouxtent la ferme, la consommation moyenne d’eau est d’environ 20 m3 par jour. Le puits, profond d’à peine 3,5 mètres, et qui ne s’est jamais tari même en période de sécheresse, est situé à 300 mètres environ de la stabulation. Une pompe immergée envoie l’eau jusqu’au local technique placé à côté de la laiterie. Le circuit passe d’abord par un premier filtre à sable avant d’arriver à une cuve surpressée de 300 litres qui fait office de réserve tampon.

« À la sortie de la cuve, le réseau se divise en plusieurs tronçons au niveau d’une nourrice, précise Luc Ducept. Nous ne traitons pas les circuits qui vont au nettoyeur haute pression ou au robinet employé pour le lavage des quais de la salle de traite. Pour ce type d’usage, une simple filtration suffit. Seule l’eau destinée aux animaux, au lavage de l’installation de traite et aux traitements des cultures est désinfectée. Pour l’alimentation des maisons, nous employons un dispositif de traitement spécifique, avec un principe similaire à celui de la ferme. » La solution active possède un très fort pouvoir oxydant qui détruit la majorité des bactéries et autres germes présents. La production de cette solution réclame une eau sans calcaire. Le Gaec utilise donc l’eau du réseau communal, car celle du puits est beaucoup trop chargée pour que le système fonctionne. L’installation occupe environ 3 m² dans le local. Tout le dispositif est automatisé et piloté depuis une armoire électrique. L’ensemble a été volontairement placé dans une pièce accolée à la laiterie. Les deux associés y passent plusieurs fois par jour et si une alarme s’allume sur le boîtier de contrôle, elle ne peut pas leur échapper.

Contrat de maintenance

Luc Ducept effectue régulièrement des analyses pour mesurer la qualité de l’eau en amont et en aval du traitement : acidité, taux de calcaire, matière organique… Pour réaliser ces contrôles, il utilise un kit spécifique avec des bandelettes tests, des produits de dosage et une sonde de pH. « Les mesures sont assez simples à effectuer, précise-t-il. Les valeurs relevées me servent à vérifier que j’utilise la bonne quantité de solution de traitement. Au départ, je réalisais des tests pratiquement tous les mois. Mais comme les résultats étaient satisfaisants et que je n’ai pratiquement jamais eu d’ajustements à faire, j’espace désormais les contrôles en m’adaptant à la météo : les prélèvements sont réalisés lorsque la qualité de l’eau du puits est susceptible d’évoluer, après un fort épisode pluvieux ou une longue période sèche, par exemple. Ce n’est pas très contraignant, une heure environ à chaque fois au maximum. » Le fabricant assure un contrat de maintenance comprenant deux visites annuelles par un technicien qui contrôle toute l’installation. Ce service est facturé 1500 euros par an.

« Si la ferme utilisait exclusivement le réseau communal, la facture d’eau augmenterait d’environ 10 000 euros par an, commente Luc Ducept. En 2014, notre installation nous est revenue à 23 000 euros. Si je compte les autres dépenses, comme la maintenance ou les consommables, l’ensemble a donc été amorti en trois ans. Autre avantage : ce traitement est plus efficace que notre ancien équipement. La qualité de l’eau est meilleure et les problèmes digestifs des veaux moins nombreux. »

Denis Lehé
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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