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Les loups se dispersent dans le Grand Est

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Ces clichés sont pris sur la zone de présence permanente de Saint-Amond. À gauche, le cliché du 23 juin 2020 sur la commune de Saulxerotte (Meurthe-et-Moselle) est le dernier en date. À droite, le cliché date du 25 mai 2020. © Réseau Loup-Lynx/OFB-SD54.

Dans l’est de la France, l’Office français de la biodiversité constate une présence plus discrète des loups dans les zones habituelles alors qu’ils sont repérés plus fréquemment dans de nouveaux secteurs.

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Les indices de la présence du loup collectés par le Réseau se font de plus en plus rares sur la zone de présence permanente (ZPP) dans les « Hautes Vosges », signale l’Office français de la biodiversité (OFB) dans sa lettre d’information publiée le 18 février 2021. L’installation de nombreux pièges photos a été infructueuse.

Un crâne retrouvé

Aucun cliché de loup n’a été relevé depuis 2019. Un crâne de loup, « confirmé par analyse génétique et dont le génotype est pour le moment inconnu », a toutefois été retrouvé en mars 2020 sur la tourbière de Machais, dans les Vosges. Quatre constats de dommages sont aussi recensés sur cette ZPP.

Sur la ZPP de Saint-Amond, un seul individu est détecté. Les indices de sa présence sont relevés régulièrement jusqu’à la fin de juin 2020. « Puis un arrêt brutal de sa détection » est observé « tout type d’indices confondus, sans qu’aucune explication ne puisse être avancée », souligne l’OFB.

Dynamique de colonisation

Le prédateur a toutefois été repéré dans d’autres secteurs du Grand Est, ce qui témoigne d’une « dynamique de dispersion et de colonisation de l’espèce », signale l’OFB. Les agents estiment que dans le sud du Bas-Rhin, le secteur du Champ du Feu/Vallée de la Bruche (Grendelbruch) est une zone à surveiller. Des indices sont régulièrement relevés, dont une attaque de troupeau, signalée le 23 juillet 2020.

Il semble difficile de savoir pour l’instant si plusieurs loups ont circulé dans ce secteur. « L’unique prélèvement ayant permis la réalisation d’analyses génétiques (fèces et urine collectés le 12 décembre 2019 sur la commune de Belmont) a montré qu’il s’agissait d’un loup mâle de lignée italo-alpine, identifié en novembre 2018 dans la vallée de la Maurienne (Savoie).

En Haute-Marne, la présence de l’espèce a été confirmée par une photo prise au mois de septembre dans le secteur de Joinville. Des dommages sur les troupeaux ont aussi été constatés.

Dans l’Aube, c’est une vidéo qui authentifie la présence d’un loup en septembre sur la commune de Bar-sur-Seine. Des cas de prédations localisés dans le sud du département en limite avec l’Yonne révèlent aussi la présence de l’espèce dans le département.

Un loup tué dans les Vosges serait de souche germano-polonaise

Dans les Vosges, un loup avait causé la terreur sur les troupeaux domestiques dans l’est du département, puis en limite avec la Haute-Saône. Il a été abattu dans la nuit du 22 au 23 septembre 2020 sur la commune du Val-d’Ajol dans le cadre de tir de défense simple autorisé par arrêté préfectoral.

L’analyse génétique de ce loup adulte a révélé une origine « couramment détectée dans les populations de loups de l’Europe du Nord et de l’Est et notamment majoritaire dans la population germano-polonaise », précise l’OFB. Après des échanges avec les pays voisins, l’individu en question pourrait venir de l’Allemagne. Il aurait aussi été détecté en 2020 aux Pays-Bas, puis en Flandre et en Wallonie et serait « connu pour des prédations fréquentes sur bovins ».

Marie-France Malterre
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