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Le glyphosate « fait peur car il est un symbole »

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Pour Emmanuelle Ducros, journaliste à L’Opinion, le glyphosate est devenu « la composante de la lutte anticapitaliste contre Monsanto ». Avec Jean François Narbonne, professeur émérite en toxicologie, et François Mandin, agriculteur et président de l’Apad (1), elle explique en quoi elle estime le débat sur ce produit comme biaisé.

Le glyphosate « fait peur car il est un symbole, a affirmé Emmanuelle Ducros, lors d’une émission réalisée par Village Semence au Salon international de l’agriculture et animée par Renaud d’Hardivilliers, journaliste à La France Agricole. Il a été utilisé comme un symbole. Le glyphosate est une composante de la lutte anticapitaliste contre Monsanto. Pour les gens, le glyphosate, c’est Monsanto, mê...
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« Un symbole contre Monsanto »

Le glyphosate « fait peur car il est un symbole, a affirmé Emmanuelle Ducros, lors d’une émission réalisée par Village Semence au Salon international de l’agriculture et animée par Renaud d’Hardivilliers, journaliste à La France Agricole. Il a été utilisé comme un symbole. Le glyphosate est une composante de la lutte anticapitaliste contre Monsanto. Pour les gens, le glyphosate, c’est Monsanto, même s’il est tombé dans le domaine public il y a 20 ans. Les antiglyphosates ont choisi de traîner ce débat sur le domaine de la peur et la molécule a été utilisée pour faire peur. Le débat a été confisqué. »

Fort du savoir acquis pendant sa carrière de toxicologue, le professeur a présenté les biais scientifiques qu’il voit dans le débat sur l’interdiction du glyphosate. « Ce qui est véritablement dangereux, c’est le solvant présent dans le Roundup, a-t-il expliqué. Il est 20 fois plus dangereux que la molécule de glyphosate. D’ailleurs, Paul François, l’agriculteur qui a gagné son procès contre Monsanto, a été victime du solvant et pas de la matière active (1). »

Toutes les agences disent la même chose mais pas de la même façon

Jean-François Narbonne décrypte les avis des différentes agences sanitaires, par la distinction essentielle du danger et du risque. « Dans le danger, on regarde la molécule elle-même, explique-t-il. Dans les risques, on regarde les usages et l’exposition. L’étude du Circ (2) qui a conclu que le glyphosate était probablement cancérigène, portait sur l’évaluation du danger. Les autres études ont conclu sur celle du risque. Il n’y a donc pas d’incohérence entre les deux. »

Jean-François Narbonne appelle à prendre en compte le couple bénéfice-risque. En France, « on interdit. Mais qu’est-ce que l’on fait à la place ? » Et de rappeler que « l’agriculture biologique n’est pas sans pesticide. Et le cuivre est beaucoup plus dangereux que le glyphosate. »

Un outil indispensable

Pour François Mandin, le président de l’Apad (3), le glyphosate est un outil, certes indispensable, mais il n’est pas au cœur du système. C’est cependant un outil qui lui permet de pratiquer l’agriculture de conservation des sols. Le vrai sujet, c’est la maîtrise de l’enherbement. François Mandin utilise cet herbicide seulement en interculture et ne veut pas le remplacer par un herbicide postsemis. C‘est une différence capitale avec les usages américains comme le désherbage des cultures OGM Roundup Ready ou comme dessicant.

À lire aussi : Glyphosate, le ministre confirme sa position sur l’agriculture de conservation des sols (21/02/2020)

(1) Dans l’affaire qui oppose Paul François à Monsanto, c’est le Lasso, un herbicide dont la matière active est l’alachlore, qui est en cause et non le glyphosate.

(2) Centre international de recherche sur le cancer.

(3) Association pour la promotion d’une agriculture durable.

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