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L’orge crève les plafonds !

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Moisson de l’orge. © Cédric Faimali/GFA

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les céréales grimpent encore, l’orge menant la danse. Le complexe oléagineux reste soutenu mais le colza perd un peu de terrain.
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Les céréales grimpent encore, l’orge menant la danse. Le complexe oléagineux reste soutenu mais le colza perd un peu de terrain.

L’Algérie rassure le marché européen du blé

Les prix du blé montent encore dans l’Hexagone cette semaine : le blé rendu Rouen se situe maintenant à 206 €/t en base juillet. Il a gagné 8 €/t depuis vendredi dernier et se retrouve à 250 $/t Fob Rouen pour le marché mondial. L’échéance de décembre d’Euronext a grimpé de manière similaire (+8,5 €/t, à 207,5 €/t) à l’heure d’écrire ces lignes. Alors qu’il était resté derrière en termes de prix, le blé français rattrape désormais le blé russe à 12,5 % de protéines (250 $/t Fob Novorossyisk). En effet, les prix de la mer Noire (+3 $/t) ont grimpé moins fortement que les prix européens cette semaine. Il en est de même pour les prix argentins et US qui ont augmenté mais de 3 à 7 $/t seulement. Les blés européens ont été « boostés » cette semaine par un achat de plus de 500 000 tonnes de l’Algérie. Cet achat était attendu comme test concernant le choix des origines par l’Algérie : est-ce que le pays allait opter ou non pour une part de blé russe importante depuis l’allègement du cahier des charges algérien (qui autorise maintenant un taux de 0,5 % de grains punaisés pour les blés à 12,5 % de protéines) ? Résultat : la Russie ne figure pas parmi les origines retenues lors de cet achat et les exigences concernant la force boulangère (W) y sont sûrement pour quelque chose. Les opérateurs européens voient donc la crainte de perdre de grosses parts de marché au profit de la Russie s’éloigner un peu et cela explique en partie la hausse des prix de cette semaine.

Des surfaces de blé en hausse pour 2021

Sur la scène internationale, la Bourse de Rosario en Argentine vient confirmer que la récolte sera bien plus basse que prévu, à 17 millions de tonnes à cause du temps sec des derniers mois. Malgré l’arrivée de petites pluies en Russie qui vont être favorables pour le développement des blés d’hiver, les inquiétudes restent encore de mise dans cette région où les semis de blé ont avancé (80 % des surfaces sont maintenant semées en Russie) dans des sols très secs. Les inquiétudes climatiques ont joué un rôle important pour la montée récente des prix mais il ne fait pas oublier que les surfaces de blé sont en train d’augmenter presque partout dans l’hémisphère Nord et que cela, si l’humidité arrive, conduira à une forte récolte en 2021. Ce facteur, conjugué à un possible retour de l’Inde sur le marché international, constitue un élément baissier à surveiller.

L’orge encore plus haut

L’orge fourragère n’arrête pas de grimper : elle gagne 13 €/t cette semaine, à 189,25 €/t ce vendredi rendu Rouen, ce qui la pousse à 230 $/t Fob Rouen. Les orges de la mer Noire se sont appréciées aussi mais beaucoup plus modérément, de 2 à 3 $/t, à 212 $/t pour les orges ukrainiennes destinées à la Chine. L’explosion des prix français reflète probablement la nouvelle révision en baisse très marquée de la récolte hexagonale ; le SSP (service de la statistique du ministère de l’agriculture) a en effet de nouveau réduit son estimation de la récolte dans sa publication d’octobre. En deux mois, la récolte d’orge a ainsi été revue en baisse de 0,8 million de tonnes, à 10,5 millions de tonnes. Cette situation d’une production presque aussi basse qu’en 2016 était déjà en partie reflétée par les prix mais la publication du chiffre officiel est venue doper les prix. Les expéditions d’orge française vers la Chine continuent avec 100 kt en cours de chargement ces derniers jours. Le bilan des orges françaises est devenu nettement tendu. Les orges françaises sont en partie captée par la Chine (vers laquelle peu de pays européens sont capables d’exporter). Il va donc être nécessaire que l’orge française perde en compétitivité sur les destinations intra-européennes et africaines (l’Algérie vient de lancer un appel d’offres pour 25 000 tonnes) et abandonne de la demande au profit des concurrentes, déjà moins chères, que sont les orges allemandes (–10 $/t par rapport aux orges françaises) et anglaises (–22 $/t). Avec la hausse récente, ce processus est en route et devrait venir stopper la hausse des valeurs françaises.

Sur le secteur brassicole, les prix ont grimpé aussi mais moins fortement, de 5 €/t, à 187 €/t Fob Creil, au même prix pour les orges d’hiver et les orges de printemps. La prime brassicole (différence entre prix brassicoles et prix fourragers) s’est encore réduite cette semaine avec la montée plus marquée des prix fourragers. Bien que l’UE dispose d’un surplus potentiel d’orge de brasserie de printemps après exportations vers les pays tiers (la demande restant morose à cause de la Covid), la situation française, quant à elle, n’est pas lourde du tout car, comme pour les orges fourragères, la demande chinoise bénéficie largement aux exports de la France.

Nouvelle envolée du maïs

Les prix du maïs gagnent 8 €/t Fob Rhin (à 194 €/t) et Fob Atlantique (à 190 €/t). En dollar, les maïs français grimpent de presque 9 $/t. Les hausses des deux dernières semaines résultent des révisions en baisse des récoltes en Roumanie, en France, en Ukraine et aux USA. La récolte française a bien avancé (64 % des surfaces étaient récoltées au 12 octobre contre 49 % une semaine plus tôt) ; avec l’avancée des résultats, il apparaît désormais que cette récolte sera inférieure à 14 millions de tonnes (nous l’estimons maintenant à 13,9 millions de tonnes — maïs humide compris — contre 14,9 millions à la mi-août).

Parallèlement, pour comprendre les importations énormes de la Chine, il est nécessaire de revoir à la baisse baisse les réserves de maïs du pays à cause des pertes qui ont eu lieu ces dernières années (dégradation de la qualité à cause du vieillissement des stocks) et d’une demande amidonnière très soutenue.

La situation mondiale du maïs s’est donc renversée en deux mois à cause de ces évolutions à la baisse de la production et à la hausse de la demande : les stocks mondiaux étaient prévus à la hausse cet été et sont maintenant attendus en baisse pour la fin de la campagne de 2020-2021. Et la récolte de l’Amérique du Sud qui arrivera au printemps 2021 n’est pas encore assurée avec le manque d’humidité en Argentine et au Brésil dû en partie au phénomène climatique La Niña.

Le monde ne risque pas de manquer de maïs, mais ce revirement a poussé les prix vers le haut et la reprise des achats chinois de maïs US cette semaine a donné, comme en orge, un nouveau coup de pouce. Dans ce cadre, les prix ukrainiens et brésiliens ont gagné 11 $/t, les prix US 16 $/t. Les montées des prix des maïs est-européens par ailleurs, ainsi que la dégradation des disponibilités ukrainiennes, viennent renforcer l’intérêt des maïs français vers les autres destinations de l’UE.

Nouvelle hausse des prix du soja

L’inflation des cours des oléagineux sur le marché mondial continue sa progression. Le cours du soja à Chicago a grimpé de presque 5 $/t en une semaine sur l’échéance de novembre pour atteindre 390 $/t, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis mars 2018. D’une part, les ventes de sojas des USA continuent à un très bon rythme avec 2,8 millions de tonnes vendues entre le 2 et le 8 octobre, selon l’USDA, et deux ventes à la Chine cette semaine pour un total de 525 000 tonnes. D’autre part, même si la récolte US progresse à un bon rythme à la faveur du temps sec, et que les rendements s’avèrent proches des attentes, la situation est bien plus compliquée pour le soja au Brésil en en Argentine. En effet, le temps trop sec persiste dans les principales zones de production brésilienne (les précipitations sont inférieures de 50 % à la normale sur le mois passé pour la moitié des surfaces et inférieures de 75 % sur l’autre moitié). Cela retarde nettement les semis. L’utilisation d’une part non négligeable de variétés à cycle court, moins productives, semble inévitable à ce stade. Par ailleurs, si des précipitations ne se matérialisent pas rapidement, le niveau de récolte attendu au début de 2021 pourrait en être affecté gravement.

En Argentine, la période de semis ne démarre qu’en novembre, et la situation pourrait s’améliorer d’ici au mois prochain. Néanmoins, la situation reste à surveiller de près. Dans ce pays, cette semaine a été par ailleurs marquée par une grève des salariés dans les usines de trituration. Cela a fait chuter la production de tourteau de soja momentanément, et a fait monter les prix des matières riches en protéines. Le tourteau de soja argentin a vu son prix flamber de 15 $/t sur la semaine, ce qui a entraîné en hausse les cours à Chicago (+14 $/t) et à Montoir (+15 €/t).

Le prix du pois fourrager en France a bénéficié de cette remontée du tourteau, attirant davantage l’intérêt des fabricants d’aliments faisant suite à la hausse de prix de son concurrent. Le prix du pois augmente ainsi de 3 €/t sur la semaine pour la cotation départ Marne, à 221 €/t.

Le cours du tournesol dopé par un manque de disponibilités

Les faibles récoltes en mer Noire et la récolte décevante en France affectent largement l’équilibre entre offre et demande en tournesol et en huile de tournesol. Les marges de trituration attractives et la demande en huiles des pays asiatiques soutiennent la consommation de tournesol. Les prix progressent ainsi encore cette semaine, les disponibilités n’étant pas à la hauteur de la demande. Les cours du tournesol gagnent 15 €/t à Saint-Nazaire, que ce soit pour la graine oléique (à 405 €/t) ou la graine standard (à 415 €/t). Par ailleurs, le prix de l’huile de tournesol à Rotterdam est remonté au niveau très élevé de 1010 $/t (+25 $/t sur une semaine).

Le prix du colza s’essouffle

À l’opposé de ses concurrentes, la graine de colza voit son prix s’effriter cette semaine, perdant entre 1 et 2 €/t sur le marché français : le colza rendu Rouen vaut 389 €/t au 15 octobre. En effet, les précipitations régulières dans l’UE ainsi que dans l’ouest de l’Ukraine depuis le début du mois ont permis une bonne progression des semis et l’émergence de graines plantées en septembre. Cela a rassuré le marché au sujet des disponibilités pour la prochaine récolte, en 2021. Par ailleurs, le prix de l’huile de colza s’est affaissé de presque 20 $/t sur la semaine à Rotterdam, à seulement 774 $/t, ce qui a par ricochet pesé sur les cours du colza en France. En effet, les nouvelles mesures prises dans l’UE (dont le couvre-feu dans plusieurs métropoles françaises à compter du 17 octobre) pour contenir l’épidémie de Covid-19 font craindre aux pétroliers un recul de la demande en diesel et biodiesel sur les semaines à venir. Cela a fait fortement ralentir les achats d’huile de colza sur le court terme.

Néanmoins, le gouvernement vient d’approuver la mesure limitant l’utilisation de biodiesel dérivé de l’huile de soja à seulement 0,35 % des utilisations dans le diesel dès 2021. Cela devrait soutenir la demande en huile de colza du secteur biodiesel français sur la fin d’année 2020.

De l’autre côté de l’Atlantique, le prix du canola canadien est plutôt soutenu, gagnant 3 à 4 $/t selon l’échéance sur le marché de Vancouver alors que la récolte de 2020 approche de la fin. Il bénéficie notamment du soutien du soja, mais aussi d’une forte demande à l’exportation. Les volumes de canola exportés du 1er août au 5 octobre dépassent de presque 50 % ceux exportés l’an passé sur la même période.

Tallage

À suivre : conditions de développement des blés d’hiver, exportations de l’Australie et de l’Inde, récolte de maïs aux USA et achats de maïs par la Chine, semis de colza en Europe, récolte de canola en Australie, demande en huiles du secteur biodiesel, achats d’huiles des pays émergents, semis de soja en Amérique du sud, production de soja aux USA, cours du pétrole, situation sanitaire mondiale.

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