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L’euro pèse sur les prix

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L’euro est en phase d’appréciation par rapport au dollar depuis trois semaines mais le mouvement s’est accéléré à la fin de la semaine dernière. © Jean-Claude Grelier

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les prix des céréales sont en légère hausse pour le blé mais en baisse pour le maïs et l’orge, modérés par l’appréciation de l’euro qui limite aussi le prix du colza.
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Les prix des céréales sont en légère hausse pour le blé mais en baisse pour le maïs et l’orge, modérés par l’appréciation de l’euro qui limite aussi le prix du colza.

L’influence du taux de change euro/dollar

Les prix ont évolué sous l’influence de deux grands facteurs cette semaine : le climat et le taux de change euro/dollar.

L’euro est en phase d’appréciation par rapport au dollar depuis trois semaines mais le mouvement s’est accéléré à la fin de la semaine dernière avec la proposition de la Commission européenne d’un fonds de relance de 750 milliards d’euros qui seraient empruntés par l’Union européenne sur les marchés. Cette mesure marque un net tournant étant donné que la capacité d’endettement était jusqu’à maintenant réservée aux États. Cette semaine, l’euro gagne ainsi plus de 2 %, se rapprochant de 1,13 dollar. Cet élément est intrinsèquement baissier pour le prix des céréales en euros si ces dernières veulent maintenir leur compétitivité à l’exportation.

Des vagues de chaleur aux USA et en mer Noire

En parallèle, la semaine a été marquée par l’arrivée des pluies sur l’ouest et le nord de l’Europe. Comme l’euro, ces pluies bienvenues ont joué un rôle plutôt modérateur pour les prix même si leur arrivée à cette période du cycle cultural pourrait rapidement susciter des inquiétudes qualitatives. À l’opposé, alors que la mer Noire avait été plus arrosée à la fin de mai qu’une grande partie de l’Union européenne, les prévisions dans cette région affichent maintenant de très fortes températures pour les jours à venir. C’est aussi le même scénario qui prévaut dans le Midwest US et dans les prairies canadiennes : les fortes températures attendues font craindre des risques d’échaudage pour les blés d’hiver aux USA et des problèmes pour l’avancée des cultures pour les blés de printemps au Canada et en mer Noire. Les blés US HRW voient en conséquence progresser leur prix de 4 $/t cette semaine comme les blés fourragers ukrainiens (à 191 €/t Fob) et les blés russes affichent une progression de 7 $/t à 207 $/t Fob pour la qualité meunière à 12,5 % de protéine. Dans ce contexte, les producteurs sont plutôt sur la défensive et cela vient contribuer à la hausse des prix cette semaine.

Un blé en hausse mais contraint par l’euro

Les blés français de la récolte de 2020 suivent le mouvement mondial malgré les pluies bénéfiques en Europe et cela leur permet de gagner 7 $/t (+3,4 %) aussi cette semaine à 214 $/t Fob Rouen. Néanmoins, à cause de l’appréciation de l’euro, leur progression est nettement plus faible en euro (+1,4 % seulement, soit + 2,5 €/t, à 184,75 €/t rendu Rouen en base juillet). Les blés français sont nettement plus chers désormais que les blés de la mer Noire et le dernier achat de l’Égypte en atteste. Ce pays vient de contracter 120 000 tonnes de blé ukrainien pour un chargement entre le 10 et le 25 juillet. Ce blé a été vendu à 210 $/t Fob alors que le blé français était offert presque 6 $/t plus cher. L’Asie du Sud-Est est revenue au marché aussi avec des achats de blé mer Noire de la part l’Indonésie (35 000 tonnes) et des Philippines (60 000 tonnes) ces derniers jours. La Jordanie, de son côté, vient de lancer un appel d’offres pour 120 000 tonnes de blé meunier.

> À lire aussi : Monde, première hausse des stocks de céréales en quatre ans (02/06/20)

Les orges fourragères s’affaissent

Les orges fourragères pâtissent aussi de la remontée de l’euro : leur prix s’affaisse de 2 €/t cette semaine à Rouen (à 162,25 €/t en base juillet pour la nouvelle récolte). Exprimé en dollar, leur prix gagne en fait 2 $/t, à 188 $/t, dans la foulée des hausses qui affectent le blé et des inquiétudes concernant les hautes températures imminentes, en mer Noire notamment. Les orges européennes restent soutenues par de bonnes perspectives d’exportation vers la Chine à cause de la taxation des orges australiennes par ce pays. À noter toutefois que les orges françaises demeurent nettement plus chères que les orges de la mer Noire (de 15 $/t), ce qui n’est guère favorable aux exportations vers le Proche-Orient pour l’instant.

Les orges brassicoles s’élèvent

Sur le segment brassicole, la situation est différente : malgré l’appréciation de l’euro et la confirmation de coupes nettes dans les utilisations de malt ces derniers mois, les prix ont nettement augmenté depuis la semaine dernière pour les orges de printemps, à 178 €/t Fob Creil (+10 €/t) pour la récolte de 2020. La rapidité de la croissance de ces orges faisant suite aux températures du mois de mai et le manque d’humidité dans certaines régions ont contribué à la dégradation de l’état des cultures : l’observatoire CéréObs baisse la notation de l’orge de printemps cette semaine à 55 % de plantes classées bonnes à excellentes contre 56 % la semaine dernière et 88 % l’an passé à la même date.

Le maïs aussi pâtit de la remontée de l’euro

Sur le marché mondial, les prix du maïs sont tirés par le soja cette semaine, par la remontée du pétrole également et la lente reprise du secteur de l’éthanol, aux USA surtout. Les prix US gagnent 2 $/t, les prix ukrainiens 1 $/t et les prix argentins 4 $/t.

En Argentine, les récoltes ont avancé rapidement grâce aux bonnes conditions météorologiques ; les rendements sont bons et la production sera voisine de celle de l’an dernier (50 millions de tonnes). Au Brésil en revanche, nous revoyons les prévisions de production en légère baisse. Le manque de précipitations s’est poursuivi en effet au cours du mois de mai dans la majeure partie des régions du sud du pays (Paraná, Mato Grosso Do Sul, Goiás, Minas Gérais…) contribuant à la diminution du potentiel de production du maïs de la seconde récolte. Seul le Mato Grosso a bénéficié d’une pluviométrie un peu plus clémente sur la période. Au total, la production de maïs brésilienne pourrait atteindre 100,5 millions de tonnes en 2019-20, soit un niveau proche de la campagne de 2018-19.

Toutefois, comme pour les orges fourragères, les prix européens ne profitent pas de la hausse sur le marché mondial : le maïs français perd 4 €/t Fob Rhin (à 158 €/t) et reste stable sur la façade atlantique (à 164,25 €/t en base juillet) à cause de la situation plutôt lourde du bilan français et de l’appréciation de l’euro.

Le soja reprend des couleurs

Sur le marché US, la graine de soja voit son cours rebondir fortement cette semaine pour retrouver un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 2 mois. À la faveur d’un courant d’achats chinois et d’un regain de compétitivité de la fève US, le prix du soja augmente de 8,5 $/t sur juillet 2020 à Chicago, à 319 $/t, et de 11 $/t sur novembre 2020, à 322 $/t. Certains opérateurs chinois se tournent actuellement vers l’origine US pour des chargements prévus sur l’été mais aussi sur octobre et novembre 2020. Sur la semaine, le département de l’agriculture a déclaré 1,16 million de tonnes de soja vendues vers la Chine ou des destinations inconnues (qui correspondent habituellement à des achats chinois), contre un peu moins de 400 000 tonnes la semaine précédente, et cela malgré un regain de tension dans les relations diplomatiques entre les USA et la Chine. En effet, le 28 mai le Parlement chinois a adopté une loi sur la sécurité à Hong-Kong, territoire autonome vis-à-vis de Pékin, sans passer par le législateur hongkongais. Le président Trump a rapidement annoncé des mesures de représailles, menaçant de priver Hong-Kong de son statut économique spécial.

Pour l’instant, Donald Trump n’a pas remis en cause l’accord commercial signé en janvier avec la Chine, mais la situation s’est fragilisée et rend tout nouvel achat chinois de soja US, dans ce contexte, haussier pour les prix US. Par ailleurs, la remontée des prix sur le marché de Chicago est aussi due à une progression de la compétitivité du soja US vis-à-vis des origines concurrentes, le cours du dollar ayant chuté cette semaine par rapport au réal brésilien notamment. Les mauvaises performances de l’économie américaine en termes d’emplois pèsent sur le cours de la monnaie américaine.

Dans les champs, les conditions continuent d’être plutôt favorables aux semis, selon l’administration américaine. Au 31 mai, 75 % des intentions de semis étaient réalisées, soit 7 points d’avance par rapport à la moyenne quinquennale et 10 points par rapport à l’an dernier. L’émergence des plants est encore plus avancée, avec 52 % des plantes ayant émergé contre 35 % l’an dernier et 44 % en moyenne quinquennale. Les conditions des cultures ont été publiées pour la première fois en début de semaine. Les conditions sont plutôt bonnes, avec 70 % des sojas jugés dans un état bon ou excellent.

La récente évolution des taux de change a aussi soutenu le prix du tourteau US, qui gagne 6 $/t cette semaine sur le marché de Chicago, à 320 $/t.

> À lire aussi : L’accord commercial avec le Mercosur en mauvaise posture (04/06/20)

Le tourteau reste déprimé en France

À Montoir, les cours des tourteaux de soja sont plutôt en léger recul cette semaine (–1 €/t), la remontée de l’euro face au dollar US ayant annulé l’effet haussier des nouveaux achats de sojas US par la Chine. Les élevages européens subissent les conséquences de la crise sanitaires du Covid-19, via un ralentissement de la demande en viandes et en produits laitiers, et les perspectives de production d’aliments composés sont plutôt négatives. Nous attendons un recul de 3 % de la demande du secteur bovin sur la période juillet-juin 2020-21 par rapport à 2019-20, de 2 % pour le secteur volailles, et de 1 % pour le secteur porcin.

Le prix du pois départ Marne a lui chuté de 8 €/t cette semaine sur le rapproché, chute marquant le passage des cotations de l’ancienne à la nouvelle campagne. Les cotations sur juillet 2020 sont affectées par l’approche des récoltes, qui s’annoncent précoces cette année en France, et par les récentes précipitations ayant bénéficié aux cultures.

Le colza ne bénéficie pas du soutien des cours mondiaux

Le cours du canola canadien a bénéficié de la hausse des cours du soja US, mais aussi de la remontée de la valeur du dollar canadien face au dollar US. Ainsi sur juillet 2020, le canola grimpe de 7 $/t sur le marché de Vancouver à 343 $/t. Il bénéficie par ailleurs du soutien du prix des huiles. Le cours de l’huile de palme rebondit nettement cette semaine sous l’effet combiné d’une production en Malaisie inférieure aux attentes en mai, d’un rebond de la demande sur le marché mondial avec l’assouplissement progressif des mesures de confinement, et de la mise en place d’une taxe à l’exportation de 55 $/t par l’Indonésie sur l’huile de palme brute. Le prix du pétrole a par ailleurs grimpé de 14 % cette semaine, à 37,4 $ le baril à New York.

Sur Euronext, le prix du colza français suit les mouvements internationaux, remontant de 4 €/t sur juillet 2020, à 373 €/t. Toutefois, cette hausse n’est pas reconduite sur le marché physique. Le prix de la nouvelle campagne perd 9 €/t cette semaine en rendu Rouen, à 358 €/t sur juillet-septembre (mais seulement 1,5 $/t si l’on convertit le prix en monnaie US). Le cours du colza recule de 3 €/t en Fob Moselle (mais il augmente de 5 $/t sur la semaine). La forte remontée de l’euro face au dollar mais aussi les pluies des derniers jours ont pesé sur les prix du marché physique.

Le tournesol recule aussi

Après les semis, l’émergence des plants en France a pu se faire dans de bonnes conditions grâce aux pluies du début de mai. Le temps est ensuite redevenu sec et chaud, a pu entraîner un bon développement racinaire. Les récentes pluies devraient ainsi avoir profité aux cultures de tournesol. Le tournesol français voit son prix reculer de 5 €/t cette semaine, à 330 €/t rendu Saint-Nazaire sur la nouvelle campagne.

Les cours en mer Noire sont stables (405 $/t en prix Fob sur juin 2020). Les prix de l’ancienne campagne restent soutenus par les disponibilités limitées en graine et en huile de tournesol sur le marché. Les semis de la nouvelle récolte sont presque terminés en Ukraine. La surface semée à la fin de mai était en progression de presque 9 % par rapport à l’an passé.

> À lire aussi : Distorsion de concurrence, la Coordination rurale revient à la charge sur les importations (02/06/20)

Tallage

À suivre : températures en Amérique du Nord et en mer Noire, l’évolution de l’huile de palme et du pétrole, conditions climatiques partout dans l’hémisphère Nord, les relations sino-US

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