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L’euro fait des siennes

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Les prix en blé se sont affaissés sur le marché mondial cette semaine en raison de trois principaux facteurs. © Cédric Faimali/GFA

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les prix de l’ensemble des céréales et oléagineux s’affaissent cette semaine dans un contexte mondial plutôt à la baisse. Mais cette baisse est surtout liée à une forte hausse de l’euro face au dollar, note Tallage ce vendredi 4 décembre 2020.
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Les prix de l’ensemble des céréales et oléagineux s’affaissent cette semaine dans un contexte mondial plutôt à la baisse. Mais cette baisse est surtout liée à une forte hausse de l’euro face au dollar, note Tallage ce vendredi 4 décembre 2020.

Des éléments baissiers en blé cette semaine sur le marché mondial

Les prix se sont affaissés sur le marché mondial cette semaine et l’on peut citer trois facteurs ayant probablement contribué à cet affaissement :

  • Tout d’abord, au début de la semaine, l’office de la statistique Abares en Australie a publié une nouvelle estimation de la récolte de blé dans ce pays à 31,17 millions de tonnes. Une hausse de plus de 2 millions de tonnes par rapport à l’estimation de septembre. Cela vient confirmer le net rebond de la récolte australienne après l’effondrement de l’an passé (15,2 millions de tonnes) d’une part. D’autre part, le fait que la récolte dépasse nettement le niveau de 30 millions de tonnes est venu peser sur les prix. Il n’est pas certain toutefois que les disponibilités additionnelles puissent être exportées, car le programme d’exportation prévu au départ du pays est déjà très costaud.
  • En fin de semaine, StatCan au Canada a publié une estimation de la récolte de blé du pays à 35,2 millions de tonnes, en hausse de presque 8 % par rapport à l’an passé. Pas de surprise mais la confirmation d’une bonne récolte.
  • Enfin, la Russie a de nouveau animé le marché en mentionnant une possible remontée du quota précédemment annoncé pour les exportations du 15 février à la fin de juin de 15 à 17,5 millions de tonnes de céréales. Cette mesure n’est cependant pas encore validée pour l’instant.

En tout cas, l’ensemble de ces facteurs a pesé sur les prix à Chicago et sur le marché physique aux USA où les blés SRW (basse qualité meunière) ont abandonné 5 $/t Fob Gulf.

En parallèle, les blés russes à 12,5 % de protéines ont abandonné 1 $/t Fob Russie, à 255 $/t. Il ne s’agit pas d’un effondrement, loin de là, mais d’une stabilisation, voire d’une petite baisse modérée depuis quelques semaines dans ce pays en raison d’une volonté accrue de vente de la part des détenteurs de blé.

L’euro fait chuter les prix du blé français

Le marché du blé français suit donc à la baisse avec des prix qui perdent 5 €/t à Rouen (203,75 €/t rendu Rouen en base juillet) et 7,5 €/t sur l’échéance de décembre du Matif.

La baisse des prix français est en fait surtout due à la nouvelle montée de l’euro face au dollar, dans la perspective d’un fort soutien de la Fed à l’économie américaine. L’euro vaut 1,215 dollar ce 4 décembre 2020 contre 1,19 vendredi 27 novembre dernier.

Avec ce taux de change, les blés français, malgré la chute de leur prix en euros, voient leur prix rester stables sur le marché mondial à 258 $/t.

En dehors de l’aspect monétaire, les blés français résistent donc et perdent doucement en compétitivité par rapport aux blés de la mer Noire.

L’activité sur le marché mondial reste dynamique avec de nombreux achats encore par les pays asiatiques (Corée, Vietnam, Thaïlande) et un nouvel achat de l’Égypte de 170 000 tonnes (dont 110 000 de la Russie et 60 000 tonnes de l’Ukraine) pour chargement à la fin de janvier et au début de février.

L’orge continue de s’effriter

L’orge française fourragère de la récolte de 2020 a poursuivi cette semaine la baisse enclenchée la semaine dernière (–6,5 €/t à Rouen à 190,25 €/t en base juillet). Comme pour le blé, la hausse de l’euro face au dollar constitue une des principales explications à cette évolution.

Néanmoins, il est possible que la concurrence australienne ait également joué un rôle : les prix australiens ont perdu 4 $/t cette semaine alors que la récole d’orge du pays a été revue en hausse à presque 12 millions de tonnes contre 11,2 millions dans l’estimation de septembre (9 millions de tonnes en 2019).

Dans le même temps, les prix ukrainiens ont au contraire gagné 10 $/t, à 235 $/t Fob pour les exportations vers la Chine. Ils se rapprochent désormais des prix français (240 $/t Fob Rouen), ce qui signifie que les disponibilités s’amenuisent beaucoup en Ukraine. Cela apparaît comme un facteur de soutien potentiel du prix des orges françaises à moyen terme.

L’Algérie et la Jordanie sont en cours d’achat actuellement.

Sur le créneau brassicole, les prix suivent le mouvement et s’affaissent aussi légèrement de 1 €/t en récolte de 2020 (à 206 et 209 €/t Fob Creil en base juillet pour les orges d’hiver et de printemps) et de 2 à 3 €/t en récolte de 2021 (à 195 et 200 €/t Fob Creil en base juillet).

Le maïs perd aussi du terrain

Les prix du maïs abandonnent 6,5 €/t cette semaine Fob Rhin à 198,5 €/t (base juillet) et 4 €/t sur la façade atlantique à 195,25 €/t Fob (base juillet).

Malgré cet affaissement, le maïs français reste stable sur le marché mondial à 242 $/t Fob Bordeaux en raison de la forte hausse de l’euro face au dollar.

Dans le même temps, les prix s’affaissent aux USA et en Ukraine avec la progression des récoltes et le retour des pluies en Amérique du Sud.

Néanmoins, la baisse du dollar et une vague d’achats importants de la part de pays asiatiques (Corée notamment) sont venues stopper cette tendance de baisse à la fin de la semaine.

Arrêt de la hausse des prix en soja

Après les fortes hausses des dernières semaines, le prix de la graine de soja s’est affaissé cette semaine avec l’arrivée de pluies en Amérique du Sud.

Les prix ont abandonné 11 $/t à Chicago sur le rapproché, à 429 $/t. Nous maintenons ainsi notre prévision de la récolte brésilienne en 2021 à 129,5 millions de tonnes, soit une hausse de 2,5 % par rapport à la récolte de 2020.

La hausse attendue, à la suite d’une augmentation des surfaces, devrait quand même être modérée par une petite chute des rendements liée à la sécheresse des semaines précédentes. Cette production garde toutefois un potentiel de baisse dans l’extrême sud où le déficit hydrique reste défavorable à l’implantation et au développement des semis.

Ailleurs et notamment dans le Mato Grosso qui est le principal état producteur, les conditions se sont améliorées récemment ce qui a permis de combler le retard de semis accumulé depuis le début de la campagne (les semis y sont désormais presque achevés). À la fin de novembre, 81 % des surfaces prévues étaient déjà emblavées au niveau national contre 79 % l’an passé, selon une source locale.

Le soja dispose généralement d’une assez bonne résilience face aux conditions adverses durant la phase précoce du cycle, mais le rendement est beaucoup plus sensible aux aléas climatiques lors de la floraison et le remplissage des gousses.

Il conviendra donc de suivre de très près la météo dans les semaines à venir. Les prévisions météorologiques semblent indiquer un retour des pluies dans le sud du pays pour les semaines à venir, ce qui pourrait améliorer les perspectives.

À lire aussi : L’hiver est bien arrivé (04/12/2020)

Par ailleurs, les prix déjà élevés – au plus haut depuis 2015/2016 – ont commencé à rationner la demande comme en atteste le ralentissement des achats chinois. Plusieurs sources ont même évoqué des annulations de livraisons pour des chargements initialement prévus en janvier, en raison de l’érosion des marges de trituration et de stocks de fèves conséquents en Chine.

Une situation du soja encore tendue sur le court terme

Malgré ces éléments de stabilisation pour les prix, il ne faut pas perdre de vue que la tension au Brésil demeure extrêmement vive en raison des faibles volumes de l’ancienne récolte restant disponibles.

En Argentine, bien que le bilan apparaisse excédentaire, les quantités de fèves libérées sur le marché mondial pourraient rester assez limitées. Les agriculteurs conservent une bonne partie de leur récolte pour se prémunir de l’inflation galopante à laquelle le pays est confronté.

Les disponibilités sud-américaines restent donc faibles d’ici l’arrivée (février-mars) des nouvelles récoltes et les acheteurs devront à court terme continuer de puiser dans les réserves de soja US pour satisfaire leurs besoins.

Les tourteaux de soja suivent la graine à la baisse

Les cours du tourteau de soja ont suivi aussi le mouvement baissier du soja, en évoluant en baisse de 8 $/t sur la semaine, à 429 $/t sur le marché Chicago.

En France, ils suivent aussi le mouvement et perdent 13 €/t à Montoir (à 417 €/t). Le tourteau de soja garde toutefois une très bonne attractivité en alimentation animale relativement aux céréales et au tourteau de tournesol.

Cela devrait venir limiter la baisse à court terme, d’autant plus que la trituration de soja devrait ralentir au profit du colza, dont les marges de trituration sont tirées vers le haut par le prix de l’huile.

Le pois fourrager, quant à lui, continue de voir son prix grimper : départ Marne, il progresse de nouveau de 3 €/t sur une semaine (à 250 €/t), la demande l’empêchant de s’ajuster tout de suite sur les baisses de prix des tourteaux et du blé.

Les prix du colza continuent de s’effriter légèrement

Les prix du colza français reculent de nouveau cette semaine : ils perdent 6,5 €/t à Rouen à 409,5 €/t et 3 €/t en Fob Moselle à 412,5 €/t. Ils subissent de nouveau la forte appréciation de l’euro (de 1,19 dollar à 1,215 sur la semaine) et reflètent aussi les bonnes conditions pour le développement des cultures de colza qui seront récoltées en 2021.

Malgré tout, avec de bonnes marges pour les triturateurs, la demande en graine de colza reste soutenue dans l’Union européenne. Cela conduira à des importations de colza dans l’UE qui devraient rester fortes, à 5,9 millions de tonnes.

Ces importations ne seront quand même pas aussi élevées que l’an dernier en raison de la chute des disponibilités exportables de l’Ukraine, et en raison aussi de la forte demande en canola canadien sur le marché mondial.

La Chine et d’autres pays émergents sont des acheteurs dynamiques depuis le début de campagne, ce qui limite la nécessité, pour les exportateurs canadiens, de se battre pour trouver des parts de marché sur le marché européen.

D’ailleurs, cette semaine, l’office canadien de la statistique StatCan a publié une nouvelle estimation de la récolte canadienne à 18,7 millions de tonnes, en baisse de 4,5 % par rapport à la récolte de l’an dernier et en baisse de 700 000 tonnes par rapport à la précédente estimation officielle de juillet. Cela a de nouveau poussé les prix canadiens vers le haut (+18 $/t, à 462 $/t).

Ainsi, avec cette forte demande industrielle et un volume disponible pour les importateurs limité dans l’UE, les stocks européens de colza vont chuter d’ici à la fin de la campagne et cela devrait rester un facteur de soutien des prix.

Le tournesol marque aussi le pas

Le tournesol européen a résisté au mouvement général de baisse du complexe oléagineux cette semaine.

Néanmoins, la hausse observée sur les prix français est beaucoup moins marquée que la semaine dernière (+5 €/t seulement au lieu de +30 €/t, à 35 €/t selon la qualité). La qualité oléique se retrouve donc à 500 €/t à Saint-Nazaire et la qualité standard à 515 €/t.

Dans la zone de la mer Noire en revanche, les prix se sont affaissés de 20 $/t, à 575 $/t Fob. À l’heure actuelle, les importateurs chinois montrent en effet moins d’intérêt pour l’huile de tournesol en raison de sa perte de compétitivité.

De même, la demande indienne pour cette huile pourrait diminuer après la récente baisse de la taxe d’importation sur l’huile de palme dans ce pays.

La demande mondiale en huile de tournesol et donc la demande pour la trituration semble donc se calmer un peu.

Tallage

À suivre : prix des blés russes, taux de change euro-dollar, demande mondiale en blé et maïs, achats chinois tous produits, climat en Amérique du Sud (maïs et soja), consommation d’huile végétale.

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