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Les États-Unis font la pluie et le beau temps

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Chargement d’un navire en grains de blé tendre d’hiver. © S. Champion

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Hausse généralisée pour les céréales cette semaine en raison des retards très marqués concernant les semis de printemps aux États-Unis, du maïs en particulier. En colza au contraire, les cours mondiaux chutent, mais la graine française résiste avec la faible production européenne en perspective.
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Hausse généralisée pour les céréales cette semaine en raison des retards très marqués concernant les semis de printemps aux États-Unis, du maïs en particulier. En colza au contraire, les cours mondiaux chutent, mais la graine française résiste avec la faible production européenne en perspective.

Le maïs tire le blé

Le marché des grains est en pleine situation de « weather market » : c’est vraiment l’excès de pluies aux États-Unis qui a, cette semaine encore, fortement influencé les prix. Leur augmentation s’est poursuivie jusqu’au milieu de la semaine à cause des sols gorgés d’eau et des prévisions météo toujours peu encourageantes pour les prochains jours. Le retard des semis de maïs est très important et cela a fait flamber les prix de cette culture sur le marché américain, le maïs entraînant le blé dans son sillage.

Au cours de la semaine, l’effet des inquiétudes climatiques a aussi été renforcé par les supputations concernant un programme d’aides proposées par le gouvernement américain à ses producteurs qui viserait le soja particulièrement. Finalement, hier soir, ce programme a été officiellement annoncé et les aides octroyées ne seront pas fonction des cultures plantées. Elles ne seront donc pas en défaveur du maïs. Le fort mouvement de hausse s’est donc arrêté mais les opérateurs restent en alerte.

Quelques inquiétudes sur le blé

Il fait sec dans l’ouest du Canada et cela risque de nuire au développement des blés nouvellement semés. Il fait sec aussi en Volga, ce qui pourrait modérer légèrement les rendements des variétés d’hiver en Russie qui restent toutefois attendus à un excellent niveau à l’échelle du pays. La prudence doit être de mise quand même pour les perspectives de production de ce pays où les semis de printemps ne sont pas encore terminés.

L’Australie, aussi, est venue ajouter sa note haussière avec les déclarations d’un industriel affirmant qu’il aurait besoin d’importer du blé en provenance du Canada jusqu’à la fin de la campagne, pour des raisons qualitatives, après la récolte désastreuse de 2018. Cela suscite une levée de bouclier des farmers australiens.

L’ensemble de ces facteurs a poussé les prix des blés nouvelle récolte vers le haut cette semaine, le rendu Rouen montant de 4 €/t, à 171,5 €/t, et la Moselle gagnant 2 €/t, à 164,5 €/t. Ces hausses se sont produites de concert avec celles des blés de la zone de la mer Noire (+4 $/t) et surtout américains (+8, à 11 $/t selon les qualités). En France, la progression a été renforcée également par la chute de l’euro proche de 1,11 dollar hier soir. En ancienne récolte en revanche, les prix ont lâché du lest (–1,5 €/t environ, à 174 €/t, rendu Rouen en base juillet) en raison d’une activité très faible.

L’orge suit le mouvement

L’orge de la nouvelle récolte a suivi la tendance du maïs et du blé cette semaine, gagnant 5 €/t rendu Rouen (161,5 €/t) et Fob Moselle (à 151,5 €/t). Avec la baisse de l’euro face au dollar, cela conduit à une augmentation de 4 $/t des orges françaises sur le marché mondial, à 185 $/t Fob Rouen.

Les orges de la zone de la mer Noire, quant à elles, ont vu leur prix rester stable, à 172 $/t et 169 $/t Fob pour les origines ukrainiennes et russes. La moisson s’approche dans cette zone, et la pression de la récolte les laisse à des turbulences mondiales. Au contraire, elle les comprime même vers le bas.

En conséquence, les orges françaises se retrouvent maintenant nettement plus chères que leurs concurrentes, ce qui devrait limiter toute nouvelle hausse à court terme sauf si les prix du maïs continuent de s’échauffer. Les prix français des orges brassicoles ont suivi, avec modération, le mouvement de hausse des variétés fourragères, à 174 €/t Fob Creil pour celles d’hiver (+3 €/t) et 186 €/t pour celles de printemps (+1,5 €/t).

De plus en plus de retard pour les semis américains

Au 20 mai, les semis américains de maïs étaient réalisés à 49 % contre une moyenne de 80 % à cette date pour les cinq dernières campagnes et 78 % l’an dernier. Cet énorme retard a fait s’enflammer les prix américains jusqu’au milieu de la semaine, d’autant plus que des rumeurs s’étaient développées concernant des aides spécifiques qui seraient apportées aux producteurs de soja en compensation de l’absence d’accord avec la Chine. Finalement, comme mentionné ci-dessus, les aides ont bien été confirmées mais elles ne seront pas spécifiques au soja ni à aucune culture.

L’annonce officielle de ce programme d’aide est venue calmer les esprits le maïs américain Fob Gulf se retrouve quand même à 183 $/t, au plus haut tout de même depuis mai 2018. Les prix sud-américains ont suivi mais modérément : +4 $/t au Brésil et +1 $/t en Argentine, à 167 $/t, où la récolte est très importante (+1 $/t en Ukraine, à 172 $/t). Les prix français ont été influencés par ce mouvement (+1,5, à +2,5 €/t) à 152 €/t Fob Rhin et 156,5 €/t Fob Bordeaux pour l’ancienne récolte et 171 €/t pour la nouvelle récolte Fob Bordeaux.

Les perspectives restent pluvieuses aux États-Unis pour la semaine qui arrive si bien qu’il apparaît désormais que le retard ne pourra pas être rattrapé avant les dates limite imposées par les programmes d’assurances ou bien sans que cela n’entraîne de sérieux déboires pour les rendements. Les estimations de la production américaine de maïs vont donc être revues en baisse dans les jours qui viennent. Cela n’est pas forcément très haussier à terme étant donné les disponibilités très importantes de maïs sud-américain. Néanmoins, à court terme, les prix peuvent encore grimper en fonction des possibilités de semis ou pas des deux prochaines semaines.

Le colza résiste à la chute des cours mondiaux

Sur le marché européen, la perspective d’une récolte bien plus basse que l’an dernier est renforcée par les conditions climatiques des dernières semaines, qui n’ont pas été favorables à une bonne floraison. La production est attendue en baisse de plus de 2 millions de tonnes dans l’Union européenne, ce qui a continué de soutenir les prix jusqu’au milieu de la semaine.

Dans un premier temps, le soja a également apporté un soutien aux prix européens, le retard pris dans les semis de printemps se renforçant. Toutefois, vu l’ampleur du retard sur les semis de maïs, la probabilité d’un report de surface bénéficiant au soja (culture pouvant être semée plus tardivement) est de plus en plus probable. Cela a finalement conduit à une chute des cours du soja, renforcée par l’annonce d’un plan d’aide de l’administration Trump à ses agriculteurs, avec une enveloppe de 16 milliards de dollars en grande partie destinée à compenser les pertes de revenus des agriculteurs.

Bien que les détails de ce plan ne soient pas encore connus précisément, cette aide pourrait être liée à la surface semée et à un niveau de rendement historique par comté, découplée des cultures cultivées. Cela favoriserait le soja vu les conditions climatiques actuelles extrêmement humides. Le cours du soja à Chicago a ainsi reculé de 7 $/t cette semaine (échéance de juillet 2019). Toutefois, si les pluies ne s’arrêtent pas rapidement dans le Midwest, elles pourraient empêcher les producteurs d’atteindre leurs intentions de semis, à la fois pour le maïs et pour le soja.

Plus au nord, les semis de canola canadien se déroulent sans dommage, à la faveur d’un temps bien plus sec que chez le voisin américain. Cela, ainsi que l’absence cruelle de demande chinoise, continue de comprimer les cours de la fleur jaune, qui perd 3,5 $/t sur l’ancienne récolte à Vancouver, et 2,5 $/t sur novembre 2019. Dans le même temps, le prix du pétrole a chuté de 8 % sur la semaine. Le prix du baril de pétrole new-yorkais a notamment reculé de 5,7 % jeudi 23 mai, en raison de craintes de plus en plus fortes que les tensions commerciales persistantes entre les États-Unis et la Chine n’affectent la croissance économique mondiale.

Le prix de l’huile de palme a en conséquence chuté de plus de 5 % mais l’huile de colza de moins de 1 % seulement (à Rotterdam). Le cours du colza se maintient en raison de la forte tension qui s’annonce sur le bilan européen de 2019-2020. Le prix du colza à Rouen n’a en effet baissé que de 1 €/t, tandis qu’il augmentait de 0,75 €/t sur Euronext et de 1,5/t en Fob Moselle.

Le tourteau de soja se maintient en Europe

Alors que le tourteau de soja voit son prix chuter de 7 $/t à Chicago, les prix se maintiennent dans l’Union européenne et gagnent même 1 €/t à Montoir. Sur le court terme, les offres argentines sont ralenties par le rythme de production, où la qualité médiocre de la récolte de soja de 2019 (faible taux de protéines) nécessite une amélioration du processus d’extraction des tourteaux, ce qui ralentit l’arrivée des marchandises dans les ports.

Le prix du pois fourrager augmente encore davantage sur la nouvelle campagne (+8 €/t pour le pois fourrager départ Eure-et-Loir), soutenu par la hausse des prix des tourteaux et du blé.

Les cours du tournesol sont stables

En France, le printemps frais a retardé les semis. Néanmoins, les cultures sont globalement dans de bonnes conditions. Les tournesols de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Hongrie ont bénéficié d’une bonne implantation, et les conditions de développement sont actuellement favorables. Toutefois, avec des rendements attendus en baisse, dans l’Union européenne comme dans la zone de la mer Noire, la perspective de récolte en 2019 est pour l’instant inférieure à celle, excellente, de l’an passé. Dans l’attente des phases cruciales de mise en place du rendement, les prix sont reconduits, à Saint-Nazaire tout comme au départ de la mer Noire.

Tallage

À suivre : semis de printemps aux États-Unis, conditions climatiques en Europe et mer Noire (blé, colza, tournesol), conflits commerciaux, développement de la peste porcine africaine.

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