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Les cours du blé et de l’orge toujours au plus haut 

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Le stockage est l’un des comportements les plus partagés d’un bout à l’autre de la planète. ©S.Champion

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les prix des céréales à paille grimpent encore nettement cette semaine ; le soja et les tourteaux de soja s’enflamment et viennent stopper l’effondrement du colza.
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Les prix des céréales à paille grimpent encore nettement cette semaine ; le soja et les tourteaux de soja s’enflamment et viennent stopper l’effondrement du colza.

Coronavirus : stockage à tout va

Face aux mesures de confinement qui touchent maintenant plus d’un tiers de la population mondiale, le stockage est l’un des comportements les plus partagés d’un bout à l’autre de la planète.

Stockage individuel : que ce soit en Russie, en France ou en Italie un peu plus tôt, les étals des supermarchés se sont vidés de plusieurs produits, presque partout la farine et les pâtes figurent dans la liste des consommateurs. En conséquence, les stocks se vident chez les meuniers qui doivent se dépêcher de produire de nouveau.

Même phénomène pour les éleveurs qui se sont tournés massivement vers les fabricants pour augmenter de plus de 20 % leurs achats habituels.

Même phénomène aussi à l’échelle des États : le Kazakhstan vient d’annoncer l’arrêt de ses exportations de farine pour maintenir ses stocks et la Russie a déclaré aussi arrêter momentanément ses ventes de produits transformés à base de céréales à partir du 20 mars 2020, pour dix jours. Le Vietnam, quant à lui, a stoppé ses exportations de riz.

Du côté des importateurs, certains pays se ruent vers le marché : c’est le cas de l’Arabie Saoudite qui vient d’acheter de gros volumes d’orge (voir ci-dessous). Mais d’autres pays méditerranéens qui dépendent des importations, comme le Qatar ou l’Irak, annoncent des besoins d’importation plus élevés que ce qui a été prévu ou s’engagent à accroître leurs réserves.

À lire aussi : Viande bovine : « La réorientation des flux n’est pas si évidente » (27/03/2020)

Pas de blocage des transports mais ralentissements

Le stockage individuel est forcément de courte durée : une fois les stocks effectués, les achats vont probablement redescendre.

En Russie, par exemple, les étals se remplissent de nouveau en farine. La constitution de réserves par les grands pays importateurs pourrait affecter le marché plus longuement, le temps que les financements soient trouvés — ce qui est difficile pour plusieurs pays en période de très bas prix du pétrole — et que les importations soient acheminées.

La logistique reste d’ailleurs un point d’achoppement : pas de blocage pour l’instant mais des ralentissements partout dans le monde.

Les fermiers indiens ne savent comment ils vont pouvoir récolter leur blé. Les moissonneuses-batteuses sont parties dans les régions qui ont commencé à récolter (le Gujarat et la Madhya Pradesh par exemple), mais leur retour rapide, assuré par le gouvernement, sera nécessaire pour que la moisson dans les gros États producteurs, comme le Punjab, puisse se dérouler correctement.

En Argentine, les syndicats de travailleurs portuaires ont demandé au gouvernement de suspendre l’activité dans certains ports à cause du développement de la pandémie.

Au Brésil, certains responsables locaux veulent appliquer des confinements dans leur région et cela pose de grosses contraintes logistiques pour l’écoulement de la récolte de soja, en cours.

En France, la circulation des grains se poursuit mais elle est ralentie par la disponibilité en camions et trains.

Le blé s’apprécie encore

Dans ce contexte, les prix du blé ont continué de grimper cette semaine sur le marché français : ils ont gagné 6 €/t à Rouen (à 191,25 €/t en base juillet), soit une progression de 10 $/t sur le marché mondial (à 223 $/t Fob Rouen).

L’euro s’est en effet légèrement raffermi depuis la semaine dernière, renforçant la montée des prix exprimés en dollar. À noter toutefois que les niveaux atteints au milieu de la semaine ont stoppé certains acheteurs d’une part, et que les fonds ont profité des pics du mercredi 25 mars 2020 pour vendre une partie de leurs positions. Les prix se sont donc légèrement affaissés à Chicago et sur Euronext, jeudi le 26 mars 2020, mais pour repartir de plus belle ce vendredi 27 mars 2020.

En France, les prix sont poussés vers le haut par les besoins des industriels, qui se retrouvent en compétition avec les exportateurs en train d’approvisionner les ports pour des chargements encore importants vers le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie, le Nigéria, l’Égypte, la Chine, le Yémen, l’Italie, le Portugal…

L’Algérie a acheté 240 000 tonnes cette semaine pour chargement d’ici à la fin de juin et la Turquie 175 000 tonnes de blé meunier pour chargement d’ici à la fin d’avril. L’achat algérien a toutes les chances de porter sur des blés français.

Le Maroc, quant à lui, vient de repousser jusqu’au 15 juin 2020 les taxes à l’importation en raison de ses stocks faibles d’une part et de la sécheresse en cours qui va toucher la récolte à venir. Une partie de la demande additionnelle du Maroc devra être approvisionnée par la France : au début de la semaine, les blés français apparaissaient chers par rapport aux blés de la mer Noire, mais l’écart s’est rétréci ces derniers jours.

En effet, la flambée des prix intérieurs sur le marché russe et les inquiétudes concernant des limitations éventuelles d’exportation ont fini par faire nettement remonter les prix russes sur le marché mondial. Cela contribue aussi à faire repartir les prix français à la hausse.

L’orge fourragère poursuit sa tendance haussière…

La cotation du rendu Rouen a gagné 6 €/t cette semaine pour atteindre 167,25 €/t (base juillet). Les cotations d’orge fourragère se sont donc de nouveau nettement renchéries cette semaine, mais de manière moins prononcée que la semaine dernière (+17 €/t au cours de la semaine 12).

L’Arabie Saoudite a finalement acheté 1,2 million de tonnes d’orge, soit 500 000 tonnes de plus que ce qui était prévu par l’appel d’offres. Il est assez rare que l’Arabie dépasse le volume préalablement annoncé. Cela souligne la volonté du royaume de sécuriser ses stocks. D’un autre côté, il est possible que l’Arabie Saoudite ait annoncé un volume inférieur à ses intentions dans le but de minimiser la hausse des prix qui lui seraient offerts. En effet, les volumes des achats saoudiens sont si importants qu’ils sont presque toujours accompagnés d’une hausse des cours mondiaux.

La hausse des prix français résulte également des difficultés logistiques que le pays doit affronter en pleine pandémie. Les bateaux manquent, tout comme les camions (manque de conducteurs), alors même que le planning des exportations est chargé. Actuellement, les ports français chargent 69 000 tonnes d’orge vers le Maroc et 78 000 tonnes vers l’Arabie Saoudite. Les exportations vers l’Afrique du Nord se dynamisent enfin, et les conditions sèches dans cette région du monde depuis plusieurs mois pourraient engendrer un besoin d’importations plus important (même si quelques pluies bénéfiques ont fait leur apparition, le mal est en partie fait).

… mais l’orge brassicole capitule

Sur le créneau brassicole, l’orge de printemps nouvelle campagne est cotée à 170 €/t et celle d’hiver à 164 €/t. Les orges de brasserie ont ainsi cédé respectivement 4 €/t et 3 €/t depuis la semaine dernière.

La baisse des cours brassicoles découle surtout de la très bonne avancée des semis d’orge de printemps en France. En effet, le retard évoqué ces dernières semaines s’est fort bien rattrapé à la faveur d’une météo qui est enfin devenue l’alliée des céréaliers. La baisse des cours pourrait se prolonger dans les semaines à venir dans la mesure où le confinement modifie les modes de consommation et que le secteur de la bière pourrait en pâtir. D’autre part, les fondamentaux du bilan européen d’orge de brasserie, militent également pour une baisse des prix.

Le maïs entre deux feux

Les prix du maïs ne varient pas beaucoup sur le marché intérieur (–1 €/t Fob Rhin, à 164 €/t en base juillet) et ils augmentent légèrement sur le marché mondial (+7 $/t aux USA et +4 $/t au départ de l’Ukraine ou de l’Argentine).

Le maïs est soutenu par le blé et le soja et par une demande animale élevée. Mais, parallèlement, il souffre fortement, surtout aux USA, de l’effondrement des marges des éthanoliers et de la compétition du pétrole. La rentabilité de l’éthanol a tellement chuté que les éthanoliers brésiliens sont en train de revendre le maïs qu’ils avaient contracté à l’avance pour le racheter plus tard quand la nouvelle récolte brésilienne sera arrivée.

En Europe, nous estimons que la demande en bioéthanol va chuter de 8 à 10 % pour la période de mars à mai et que cela pourra entraîner une chute de 2 % pour l’ensemble de la campagne de 2019-2020 par rapport à ce qui était prévu initialement.

Le marché des huiles hésite

Les gros déboires du secteur des biocarburants affectent aussi le biodiesel. Comme pour l’éthanol, nous tablons sur une chute proche de 8 à 10 % de la demande sur les mois en cours dans l’UE.

Par ailleurs, la mise en place du confinement en Inde suscite des inquiétudes sur l’aptitude de ce pays à s’approvisionner normalement en huiles végétales au cours des prochaines semaines.

Cette situation continue de faire baisser le prix de l’huile de colza qui perd 5 % encore cette semaine mais le prix de l’huile de palme remonte. En effet, la propagation du coronavirus en Malaisie fait craindre la fermeture de certaines palmeraies et l’huile de palme s’apprécie de 5 % cette semaine malgré l’effondrement de la demande en biodiesel et la crise indienne.

La palme au tourteau de soja

Après sa stabilisation la semaine dernière, le prix du soja augmente franchement cette semaine. Le soja gagne 13 $/t à Chicago (à 326 $/t) sous l’effet de la remontée du prix de l’huile de palme et des inquiétudes provenant de l’Amérique du Sud.

Les perturbations logistiques au Brésil et en Argentine pourraient encourager plusieurs importateurs, dont la Chine, à favoriser l’origine US à court terme. Le soja est surtout porté par son tourteau qui gagne 14 $/t à Chicago cette semaine et 40 €/t à Montoir.

L’approvisionnement français est affecté par les problèmes sud-américains mais aussi par une très forte demande liée à l’explosion des commandes qui ont été faites aux fabricants d’aliments du bétail. La marchandise d’importation manque et cela vient, dans l’Hexagone, rajouter de la hausse sur un marché déjà poussé vers le haut par la situation des exportateurs américains et la baisse aussi de la production de drêches.

Le colza français suit le soja

Dans ce contexte, le prix du colza ne varie guère cette semaine : il est tiraillé entre la poursuite de la baisse de son huile et la hausse du prix des graines de soja.

Le colza Fob Moselle se situe ainsi à 353 €/t, en hausse de 5 €/t. Le colza a perdu de la demande au cours des semaines écoulées et sa situation s’annonce maintenant bien confortable dans l’UE, que ce soit pour cette campagne ou la prochaine.

Le tournesol, quant à lui, est nettement poussé par le soja et gagne 5 €/t, à 325 €/t rendu Saint-Nazaire.

Tallage

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