S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Les cours continuent de grimper

réservé aux abonnés

 -
La première estimation de la récolte par Agreste a été l’information la plus marquante pour le marché français cette semaine ©C.Faimali

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les achats chinois et la chute de la récolte soutiennent les prix des céréales à paille. Le colza grimpe aussi à la suite du soja et de la faible récolte UE.
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
5%

Vous avez parcouru 5% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Les achats chinois et la chute de la récolte soutiennent les prix des céréales à paille. Le colza grimpe aussi à la suite du soja et de la faible récolte UE.

Blé, le ministère réduit encore la surface française

La première estimation de la récolte de blé par le ministère de l’agriculture (Agreste) a été l’information la plus marquante pour le marché du blé français cette semaine.

À 31,3 millions de tonnes, ce chiffre affiche une forte baisse de la récolte par rapport à l’an passé (-21 %). La baisse était attendue à cause des excès d’humidité à l’automne puis des coups de sécheresse du printemps, mais elle n’était pas prévue tout à fait aussi forte (nous prévoyions de notre côté une chute de 18 %).

En fait, le ministère a de nouveau fortement réduit les surfaces après avoir pris en compte les déclarations Pac et cela fait perdre presque 1 million de tonnes à la production prévue. Le rendement, lui, chute de 10 %, à 71 q/ha.

Il est possible que quelques corrections soient encore apportées à la surface (le total cultivé selon les chiffres d’Agreste apparaît en effet extrêmement faible dans certaines régions, comme le Centre) et que le rendement remonte légèrement en fonction des poids de mille grains. Dans ce cas, l’estimation de la récolte (qui était réalisée à 10 % au 6 juillet selon Céré’Obs) va encore bouger, peut-être en hausse, mais un net effondrement par rapport à l’an passé n’est plus à remettre en question. FranceAgriMer l’a pris en compte dans son premier bilan 2020/2021 cette semaine.

Des dégradations aussi à l’étranger

Ailleurs qu’en France, les résultats confirment des dégradations importantes dans le sud-est de l’Union Européenne (UE) d’une part, mais les perspectives diminuent aussi en Argentine où le temps sec a limité les semis.

Après la bourse de Buenos Aires la semaine dernière, c’est celle de Rosario qui réduit sa prévision cette semaine. La production argentine aura du mal à dépasser largement les 20 millions de tonnes alors que nous l’attendions à près de 22 millions de tonnes il y a un mois.

Cette situation de sec en Argentine fait redoubler l’attention des opérateurs envers la météo à venir, avec une probabilité de 50 à 55 % de voir le phénomène La Nina se développer cet automne, voire perdurer jusqu’au début de 2021. Tout reste ouvert avec ce genre de probabilité et même si La Nina s’installe, son impact négatif sur les cultures sud-américaines dépendra de sa force.

Néanmoins, des inquiétudes émergent même si au contraire, ce phénomène devrait s’avérer positif pour la récolte australienne qui s’annonce, elle, en forte hausse par rapport à l’an passé.

Ailleurs, encore, avec la poursuite des moissons, les estimations de récolte sont revues plutôt en baisse en Russie, autour de 78 millions de tonnes, la perspective des 80 millions de tonnes s’éloignant.

L’ensemble de ces éléments a soutenu les prix sur le marché mondial du blé cette semaine, et la hausse des prix du maïs et de l’orge a aussi renforcé le mouvement du blé. Rendu Rouen, ce dernier a gagné 8 €/t depuis vendredi dernier à 188,5 €/t en base juillet, suivant Euronext qui s’affiche en milieu d’après-midi ce vendredi 10 juillet 2020 à 189,25 €/t (+7,5 €/t en une semaine).

En dollar, les blés français se sont appréciés de 5 % (+10 $/t), la hausse de l’euro face au dollar sur la semaine renforçant cette appréciation. Ils ont grimpé de concert avec les blés russes, ukrainiens et US. Les blés français restent quand même chers par rapport à leurs concurrents (+14 $/t par rapport aux blés russes) et cela leur est défavorable.

L’Égypte vient ainsi d’acheter 230 000 tonnes de blé russe cette semaine à un prix voisin de 205 $/t Fob alors que l’offre de blé français se situait entre 218 et 219 $/t Fob. Malgré ce handicap compétitif, les prix français sont poussés pour l’instant par les déboires quantitatifs du millésime 2020 et des achats en cours de blé français de la part de la Chine.

La Jordanie a acheté aussi cette semaine 60 000 tonnes de blé optionnel, la Thaïlande, la Syrie et les Philippines sont également aux achats. À noter toutefois que les opérateurs restaient ce vendredi 1à juillet 2020 après-midi dans l’attente du rapport du ministère américain de l’agriculture (USDA) à paraître ce soir pour voir si ce dernier confirmerait ou non les révisions en baisse des récoltes mentionnées ci-dessus.

L’orge et le maïs montent aussi

L’orge fourragère a gagné 3 à 4 €/t cette semaine, à 165 €/t rendu Rouen (elle a grimpé de 8 €/t jusqu’à mercredi, à 170 €/t, avant de reperdre 5 €/t en fin de semaine). Elle est soutenue par les très gros chargements à destination de la Chine qui ont lieu depuis le début juillet, soir plus de 500 000 tonnes. Elle est également soutenue par la confirmation, par Agreste d’une récolte en baisse à 12,3 millions de tonnes, soit -10 % par rapport à l’an dernier. La récolte était avancée aux deux tiers en début de semaine.

Sur le marché mondial, les orges françaises ont gagné 4 $/t à 192 $/t ; Comme déjà mentionné les semaines précédentes, elles étaient jusqu’à maintenant nettement plus chères (de presque 20 $/t) que les orges de la mer Noire (174,5 $/t Fob).

Néanmoins, avec le développement de ventes possibles d’orge ukrainienne à la Chine à partir d’août, on observe cette semaine un renchérissement des orges ukrainiennes dont le prix grimpe de 10 $/t, proche de 185 $/t. Ce sont donc les prix de la mer Noire qui semblent en train de se rapprocher de ceux de la France.

Toutefois, en fonction des bonnes récoltes prévues en Australie et de la remontée des perspectives au Canada, la concurrence mondiale continue de s’annoncer très rude, à partir de la fin de l’année 2020 surtout.

Sur le segment brassicole, sous le poids de surplus prévus en orge de printemps et d’une demande encore ralentie, les prix s’affaissent légèrement cette semaine : -1 €/t environ à 165 et 175 €/t respectivement Fob Creil pour les orges d’hiver et les orges de printemps.

Avec la fin de campagne et la réduction des disponibilités, les prix français du maïs augmentent encore cette semaine de 5 €/t Fob Rhin à 170 €/t et de 7,5 €/t sur la façade atlantique à 169 €/t Fob Bordeaux (base juillet). Ce mouvement accompagne aussi la nouvelle hausse des prix mondiaux cette semaine (+3 $/t pour les prix US) en raison principalement d’un temps qui s’annonce sec et chaud sur les prochains jours aux États-Unis (USA), en pleine période de pollinisation.

Le marché attend le rapport USDA de ce soir qui devrait entériner la révision en baisse, par rapport aux premières estimations, des surfaces pour la récolte US 2020. Mais le rapport devrait également prendre en compte les stocks très élevés aux USA au 1er juin 2020.

La reprise de la demande mondiale soutient les prix des huiles végétales

À la suite de la levée des mesures de confinement dans plusieurs pays dans le monde, la demande en huiles pour le secteur alimentaire et celui de biodiesel a nettement augmenté.

Le prix d’huile de palme malaisien a grimpé de 11 $/t sur la semaine, soutenu par une bonne demande à l’exportation confirmée par les chiffres du mois de juin du MPOB (Malaysian Palm Oil Board). Les ventes à l’étranger ont été en hausse de 25 % par rapport au mois de mai réduisant ainsi les stocks de 6,3 % sur un mois à seulement 1,9 million de tonnes.

L’huile de soja a continué sa progression dans le sillage de l’huile de palme et de la graine de soja.

Signalons que les importations de l’Inde en huiles de soja et de palme étaient en nette hausse de respectivement 49 % et 30 % sur le mois de juin par rapport au mois précédent.

À l’inverse, le prix de l’huile de tournesol en mer Noire a reculé en raison d’un ralentissement de la demande mondiale et le prix européen a suivi (il avait atteint fin juin un plus haut depuis janvier).

En Europe, l’huile de colza a légèrement baissé depuis la semaine dernière principalement en raison du renforcement de l’euro face au dollar US.

Le colza français poursuit la hausse

Depuis la semaine dernière, les cours du colza en France ont nettement progressé, soutenus par la faible récolte attendue en France et dans l’UE. Ils gagnent 8,5 €/t en rendu Rouen à 376,5 €/t, et 7 €/t en fob Moselle à 386 €/t. Sur Euronext, le prix était en hausse de 7,3 €/t à 385,25 €/t.

Agreste a publié le 7 juillet 2020 ses dernières estimations de surface et des rendements de colza en France. Les rendements ont été revus en baisse à 30,3 q/ha, confirmant ainsi le faible potentiel de la récolte 2020. Cette dernière est maintenant estimée à 3,37 millions de tonnes, en baisse de 3,7 % sur une année d’après la même source.

Au niveau européen, nous prévoyons la production de colza au plus bas depuis 2006, en baisse de 2,8 % sur une année.

Au Canada, le prix du canola augmente de 5,3 $/t à 356,5 $/t dans le sillage du soja US et aussi en raison du renforcement du dollar canadien face au dollar US.

Le prix du tournesol a également gagné du terrain (+8,5 €/t à 343,5 €/t). Malgré les bonnes perspectives de la nouvelle récolte, les marges de trituration très attractives incitent la demande industrielle en nouvelle campagne. En mer Noire, le prix fob moyen est resté statique à 410 $/t avec le ralentissement des affaires. Cependant, le prix intérieur ukrainien continue de progresser en raison des faibles stocks de fin de campagne.

Le soja US soutenu par des prévisions météo inquiétantes

En soja, les conditions climatiques aux USA ont été le principal facteur clé de l’évolution du prix. Le mauvais temps enregistré dans le Midwest a tiré les cours vers le haut en début de semaine.

Les cours ont ensuite reculé en raison du maintien par l’USDA du taux des cultures se développant dans des conditions bonnes à excellentes. Des nouvelles prévisions météorologiques anticipant un temps sec et chaud jusqu’à la fin du mois en cours dans les principales zones de production ont de nouveau fait remonter les cours ce jeudi.

D’autre part, les ventes hebdomadaires de soja pour la semaine se terminant le 2 juillet 2020 sont estimées à 1,33 Mt, en hausse de 60 % par rapport à la moyenne des quatre dernières semaines. Ce volume était plutôt dans la fourchette haute des attentes des opérateurs et a donc apporté un soutien supplémentaire aux cours.

Ces derniers terminent donc la semaine sur une note positive (+2,2 $/t à 330 $/t à CBOT) dans l’attente du rapport mensuel de l’USDA sur l’offre et la demande agricole qui sera publié ce soir.

Les prix du tourteau de soja sont en hausse de 1,8 $/t à Chicago à 325 $/t dans le sillage de la graine. Le tourteau français progresse plus fortement (+5 $/t à 335 $/t à Montoir) profitant de la hausse des cours des céréales fourragères.

Tallage

> À suivre : résultat des récoltes de l’hémisphère Nord, climat dans l’hémisphère Sud, conditions climatiques aux USA, évolution de la pandémie, parité euro/dollar.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Indisponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER