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Céréales et oléagineux voient leurs cours augmenter cette semaine. © Cédric Faimali

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les prix des céréales et des oléagineux augmentent cette semaine sous l’effet, entre autres, des achats chinois et saoudiens et d’une forte demande en huile végétale.
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Les prix des céréales et des oléagineux augmentent cette semaine sous l’effet, entre autres, des achats chinois et saoudiens et d’une forte demande en huile végétale.

La hausse reprend en blé

Les prix du blé ont regagné 1,5 €/t cette semaine sur le marché français, à 210,5 €/t rendu Rouen en base juillet, ce qui les conduit à 258 $/t Fob sur le marché mondial. L’échéance décembre d’Euronext, à 211 €/t en milieu d’après-midi vendredi, a évolué de la même manière. Les prix ont oscillé autour des 210 €/t, limités par la nouvelle progression de l’euro face au dollar et par l’arrêt de la montée des prix russes mais soutenus par la demande à l’exportation.

Les prix russes se stabilisent

Les prix russes plafonnent entre 255 et 260 $/t Fob pour des taux de protéine à 12,5 % alors que les prix des blés ukrainiens s’affaissent même légèrement cette semaine à 253 $/t Fob. En Russie, les utilisateurs intérieurs (fabricants d’aliments et meuniers notamment) sont très mécontents de la mesure prise la semaine dernière par le gouvernement de limiter les exportations de grains à 15 millions de tonnes de février à juin. Ils réclament des mesures plus fortes qui soient capables de faire baisser les prix intérieurs, et notamment des taxes à l’export. Face à leurs plaintes, le gouvernement serait en train de réfléchir non pas à des taxes mais à des subventions directes qui pourraient être données aux meuniers.

En tous cas, quelle que soit la décision prise, le débat russe actuel pousse les agriculteurs à vendre, dans la crainte que les prix diminuent plus tard. Comme la Russie a constitué un des facteurs ayant alimenté la hausse des prix sur le marché du blé ces derniers mois, la stabilisation des prix russes agit pour l’instant comme un élément modérateur. L’arrivée de la récolte australienne exerce le même impact (20 % des surfaces étaient moissonnées en début de semaine).

Bonne demande à l’exportation pour les blés français

Les prix français ne peuvent pas fléchir : les blés français sont moins chers que les blés allemands et ils sont encore légèrement moins chers que les blés argentins à destination de l’Afrique du Nord, ce qui soutient la demande qui leur est adressée. Par ailleurs, la demande chinoise reste importante et la performance de la France vers cette destination est partie pour dépasser allègrement les 2 millions de tonnes, même si les flux de la seconde moitié de campagne vers cette destination diminuent par rapport à ceux de la première moitié de campagne (un peu plus de 1,5 millions de tonnes). Par ailleurs, le blé a gagné en attractivité dans les aliments du bétail au cours des dernières semaines aux dépens de l’orge et du maïs et cela est aussi un facteur de soutien à court terme.

Les prix de l’orge grimpent

L’orge fourragère grimpe aussi de 1,5 €/t cette semaine, à 198,5 €/t rendu Rouen. Elle vaut donc maintenant 244 $/t Fob, soit toujours 20 $/t de plus que l’orge ukrainienne exportée vers la Chine. L’ensemble des origines mondiales d’orge a gagné entre 3 et 7 $/t cette semaine sous la poussée des achats saoudiens, avec la persistance, en parallèle, d’un besoin élevé en Chine.

L’Arabie vient de contracter 730 000 tonnes pour chargement sur janvier et février. Compte tenu des prix pratiqués et des sociétés qui ont remporté l’appel d’offres, il apparaît qu’une large part de cet achat sera servie par des orges australiennes. Ces dernières, qui valent 35 $/t de moins que les orges françaises, se sont donc positionnées de sorte de capter la demande du Proche-Orient pour remplacer le débouché perdu en Chine (taxation des orges australiennes par la Chine). La Thaïlande a acheté aussi des orges australiennes (34 000 tonnes) et la Jordanie a acheté 60 000 tonnes d’orges optionnelles. Par ailleurs, le Qatar et la Jordanie sont sur le marché (de nouveau pour la Jordanie) pour des volumes de 100 et 120 000 tonnes respectivement.

Montée encore plus forte pour les orges brassicoles

Malgré la forte présence australienne hors de la Chine, alors que la France n’exportera sans doute pas un kilogramme vers l’Arabie cette année, les prix français restent très soutenus par les besoins chinois face auxquels l’Ukraine n’a plus grand chose à exporter. La France, l’Argentine et le Canada vont devoir mobiliser toutes leurs disponibilités face à cette demande chinoise qui soutient aussi les prix brassicoles. Ces derniers gagnent 11 €/t cette semaine à 205 et 208 €/t respectivement pour les orges d’hiver et de printemps Fob Creil (base juillet). L’effet « exportation » l’emporte largement pour le créneau brassicole sur la morosité de la demande intérieure liée au coronavirus.

Bientôt un contrat à terme en orge ?

La reconfiguration du marché mondial suite à l’appétit chinois — appétit excluant l’Australie toutefois — conduit donc plusieurs destinations à se couvrir. Dans ce contexte il est intéressant de noter l’espoir affiché par Euronext cette semaine de pouvoir lancer un contrat à terme pour les orges fourragères (et pour le blé dur) dans la seconde moitié de 2021. Ces contrats seront à règlement en numéraire (contrairement au contrat Blé qui offre une livraison physique) sur la base d’un prix de référence.

Les maïs importés peu attractifs

La récolte de maïs touche à sa fin en France et les prix continuent de s’élever en lien avec l’évolution du marché mondial. Cette semaine, le maïs a gagné 3 €/t Fob Rhin, à 205 €/t et 1,5 €/t Fob Atlantique à 199,25 €/t (base juillet). Dans le même temps, les maïs US ont continué de s’apprécier (+ 10 $/t) après de nouveaux achats de la Chine en début de semaine (environ 700 000 tonnes). Les maïs brésiliens ont suivi le même mouvement (+ 11 $/t). Les maïs ukrainiens, en revanche, se sont stabilisés. Leur prix avait monté beaucoup plus rapidement que celui des maïs US et cela les a conduits à perdre de la demande en Asie et autour de la Méditerranée.

L’Union européenne va désormais représenter la plus grande destination des maïs ukrainiens. Or, ces derniers sont actuellement chers par rapport aux maïs français acheminés par camion vers l’Espagne. Ils sont aussi légèrement plus chers (de 5 $/t environ) aux maïs français de l’est du pays exportés vers le nord de l’Union européenne. Cette situation soutient à la fois les prix français et limite la hausse des prix de la mer Noire.

Les prix du colza et des huiles continuent de grimper

Il semble difficile aujourd’hui de trouver dans le marché un quelconque élément baissier pour les prix du colza. Alors que les prix des huiles s’envolent et que ceux du biodiesel continuent d’augmenter, le colza suit dans leurs sillages. Le colza gagne encore 7 €/t cette semaine, que ce soit rendu Rouen (à 419 €/t le 19 novembre) et en Fob Moselle (à 418 €/t). Ainsi, le record de l’hiver dernier vient d’être battu.

Les prix du pétrole sont en hausse cette semaine, ceux du biodiesel ont suivi : conséquence d’un optimisme général des marchés après l’annonce de plusieurs projets de vaccins contre la covid-19 dans leurs derniers stades de développement. Le biodiesel à base d’huile de colza (FAME -10) a vu son prix augmenter d’autant plus que sa consommation est forte durant les mois d’hiver. De plus, la France devrait restreindre très fortement dès le 1er janvier 2021 l’usage de l’huile de soja dans la production de biodiesel, alors que celui d’huile de palme est déjà interdite. D’autres pays envisagent également de fortes limitations d’utilisation des huiles de palme et de soja dans le biodiesel issu de matières agricoles à court ou moyen terme. Cela devrait booster la consommation d’huile de colza à court terme. Ainsi le prix de l’huile de colza grimpe de 35 $/t à 935 $/t à Rotterdam.

Forte hausse du prix du tournesol

Le prix de l’huile de tournesol a encore augmenté de 90 $/t cette semaine, pour atteindre le record de 1205 $/t à Rotterdam. La tension sur le marché mondial de l’huile de tournesol est due aux récoltes décevantes de cette année en Europe et en mer Noire. De plus, la demande des pays émergents est très forte. L’huile de tournesol est particulièrement consommée à domicile. Cette tendance est singulièrement soutenue à l’heure actuelle. En effet, les mesures sanitaires entrainant des fermetures de restaurants dans de nombreux pays limitent fortement la fréquentation de la restauration hors domicile (qui privilégie l’huile de palme).

L’huile de palme est donc moins demandée par les acheteurs aujourd’hui, mais la production chute de manière importante en Malaisie, en raison de la pénurie de salariés agricoles. Ces derniers, provenant pour majorité des pays voisins, ne peuvent se déplacer suite aux restrictions de circulation imposées par le gouvernement malaisien. Le prix de l’huile de palme a ainsi encore augmenté cette semaine (+55 $/t à Rotterdam). Cela soutient aussi le cours de l’huile de tournesol, et par ricochet, le prix de la graine. Le tournesol oléique voit son prix se rehausser de 30 €/t cette semaine à Saint-Nazaire à 460 €/t. Le tournesol standard gagne 35 €/t pour grimper à 480 €/t. Il faut remonter à 2013 pour retrouver des niveaux de prix aussi élevés !

L’embellie se poursuit pour le soja

L’huile de soja bénéficie, comme l’huile de tournesol, d’une forte hausse de la consommation à domicile à l’heure actuelle. De plus, la demande en huile de soja est très forte au Brésil, où la consommation de biodiesel augmente avec les obligations d’incorporation et les très faibles disponibilités locales. Le gouvernement brésilien vient d’autoriser pour la première fois le 18 novembre dernier l’importation de matières premières dans le but de produire du biodiesel.

Jusqu’ici, les importations d’huile de soja étaient cantonnées à l’industrie agro-alimentaire. Cela a entrainé une inflation du prix de l’huile de soja argentine. En effet, la demande des acheteurs brésiliens en huile argentine est d’ores et déjà très soutenue. Cela profite au prix du soja sur le marché mondial. Ainsi, le prix du soja à Chicago est en hausse de 12 $/t sur le rapproché à 433 $/t, alors que la demande en soja US s’est un peu tassée cette semaine. Aucun achat de plus de 120 000 tonnes n’a été rapporté par les autorités des États-Unis sur les 7 derniers jours.

Le climat sud-américain a aussi été un facteur de soutien pour le soja ces derniers jours. Même si les pluies sont arrivées à temps dans plusieurs régions productrices de soja, notamment en Argentine où les semis sont en cours, ainsi que dans d’autres parties du sous-continent, elles ont été largement insuffisantes dans l’est argentin, en Uruguay, et dans les états brésiliens du Mato Grosso et du Rio Grande do Sul. Les moissons attendues sur le premier semestre 2021 dans ces régions pourraient en être affectées si des précipitations n’arrivent pas rapidement.

Le prix du tourteau de soja en France s’est lui plutôt tassé cette semaine, perdant 2 €/t à Montoir à 425 €/t. Le prix élevé de cette matière riche en protéines a en effet entrainé un désintérêt des acheteurs momentanément. Au contraire, le pois bénéficie d’une grande attractivité dans les rations volailles et porcines. Les fabricants d’aliments plébiscitent cette matière actuellement. En conséquence, son prix augmente de 4 €/t cette semaine départ Marne, à 244 €/t.

Tallage

À suivre : prix des blés russes, compétition France-Argentine en blé, achats chinois toutes céréales, climat en Amérique du sud (soja), dans l’UE et en mer Noire (colza), conditions sanitaires, restrictions de circulation et ouverture des restaurants à l’échelle mondiale (colza, soja, palme, tournesol)

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