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© Agnès Massiot/GFA

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

La demande à l’exportation a de nouveau soutenu les cours en blé et en orge cette semaine et le maïs a suivi. Du côté des oléagineux, le prix du colza recule avec la hausse de l’euro et le ralentissement de l’intérêt du côté du biodiesel.
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La demande à l’exportation a de nouveau soutenu les cours en blé et en orge cette semaine et le maïs a suivi. Du côté des oléagineux, le prix du colza recule avec la hausse de l’euro et le ralentissement de l’intérêt du côté du biodiesel.

L’Égypte achète de nouveau du blé français

Nouvelle hausse cette semaine : les difficultés pour la fin des récoltes de blé de printemps en Amérique du Nord et les dégâts qualitatifs qui en découlent continuent d’inquiéter les opérateurs. Du côté de l’hémisphère Sud, l’Argentine déplore toujours une situation trop sèche dans l’ouest du pays. En Australie, quelques pluies sont arrivées mais les performances ne seront pas bonnes.

Si ces éléments ont soutenu les prix ces derniers jours, c’est surtout vers la demande que l’on peut se tourner pour expliquer les plus grosses variations : l’Égypte vient d’acheter 405 000 tonnes de blé tendre (le 16 octobre 2019), une semaine seulement après son précédent achat. Illustrant la montée du marché, elle a payé un prix supérieur de presque 10 $/t à ce qu’elle avait obtenu lors de son achat précédent (le 8 octobre).

Sur les 405 000 tonnes, un bateau de 60 000 tonnes sera chargé en blé français entre le 21 et le 30 novembre. Sur un autre front, la Turquie continue d’acheter et vient de lancer un appel d’offres pour 190 000 tonnes de blé européen. Ce pays se fournit en blé russe essentiellement mais il arrive aussi qu’il achète des blés européens de haute qualité comme les blés baltes ou les blés polonais (les ventes de blé français à la Turquie restent minimes).

Une demande active sur le marché mondial

Ces deux pays, l’Égypte et la Turquie ont été très actifs sur le marché mondial depuis le début de la campagne et cela explique une partie de la hausse des prix russes. Un autre importateur important vient aussi de lancer un appel d’offres : il s’agit de l’Arabie pour 595 000 tonnes.

Ce pays recherche des blés à teneur en protéines de 12,5 % et sa demande va s’adresser aux blés baltes, allemands et polonais. Les blés russes peuvent, depuis peu, faire partie des origines proposées à l’Arabie depuis que le pays a réduit ses exigences en ce qui concerne le pourcentage de grains punaisés. Néanmoins, vu la compétitivité des blés baltes, la probabilité que les blés russes parviennent à décrocher un gros tonnage en Arabie semble faible actuellement.

Déjà bien engagés vers l’Asie, l’Égypte et la Turquie, les blés russes n’ont pas besoin de cette demande saoudienne de toute façon et devront faire face à un besoin d’importations important au Kazakhstan qui déplore une mauvaise récolte.

Rumeurs chinoises

La Chine fait parler d’elle aussi sur le marché du blé : outre l’avancée de ses négociations commerciales avec les USA, elle devrait s’efforcer, suite à une décision de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) d’avril dernier, de mettre en application de nouvelles règles concernant ses obligations d’importation dans le cadre de quotas à droit réduit : la République populaire pourrait donc acheter un peu plus de blé sur le marché mondial. Certaines rumeurs parlent d’un volume de 2 millions de tonnes d’achats possibles de blé américain.

L’ensemble de ces facteurs a poussé les prix de la plupart des origines mondiales vers le haut cette semaine, de 5 $/t environ, les blés français s’approchant des 200 $/t Fob Rouen, soit 174,5 €/t (+3 €/t) rendu Rouen (base juillet).

L’échéance de décembre d’Euronext est montée à 181,25 €/t le 17 octobre avant d’abandonner entre 1 et 2 €/t en cours de journée le 18 octobre. La remontée de l’euro face au dollar à plus de 1,11 ce jour explique probablement le retrait d’Euronext.

Les orges fourragères entraînent les brassicoles

L’achat récent de 1 million de tonnes par l’Arabie à la fin de septembre (dont une partie pourrait être servie par des orges françaises) d’une part, et les chargements à destination de la Chine d’autre part soutiennent les prix. L’orge rendu Rouen gagne encore 4 €/t cette semaine à 166,5 €/t (base juillet) soit 191 $/t Fob. Alors que les orges françaises ont gagné 5 $/t, les orges ukrainiennes se sont appréciées de 2 $/t (à 187 $/t) si bien que la compétitivité des orges françaises se dégrade légèrement.

Les bilans européen et français restent lourds, avec de larges disponibilités pour lesquelles il sera difficile de trouver un débouché potentiel. Pour cette raison, à moins d’une demande plus soutenue que prévu en Chine ou en Arabie Saoudite, les prix français gardent un potentiel de baisse.

Année particulière en orge

La hausse des prix fourragers a tiré aussi les prix brassicoles qui gagnent 4 €/t à Creil en base juillet, aussi bien pour les orges d’hiver (à 161 €/t) que les orges de printemps (à 162 €/t).

La prime (différence entre le prix brassicole et le prix fourrager) est tellement basse actuellement que tout mouvement sur le segment fourrager affecte aussi le segment brassicole.

L’année est assez particulière : en raison de taux de protéines assez faible en France et en Allemagne, plusieurs industriels auraient accepté des qualités dont le taux de protéines est plus bas que d’habitude.

Un maïs encore soutenu

Le maïs s’est apprécié lui aussi cette semaine mais un peu moins que le blé et l’orge : il gagne 2 €/t, à 167 €/t Fob Rhin ou 166 €/t Fob Bordeaux (base juillet), alors que les prix sont plutôt en baisse aux USA.

Les nouvelles sont pourtant plutôt haussières sur le marché mondial avec des inquiétudes grandissantes concernant le retard des semis de la seconde récolte de maïs au Brésil, ou la réduction possible des surfaces récoltées dans le nord des USA à cause du froid et de l’humidité.

En parallèle, la récolte ukrainienne bat son plein avec de bons résultats pour la seconde année consécutive. Nous estimons toutefois que cette récolte ne sera pas aussi élevée que celle de l’an dernier en raison de conditions climatiques moins favorables tout au long de la campagne de production et maintenons la prévision d’importations en nette baisse cette année dans l’UE.

Malgré une récolte médiocre, le bilan de maïs français s’annonce donc lourd en raison de la compétition à l’exportation des maïs du sud-est de l’UE et du blé en alimentation animale. Des éléments qui pourraient freiner la hausse des cours.

Le soja américain soutenu par un accord « provisoire » entre les USA et la Chine

Le nouvel optimisme sur l’avancée des négociations sino-américaine a tiré le prix du soja US vers le haut depuis la semaine dernière. Le 11 octobre, le président Trump a déclaré que la Chine avait accepté de faire passer les achats agricoles américains à 40-50 milliards de dollars par an d’ici à deux ans.

Le gouvernement chinois a ensuite officiellement confirmé qu’un accord commercial provisoire avait été conclu entre la Chine et les États-Unis. Cet accord devrait être signé entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping d’ici à quatre semaines.

Les inquiétudes sur l’impact du blizzard qui a touché certaines zones de production aux USA ont aussi apporté un soutien aux prix du soja. Le département américain de l’Agriculture (USDA) a indiqué vouloir recueillir des informations supplémentaires sur les superficies récoltées de maïs et de soja dans le Minnesota et le Dakota du Nord à la suite des récentes chutes de neige dans les deux États. Les opérateurs du marché s’attendent donc à une nouvelle révision à la baisse de la récolte américaine de soja dans le prochain rapport sur la production agricole du 8 novembre.

Baisse des ventes de soja

Pour tempérer ces éléments, les ventes de soja dans la semaine se terminant le 10 octobre ont atteint 1,6 Mt, un volume en baisse de 24 % par rapport à la semaine précédente.

De plus, le rapport de l’USDA du 15 octobre indique une progression de la récolte de soja de 12 points sur la semaine à 26 %. Enfin, en ce qui concerne la qualité, les conditions générales se sont un peu améliorées, le pourcentage de la récolte jugée bonne ou excellente gagnant un point par rapport à la semaine dernière à 54 %. Néanmoins, Ainsi, le prix du soja américain progresse modérément cette semaine (+3 $/t sur les contrats de novembre et de décembre à respectivement 342,4 $/t et 347,4 $/t).

Le tourteau de soja US a suivi la hausse de la fève. Son prix gagne 3 $/t, à 338 $/t, sur le CBOT. En revanche, le prix du tourteau en France recule de 5 €/t, à 325 €/t, à Montoir dans le sillage des origines sud-américaines.

Le recul du dollar américain pèse sur les prix du colza et du canola

Les prix français de colza ont de nouveau reculé cette semaine de 2 €/t en Fob Moselle et à Rouen (à respectivement 385 €/t et 384 €/t). Sur Euronext, le prix du colza cède environ 3 €/t, à 380,75 €/t. Entre la fin de la semaine dernière et le début de cette semaine, les cours du colza sont restés stables, tiraillés entre la hausse de soja et le ralentissement de la demande sur le biodiesel à base d’huile de colza malgré le rapprochement de l’hiver. En effet, les acteurs du marché se sont approvisionnés plus tôt que d’habitude, en raison des préoccupations liées à la mauvaise récolte de colza.

Les prix ont ensuite perdu 2 €/t en une journée en raison du renchérissement de l’euro face au dollar américain en réaction à l’accord proposé pour le Brexit jeudi.

Au Canada, la moisson de canola se poursuit. Les travaux ont été légèrement ralentis en raison de la vague de froid et de neige. Le prix de la graine sur Winnipeg a néanmoins reculé de 2,5 CAN$/t depuis la semaine dernière à cause de la hausse du dollar canadien face au dollar états-unien, pénalisant la compétitivité de cette origine sur la scène internationale. Le canola monte de 1,5 US$/t cette semaine.

Le tournesol stable

Les cours de tournesol sont stables sur une semaine en France (à 325 €/t) comme en mer Noire (à 330 $/t). Les récoltes sont proches d’être terminées. En Ukraine, 88 % de la surface totale a été récolte au 15 octobre, les rendements sont à ce stade meilleurs que l’année dernière.

En Russie, la récolte record se confirme avec des bons rendements réalisés à 58 % d’avancement de la récolte.

En Argentine, les travaux de semis sont à 35 % avancés. Ils sont déjà terminés dans la région NEA (Nord-Est) ainsi que dans le Centre-Nord de Santa Fe. La surface semée est en retrait de plus de 25 % par rapport à l’année dernière. La baisse des surfaces dans ces zones est due à l’excès d’eau lié aux inondations qui ont précédé la période de semis.

Tallage

À suivre : négociations commerciales US-Chine, Brexit, récolte de maïs en Ukraine et aux USA, semis de maïs en Amérique du Sud, confirmation d’une forte demande mondiale en blé, déroulement des semis d’hiver de céréales à paille dans l’hémisphère Nord, récolte de soja aux USA

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