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« Contre l’artificialisation, je propose de réhabiliter les bâtiments abandonnés »

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Du 2 au 6 mars 2020, en amont des municipales découvrez chaque jour une interview vidéo d’un maire de commune rurale. Pour ce quatrième témoignage, nous vous proposons d’écouter Jean-Marie Fabre, élu à Saint-Chamant, dans le Cantal. Comme alternative à l’artificialisation de terres agricoles, il suggère d’utiliser des bâtiments ou des maisons abandonnées.

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Si Jean-Marie Fabre est élu dans la Cantal, un département très rural avec une faible densité de population, il est tout de même confronté à l’artificialisation des terres agricoles. Sur son territoire montagneux, ce sont essentiellement les terres de vallée, avec une forte valeur agronomique, qui sont consommées pour d’autres activités. Il existe une forte dépendance entre terre basse et une terre haute utilisées pour les estives. Cette perte de surface impacte donc la production agricole de tout le territoire.

Un département « bétonné » tous les dix ans

En France en 2017, plus de 23 000 hectares ont été artificialisés. Tous les dix ans l’équivalent d’un département est « bétonné ». D’après le premier rapport de l’Observatoire national de l’artificialisation des sols, installé par le gouvernement en juillet 2019, la consommation des terres agricoles est repartie à la hausse en 2017.

Un rapport de France Stratégie (1), publié en juillet 2019, avance que cette hausse de l’artificialisation ne peut être corrélée à l’augmentation de la population : l’artificialisation a augmenté de 70 % depuis 1981 et la population a progressé de seulement 19 %.

> À lire aussi : Notre dossier sur les maires ruraux (15/01/2020)

Réhabiliter plutôt que construire

Pour Jean-Marie Fabre, le problème de l’artificialisation n’est pas seulement l’impact sur la production agricole. « Il y a le sujet de la qualité de notre espace, de notre environnement rural », explique le maire. Pour lui, l’alternative à l’artificialisation est la réhabilitation de bâtiments ou de maisons abandonnés dans les communes rurales. Une manière de répondre à la demande de maisons et de locaux commerciaux, qui permettrait de « redonner vie notamment aux bourgs ruraux ». D’après France Stratégie, c’est d’ailleurs un mauvais usage de l’habitat existant et la préférence des ménages pour des habitats individuels qui seraient en cause.

> À lire aussi : Le foncier agricole pèse dans la balance municipale (15/01/2020)

Les maires en première ligne

Sur cette question, les communes et leurs maires sont en première ligne. Les administrations locales sont chargées du contrôle et de la réglementation de l’usage du sol dans le cadre des plans locaux d’urbanisme (PLU). Lors du Congrès des maires en 2019, Édouard Philippe n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler aux élus locaux l’objectif de « zéro artificialisation nette ».

En juillet 2019, le gouvernement a publié une instruction destinée aux services déconcentrés de l’État pour leur demander d’accompagner les collectivités territoriales dans la lutte contre l’artificialisation des sols et de contribuer à l’objectif « zéro artificialisation nette ». Il leur est demandé « d’agir au nom de l’État pour faciliter aujourd’hui et pour demain des projets de développement des territoires équilibrés, sobres en consommation d’espace, qui veillent à un meilleur usage des terres et préviennent la crise sociale ». Une consigne mal perçue par certains élus ruraux.

> À lire aussi : Députés, syndicats, collectivités, ils veulent une grande loi sur le foncier agricole (28/11/2019)

Marie-Astrid Batut

(1) Étude menée par le Certop, une unité de recherche en sciences humaines et sociales du CNRS.

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