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« Nous refusons les projets sans retour direct aux éleveurs »

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Thierry Hulmer, éleveur de 250 normandes dans la Manche avec son frère, est président de l’organisme de conseil en élevage Littoral Normand et de Seenergi. Les fondateurs de la SAS sont Littoral Normand et Seenovia (Pays de la Loire), rejoints en 2017 par Origenplus, en 2019 par Seenorest et bientôt par Conseil Élevage 25-90. Seenergi a des participations dans ces filiales­ : Natur’Élevage, Medria Solutions, Pilot’Élevage, San’Élevage, Origen Norman­de et Union Gènes Diffusion. © C.Hue

Créée par Littoral Normand et Seenovia, Seenergi tisse tranquillement un réseau national. Son pari : rester proche des éleveurs, et proposer un conseil plus performant et innovant. Sa concurrence avec la bretonne Innovalsuscite des interrogations.

Avec la création de Seenergi, les conseils en élevage s’orientent-ils vers une logique d’entreprise au détriment de la mutualisation ?
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Avec la création de Seenergi, les conseils en élevage s’orientent-ils vers une logique d’entreprise au détriment de la mutualisation ?

Thierry Hulmer : Les éleveurs sont plus zappeurs. Nous devons nous adapter et faire évoluer la mutualisation. Depuis juillet, chez Littoral Normand, une partie du contrôle de performances est facturée sur le temps passé. C’est la totalité, depuis janvier en Pays de la Loire, chez Seenovia. Face à l’érosion de l’activité de 4 % par an, tous deux ont décidé de réagir et de mettre en commun leurs moyens pour investir dans l’innovation, des systèmes d’information et de l’expertise de conseils. Cela a abouti à la création de Seenergi en 2015. Nous avons choisi de conserver notre proximité de terrain pour nos activités historiques et nous nous sommes regroupés dans des filiales pour les nouvelles. Ces dernières sont au même tarif pour tous les éleveurs dans le giron de Seenergi, à savoir la Normandie, les Pays de la Loire, le Pas-de-Calais, l’ex-Lorraine hors Moselle et, peut-être en 2020, le Doubs. Le budget en R & D de Seenergi est de un million d’euros par an.

Les éleveurs craignent qu’une nouvelle structure génère des charges en plus et non l’inverse. Est-ce le cas de Seenergi ?

T.H. : Seenergi est une SAS sans salarié. Elle est une plateforme de mise en commun de moyens, en particulier pour le conseil spécialisé. Soixante experts interviennent sur le territoire de Seenergi. Ils évitent les doublons de compétences. Ses entreprises actionnaires ont aujourd’hui un nombre de salariés en baisse ou stable. Peut-être nos adhérents voudraient-ils une évolution en phase avec la baisse du nombre d’élevages ? Mais il faut tenir compte des nouveaux besoins tels que la géobiologie, le parage et les médecines alternatives. Même si elle a un coût, je préfère que l’innovation reste dans les mains des éleveurs plutôt que dans celles des multinationales. La création de Seenergi permet de bénéficier de financements et de crédits d’impôts de recherche. Elle donne de la visibilité à nos entreprises. Nous sommes contactés pour des projets. Ce n’était pas imaginable il y a encore trois ans.

En quoi les nouveaux services soutiendront-ils la rentabilité des élevages ?

T.H. : Notre but est d’apporter de la plus-value aux éleveurs et à la filière. Nous avons décidé de deux types de conseil : individuel et de groupe. Pour le premier, il y a deux ans, nous avons interrogé des éleveurs leaders sur leurs besoins, ce qui a défini nos priorités. Pour le second, nous proposons de l’engineering aux filières engagées dans la différenciation. Il peut être financé par l’industriel, par exemple Bel pour l’accompagnement vers le non-OGM. Nous refusons les projets sans retour aux éleveurs.

Seenergi prévoit-elle de payer les éleveurs qui mettent à sa disposition leurs données pour de nouveaux services ?

T.H. : Je veux mettre ce sujet sur la table. Nous sommes au début de l’évolution technologique qui passera par la valorisation des données phénotypiques et génomiques.

La concurrence s’installe entre Innoval(1) et Seenergi. N’y a-t-il pas un risque de surenchère d’offres de service ?

T.H. : Il n’y aura pas de surenchère chez Seenergi. Nous ne sommes pas dans cette logique. La priorité est de bien faire notre travail sur la zone Seenergi avant d’aller voir ailleurs. Cela étant, il faut que l’appétit débordant d’Innoval soit raisonné. Si la concurrence concerne des innovations disruptives, pourquoi pas. S’il s’agit d’envoyer des commerciaux dans nos régions pour vendre des produits équivalents, nous ne sommes pas d’accord. Seenergi est ouverte à la discussion. Elle est dans une logique de partenariats. C’est ce qu’elle fait pour son service Génocellules. Elle signe des conventions de distribution avec les organismes de conseils en élevage non actionnaires.

Propos recueillis par Claire Hue

(1) Innoval regroupe Évolution, BCEL Ouest et GDS de Bretagne.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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