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« Il est urgent de structurer la filière lait bio territoriale »

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Éleveurs laitiers bio des Hauts-de-France. ( © J. PEZON

Dans les Hauts-de-France, région la moins bio mais où une vraie dynamique de conversion s’est enclenchée, des adhérents de La Prospérité fermière appellent au rapprochement des opérateurs locaux en faveur de la structuration d’une filière bio régionale.

Vous avez récemment adressé une lettre ouverte à votre coopérative, l’appelant à reconnaître les valeurs du lait bio. Pouvez-vous préciser le sens de votre démarche ?
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Vous avez récemment adressé une lettre ouverte à votre coopérative, l’appelant à reconnaître les valeurs du lait bio. Pouvez-vous préciser le sens de votre démarche ?

Mickael Poillion, Godefroy Dutertre et François Dequidt : Nous nous sommes réunis en juin dernier de façon informelle pour évoquer la place du lait bio au sein de notre coopé­rative [NDLR : La Prospérité fermière], qui compte désormais une trentaine d’adhérents certifiés et en conversion. Outre l’objectif de passer de 6 à 9 Ml, on ne ressent pas une réelle ambition de bâtir une stratégie à long terme : la bio ne peut pas se limiter à une ligne d’ingrédients laitiers au catalogue, dédiée à quelques clients B to B. Dans le contexte d’une forte demande sociétale des consommateurs français pour des produits de proximité, répondant à des enjeux de préservation des ressources naturelles comme l’eau, c’est une vraie opportunité de reconnaître la valeur de notre travail.

Les Hauts-de-France ont perdu 600 producteurs en dix ans, et quatre départs sont annoncés pour une arrivée. Il s’agit d’un plan social silencieux et on ne veut pas être dans le prochain wagon. Il y a une urgence sociale à créer de la valeur pour améliorer la rentabilité des exploitations et aller vers des systèmes d’élevage moins consommateurs de capitaux, permettant à chacun de retrouver de la liberté et de la transmissibilité. La bio est un moyen d’y parvenir. Elle constitue un vrai enjeu de développement et une opportunité de maintenir des producteurs nombreux sur le territoire !

Qu’attendez-vous concrètement de votre coopérative, qui a pourtant mis en place des aides à la conversion (1) et récemment revalorisé le prix du lait bio ?

M. P., G. D. et F. D. : Le cœur du sujet depuis un an, c’est le prix de base : nous prenons acte des 5 € obtenus en 2020, en complément du prix de base de 475 €/1000 litres. Dans le cadre de nos échanges, notre coopérative propose aussi une prime qualité de 12 €, mais dont les conditions d’attribution sont à définir d’ici 2022. Nous considérons qu’il est nécessaire de passer à la vitesse supérieure en affichant clairement l’objectif d’un prix de 500 €.

La Prospérité peut-elle décréter un prix sans prendre en considération la réalité de son marché et de son outil industriel, tourné vers la fabrication d’ingrédients ?

M. P., G. D. et F. D. : C’est le rôle d’une coopérative de chercher la meilleure rémunération possible pour ses adhérents. Nous sommes cependant bien conscients qu’elle ne peut pas tout faire. Mais elle ne doit pas non plus laisser Biolait gérer seul les soubresauts de la montée en puissance de la filière bio. Si nous pouvons produire du lait bio aujourd’hui, c’est que Biolait et ses éleveurs ont largement pris leur part. Pour passer un cap, il est désormais urgent que notre coopérative prenne une part active dans la création d’une filière laitière bio territorialisée, en favorisant un dialogue pérenne avec Biolait, mais aussi avec l’ensemble des acteurs des Hauts-de-France : Ucanel, Lact’Union ou encore Danone qui, par exemple, va convertir au bio son usine de Steenvoorde, dans le Nord, et aura besoin de producteurs bio sur le territoire. Ce lieu reste à imaginer et pourrait associer les collectivités et les consommateurs. Cette cohérence à l’échelon régional pourrait être une voie pour favoriser la co-construction d’un laboratoire de transformation collectif ou l’émergence de PME locales dédiées à la transformation et qui sont, à ce jour, inexistantes sur le territoire. L’enjeu est de construire collectivement un prix attractif, avec une visibilité à long terme. Il faut sortir de la logique du volume qui a conduit beaucoup d’entre nous à quitter le métier. Le pâturage, la qualité, le local et la coopération entre les acteurs sont des recettes qui pourront donner le goût aux nouvelles générations de reprendre le flambeau, à travers des pratiques plus en adéquation avec leurs attentes.

Propos recueillis par Jérôme Pezon

(1) Pendant la conversion, un prix de base minimum de 360 € et une aide à la conversion de 50 €.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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