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« Nous privilégions le pâturage par rapport au maïs »

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Le Gaec de la Péquinière. Théo Angot, l’un des deux stagiaires de l’exploitation, avec Marylène Ducoux, Muriel et Jean-Claude Audrain. La ferme est inscrite au Répertoire départ installation de Loire-Atlantique, dans l’objectif de trouver un quatrième associé. © Reportage photo : Cédric FAIMALI

Avec une surface limitée à 75 ha en partie en zone séchante, le Gaec de la Péquinière délègue une partie de la production de maïs à un voisin. L’objectif des associés est de conforter les 55 ha de prairies, de les faire durer et de les valoriser au mieux pour maîtriser les charges et le temps de travail.

Il pleut de nouveau ce matin de mars. Jean-Claude Audrain s’impatiente. « En général, la mise à l’herbe des vaches se fait vers mi-mars, sauf en 2019 où nous avons commencé mi-février. Je suis pressé qu’elles sortent, mais nos sols sont argileux, donc il faut attendre pour éviter de dégrader les prairies. »
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Il pleut de nouveau ce matin de mars. Jean-Claude Audrain s’impatiente. « En général, la mise à l’herbe des vaches se fait vers mi-mars, sauf en 2019 où nous avons commencé mi-février. Je suis pressé qu’elles sortent, mais nos sols sont argileux, donc il faut attendre pour éviter de dégrader les prairies. »

L’homme est le chef d’orchestre d’un troupeau laitier de 83 vaches, en compagnie de deux associées représentant chacune un mi-temps : son épouse, Muriel, et Marylène Ducoux, une voisine. Sur cette exploitation de 75 hectares, la partition à jouer pour nourrir le troupeau et optimiser la production laitière relève de la virtuosité. « Nous avons 40 ha de terres profondes et 35 ha en zone très hétérogène, plutôt séchante. »

« Les vaches sont faites pour être dehors »

Bien que la surface soit limitée par rapport à la taille du troupeau, le recours au pâturage est incontournable pour les trois associés. « Les vaches sont faites pour être dehors : c’est notre première motivation. Nous n’envisageons pas notre métier d’éleveur avec des animaux toujours au bâtiment. De plus, le pâturage présente un atout économique et limite la charge de travail. » Entre début avril et fin juin, les vaches sont dehors jour et nuit, et les éleveurs parviennent en général à fermer les silos d’ensilage d’herbe et de maïs durant deux, voire deux mois et demi.

Pendant cette période, elles mangent le matin, à l’auge, 2 kilos de complément énergétique composé de méteil broyé et de maïs grain humide (ou des céréales achetées en cas de manque de stock). Les vaches en début de lactation reçoivent au besoin un supplément de 1 à 1,5 kg. « En 2019, nous avons exceptionnellement conservé une part de maïs ensilage tout au long du printemps. La qualité de ce maïs récolté en 2018 était moyenne et notre production laitière avait baissé durant l’hiver. Notre trésorerie était en berne, donc nous avons décidé d’utiliser le stock pour renforcer le volume livré. »

« Nous achetons entre 7 et 12 hectares de maïs sur pied »

La situation du dernier hiver fut très différente, en raison de la bonne qualité du maïs récolté en 2019. Celle-ci a permis aux éleveurs de produire en moyenne 3,5 kilos de lait en plus par vache et par jour depuis septembre, sans augmenter l’apport en aliment concentré. Malgré la sécheresse, le rendement moyen en maïs a atteint 9 tonnes de MS/ha en 2019 contre 12 tMS/ha en année normale. Toutefois, pour subvenir aux besoins du troupeau, le Gaec de la Péquinière achète chaque année entre 7 et 12 ha de maïs sur pied à un agriculteur voisin : une partie est ensilée, l’autre partie est récoltée en grain humide.

En juillet-août, les ensilages de maïs et d’herbe ainsi que le tourteau de colza sont de retour dans la ration. Le dosage est ajusté en fonction de l’herbe fraîche éventuellement disponible. « En 2019, les prairies étaient grillées fin juin. D’habitude, à cette période, les vaches ne sortent que la nuit en raison de la chaleur. Mais l’an dernier, elles sont restées au bâtiment tout l’été pour éviter que les prairies ne se transforment en champs de bouses ! »

« Nous cherchons à faire durer nos prairies temporaires »

Pour Jean-Claude Audrain, les prairies méritent en effet la plus grande attention en raison de la place centrale qu’elles occupent dans le système. Une surface de 25 ha est réservée au pâturage tournant dynamique des vaches laitières : elle est composée de ray-grass anglais et trèfle blanc, et divisée en 16 paddocks de 1,5 ha chacun environ.

À l’aide d’une gestion au fil avant, les animaux ont en général accès à 50 ares par demi-journée. « Nous ajustons en fonction de nos observations, sachant que l’objectif est qu’elles ramassent bien toute l’herbe avant de déplacer le fil. Nous revenons en principe sur une parcelle après 24 jours, ce qui est cohérent par rapport à la pousse. »

Après quatre cycles de pâturage, l’éleveur réalise une tonte en mode mulching afin de supprimer les refus au niveau des bouses et éviter le salissement de la prairie. Le but est de préparer le pâturage d’automne, en général à partir de fin septembre, en permettant un bon redémarrage de la pousse. Jean-Claude Audrain cherche à exploiter ces prairies au minimum cinq à six ans, voire jusqu’à huit. « Depuis deux ans, les sécheresses sont rudes et c’est plus compliqué de les faire durer », reconnaît-il.

La seconde partie de 30 ha de prairies est constituée de coteaux toujours en herbe et de surfaces destinées à la fauche à base de fétuque et de trèfle. Les génisses et les vaches taries valorisent les coteaux jusqu’à mi-juin, puis elles pâturent les prairies fauchées. « L’avantage des sols argileux est que nous ne manquons jamais d’herbe sur ces surfaces. De mars à décembre, les génisses et les vaches taries sont dehors, ce qui limite le travail. » L’herbe coupée est conservée en ensilage, puis en enrubannage et foin (deuxième et troisième coupes).

« L’apport d’azote sur prairies ne permet pas une conversion bio »

L’éleveur estime la productivité de ses prairies de fauche entre 10 et 11 tMS/ha. Concernant les surfaces pâturées par les vaches, elles atteignent 9 tMS/ha si le pâturage d’automne est possible, et 7,5 tMS/ha si ce n’est pas le cas. « J’épands du lisier sur l’ensemble de mes terres et je fais aussi un ou deux apports d’ammonitrate de 100 kg/ha chacun sur mes prairies. J’ai essayé sans, mais la baisse de production est nette. Aujourd’hui, ces apports d’azote sur prairies et sur méteil ne nous permettent pas de nous convertir en bio, ainsi que le premier désherbage du maïs avant binage. » Au regard des deux dernières années fourragères marquées par la sécheresse estivale, le Gaec de la Péquinière est centré sur deux préoccupations majeures : comment récolter des stocks suffisants pour alimenter le troupeau l’été et l’hiver ? Et comment les aléas climatiques influenceront-ils les saisons de pâturage ?

« J’estime qu’il faut désormais assurer les stocks au printemps et ne plus compter sur l’été, déclare Jean-Claude Audrain. Nous avons fait le choix du méteil il y a plus de cinq ans, à la suite d’un double manque de maïs et d’herbe à pâturer. Cette année-là, nous n’avons pas eu le choix : nous avons ensilé du triticale pour passer le cap de l’été. Le méteil est notre bouée de sauvetage : nous pouvons l’ensiler au stade immature si besoin est, ou le récolter en grains comme concentré énergétique. »

Les éleveurs veulent aussi améliorer la qualité de leurs stocks, et notamment la richesse en protéines, afin de réduire les achats de tourteau. « Dans notre mélange ray-grass d’Italie et trèfle, nous voyons peu de trèfle. Nous avons donc implanté, en 2019, un mélange de ray-grass d’Italie, vesce velue et trèfle. L’objectif est de faire une première coupe riche en vesce, puis le ray-grass d’Italie devrait reprendre le dessus pour les coupes de foin. »

« Notre priorité : trouver un quatrième associé »

En 2019, le Gaec a saisi l’opportunité de reprendre 5 ha. Ils seront consacrés à l’herbe et ne remplaceront pas l’achat de maïs à l’extérieur. Ils n’auront pas non plus d’effet sur la taille du troupeau. « Nous ne voulons pas en faire davantage, affirme Jean-Claude Audrain. Je travaille au moins soixante heures par semaine, et Muriel et Marylène dépassent leur mi-temps. Nous avons tous les trois 50 ans ou plus, et l’une de nos priorités est de trouver un quatrième associé. »

Nathalie Tiers
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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