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« Notre productivité des vaches et du travail doit être maximale »

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Famille. Britta et Kurt Kühne

Au Danemark.Avec des coûts élevés, notamment pour la main-d’œuvre et le foncier, Erik Kühne et ses frères doivent atteindre une productivité très élevée. Leurs 500 vaches produisent plus de 12 000 kg de lait.

Au bout de l’allée bordée de champs de céréales ou de maïs, les bâtiments d’élevage s’alignent parfaitement. Les pelouses qui les entourent sont impeccablement tondues. Tout ici respire l’ordre et la propreté. Le calme régnant dans les étables fait oublier que plusieurs centaines de bovins y vivent.
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Au bout de l’allée bordée de champs de céréales ou de maïs, les bâtiments d’élevage s’alignent parfaitement. Les pelouses qui les entourent sont impeccablement tondues. Tout ici respire l’ordre et la propreté. Le calme régnant dans les étables fait oublier que plusieurs centaines de bovins y vivent.

Nous sommes chez Erik Kühne, sur la ferme créée par l’un de ses aïeux il y a plus d’un siècle. Il a toujours voulu reprendre le flambeau. En 1999, à l’âge de 23 ans, il achète une ferme voisine comptant 50 vaches et s’associe avec ses parents qui en possèdent 80. Ils construisent un bâtiment de 130 places. Ses deux frères, Michael et Bjarne, font de même et, en 2005, la famille est à la tête d’un troupeau de 250 vaches laitières.

Deux ans plus tard, ils cherchent à s’agrandir. « Il y avait une forte dynamique laitière à l’époque. Tout le monde voulait plus de vaches et donc plus d’hectares. » Mais les Kühne n’obtiennent pas les autorisations nécessaires et ne trouvent pas de quotas. Ils renoncent à leur projet, à contrecœur. « Nous avions déjà une activité de travaux agricoles. Nous avons décidé de la dévelop er. »

« Nous avons investi après la crise de 2008 »

Parce qu’ils n’ont pas acheté de terres au moment où les prix s’envolaient (jusqu’à 40 000 €), ils ont été épargnés par la crise immobilière et financière de 2008. Une crise violente dont beaucoup ne sont pas encore remis. La dette moyenne des éleveurs laitiers danois s’élève à 20 000 €/vache.

« En 2011, nous avons enfin obtenu la licence nécessaire pour développer le lait. La crise étant passée, les prix des terres avaient baissé. On a pu investir dans l’élevage. » Leur laiterie, Arla, acceptait les hausses de volume. Le premier bâtiment étant saturé, les Kühne décident d’en construire trois autres en quatre ans. Le premier a vu le jour en 2014 avec une capacité de 360 vaches pour un investissement de 470 000 € (1 300 €/place).

Apporter les meilleurs soins en un minimum de temps

Les deux autres ont suivi en 2018, un montant de 1,1 M€. Il s’agit d’une salle de traite 2 x 20 et d’un autre bâtiment pour 150 vaches. Cet échéancier s’explique par la prudence d’Erik. « Je veux une croissance progressive pour que la tête suive. Nos investissements sont terminés. Nous optimisons le fonctionnement pour améliorer la productivité. »

Car tout coûte cher ici. La terre, on l’a vu, mais aussi la main-d’œuvre, 24,70 €/heure contre 16,50 € pour la moyenne des adhérents au réseau EDF. Au total, les charges se montent à 4 302 €/vache ici contre 4 051 € pour le réseau européen. Il faut donc maximiser la productivité à tous les niveaux. La lactation moyenne s’élève à 12 553 kg bruts. L’objectif est de parvenir à 12 000 kg livrés par vache. La carrière moyenne s’achève à l’âge de 6,2 ans avec une production totale de 45 245 kg. Les génisses vêlent à l’âge de 25,9 mois.

Pour Erik, ces résultats sont d’abord le fruit de la conduite des animaux. Elle est conçue pour apporter à chaque vache les soins dont elle a besoin en un minimum de temps.

Les vaches en lactation et en bonne santé vivent dans le grand bâtiment. Erik l’a imaginé afin de maximiser le confort : lumière, ventilation, logettes sur sable, brosses. « Les productions individuelles ont gagné 2 kg par jour dès que les vaches y sont entrées, avec une ration identique. La différence se fait sur le bien-être. Tout le lait de ce lot est propre à la consommation. Le travail est simplifié et sans risque d’erreur. »

La ration est définie par un nutritionniste

Lorsque les fraîches vêlées reviennent dans ce bâtiment, elles sont placées dans un même espace. « Elles y viennent quand elles ont commencé à récupérer. Elles restent encore fragiles. Je les regroupe pour pouvoir mieux les surveiller. » Dans ce bâtiment, les vaches à inséminer sont ensemble. Les confirmées pleines constituent le troisième lot. L’étable de 150 places accueille 130 autres vaches pleines. Elle se remplit progressivement. Les box à vêlages sont aménagés dans un bâtiment ancien à l’écart des autres, au calme. Les vaches couchent sur du sable en été pour améliorer le confort et limiter les mouches. Les éleveurs préfèrent la paille en hiver pour la chaleur. Des caméras les surveillent. Les écrans sont visibles au bureau et dans la laiterie. Les salariés les visionnent systématiquement plusieurs fois par jour. Erik y passe souvent.

L’ancienne étable de 130 places accueille les animaux plus fragiles : fraîches vêlées et vaches malades. Elles sont traites dans l’ancienne salle de traite. Ce lait n’est pas collecté. Il est transformé en yaourts pour les veaux. Une pratique qui fonctionne bien, même en présence d’antibiotiques. Les génisses sont élevées sur un autre site et rentrent ici un mois avant le vêlage. Les vaches reçoivent une ration complète toute l’année. Elle est distribuée deux fois par jour et repoussée autant. Un nutritionniste privé définit la ration après avoir examiné les animaux et les bouses. Pour les vaches en lactation, elle se compose de 14 kg de MS d’ensilage de maïs et 1,6 kg de MS d’ensilage d’herbe (première coupe), 2,5 kg de blé traité à la soude, 3,85 kg de tourteau de soja, 1,65 kg de tourteau de colza, 0,1 kg de corn gluten, 0,4 kg de paille, 0,55 kg de minéraux et de sel, 0,3 kg de matière grasse et 0,5 kg de mélasse. Un premix intégrant les concentrés et minéraux est fabriqué deux fois par semaine pour gagner du temps et obtenir un meilleur mélange.

Un troupeau en bonne santé, des mammites rares

La constitution de lots permet une alimentation à la carte. Ainsi, les fraîches vêlées et les vaches à inséminer bénéficient d’un peu plus de blé traité à la soude et de corn gluten feed distribués manuellement. Le troupeau est en bonne santé et même les mammites sont rares. L’éleveur l’attribue au couchage sur du sable. Les inséminations commencent 50 jours après le vêlage, mais le taux de réussite est faible. Erik pense acheter un outil de monitoring. Il y a trop de vaches pour compter sur la détection visuelle. La sélection est axée sur la résistance des vaches, avec du croisement. « Les holsteins sont fragiles, elles se reproduisent mal. »

Erik suit le troupeau et travaille avec sept salariés roumains. « On trouve facilement des Danois pour conduire les tracteurs, mais pas pour traire. Les Roumains sont fiables. » Ils se chargent de la traite, trois fois par jour, du nettoyage et de l’entretien des locaux. Les salariés travaillent 160 à 180 heures par mois et sont libres un jour par semaine et un week-end sur deux. Ils bénéficient d’un mois de vacances. Les associés prennent deux semaines de congés par an.

« Quand on investit, c’est pour gagner de l’argent »

Finalement, la productivité est au rendez-vous. Si la facture des aliments achetés s’élève à 1 326 €/vache (contre 1 089 € pour le groupe EDF), la production suit : 295 g de concentré/kg de lait standard (contre 323 g). Ici, une vache demande 31 heures de travail (45 heures pour le groupe) et une heure de travail permet de produire 373 kg de lait (contre 250 kg). L’efficacité compense donc les surcoûts. Erik est satisfait de ses résultats économiques. « Si l’on a pris le risque d’investir, c’est pour gagner de l’argent ! » Tous les fourrages sont produits sur l’exploitation avec son propre matériel. Une autonomie précieuse. Le taux d’endettement reste très raisonnable, à 60 %. Le prochain défi à relever sera la succession des parents qui approchent les 70 ans. Parce qu’ils participent encore un peu au travail mais surtout parce qu’ils ont des parts dans l’entreprise. Les trois frères devront les racheter et se réorganiser.

Pascale Le Cann
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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