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Santé. Si les négociants en bétail sont favorables à la vaccination des troupeaux laitiers contre la FCO © THIERRY PASQUET

L’année 2020 s’est achevée sur un climat tendu entre les acheteurs de veaux mâles et les éleveurs laitiers. La crise du coronavirus accentue le déséquilibre structurel de la filière veaux. Mais ce n’est pas la seule raison.

Tous les ans, à l’automne et en décembre, deux scénarios s’opposent. D’une part, les industriels de la filière veaux de boucherie programment moins de mises en place de veaux laitiers dans les élevages spécialisés. Ils collent à la structuration du marché. La sortie des jeunes animaux à 6 mois d’âge se télescope ainsi à la baisse de consommation de la viande de veau à partir du...
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Tous les ans, à l’automne et en décembre, deux scénarios s’opposent. D’une part, les industriels de la filière veaux de boucherie programment moins de mises en place de veaux laitiers dans les élevages spécialisés. Ils collent à la structuration du marché. La sortie des jeunes animaux à 6 mois d’âge se télescope ainsi à la baisse de consommation de la viande de veau à partir du printemps. D’autre part, à l’automne également, les vêlages battent leur plein dans les élevages laitiers. Ces deux tendances aboutissent donc à une baisse saisonnière habituelle du prix du tout jeune veau acheté.

Export Le marché espagnol se fragilise

Sauf qu’en novembre et décembre derniers, il est descendu à dix ou vingt euros. Dans certains cas, le veau est même resté dans l’élevage ! Le 30 novembre, la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB) tirait la sonnette d’alarme dans un courrier adressé au ministère de l’Agriculture, aux interprofessions laitière et viandes, à la FNSEA et à GDS France. « Les invendus sont des veaux qui ne font l’objet d’aucune proposition d’achat », alertait Dominique Truffaut, président de la FFCB.

L’équilibre du marché se fissure. La consommation de la viande de veaux recule depuis dix ans en France (baisse des abattages de 13 %). Les bœufs et taurillons ne prennent pas le relais. Sous l’impulsion de la spécialisation des exploitations laitières et la suppression de la dotation fiscale pour investissement, leurs abattages perdent du terrain.

C’est le marché espagnol qui fait le tampon. Très demandeur de viande de veau, notamment en restauration hors foyer, il absorbe plus de 80 % des exportations françaises de veaux laitiers. Ce voisin ne peut guère faire plus, tout particulièrement en 2020, touché par des confinements successifs. De plus, ces exportations sont conditionnées au dépistage de la fièvre catarrhale ovine (FCO) défini par un accord entre les deux pays : l’éleveur désinsectise le veau et l’atteste dans un document signé ; l’exportateur réalise une analyse PCR, qui doit bien sûr être négative avant le transport de l’animal. « Or, nous faisons face à une recrudescence du nombre de bovins testés positifs à la FCO avec, même, un retour dans l’Ouest, souligne Dominique Truffaut. En période de surproduction saisonnière, il n’y a pas de solutions de marché pour ces veaux positifs. »

Achats Grève ou menace de grève des négociants

Le président de la FFCB insiste sur le travail pénible qu’impliquent ces tests. « Il faut attraper les veaux, se mettre à quatre pattes pour la prise de sang, gérer les envois au laboratoire, assurer la partie administrative, etc. Cela représente un surcoût de 30 € par veau », assure-t-il.

Surcroît de charges financières et de travail, veaux sans débouchés… Des négociants en colère ont fait la grève du ramassage ou ont menacé de la faire, en novembre et début décembre. Un coup de gueule efficace puisqu’éleveurs, négociants, coopératives et industriels du veau de boucherie se sont réunis en urgence afin de trouver des solutions, immédiates et à moyen terme.

Les premières sont limitées. « Nous avons rentré un peu plus de veaux les deux dernières semaines de décembre tout en restant prudents, dit Sébastien Auger, de Denkavit, un des leaders de la vitellerie. Après une surproduction en 2018-2019 puis, en 2020, la fermeture de la restauration – notre gros client – due aux deux confinements, nous ne voulons pas vivre une troisième crise. » Et le directeur achats de rappeler : « Nous nous sommes débrouillés seuls lors du premier confinement. Faute de débouchés, nous avons dû prolonger l’élevage des veaux pour les vendre en jeunes bovins. » La filière vient de solliciter le ministère de l’Agriculture pour le financement d’une campagne de communication encourageant la consommation au printemps.

Marché Fournir des veaux calibrés

À coup sûr, si rien n’est fait d’ici à l’automne, le marché du veau laitier retombera dans les mêmes affres. « À nous, éleveurs laitiers, de contribuer à un meilleur équilibre du marché, affirme Marie-Andrée Luherne, secrétaire générale adjointe de la FNPL. Cela passe par des vêlages plus étalés dans l’année et des profils de veaux plus en phase avec la demande. »

Depuis un an, les acteurs de la filière veaux planchent sur des critères techniques qui devraient être prêts avant l’été. « L’objectif est que chaque veau réponde à une commande de poids et de conformation, pourquoi pas au travers d’une contractualisation. » Par exemple, des veaux classés U. « Nous en avons un besoin de 5 à 6 %, contre 3 % fournis aujourd’hui, établit Sébastien Auger. À l’inverse, nous avons trop de veaux en classe P : 40 % à 45 %, pour des besoins allant de 20 % à 25 %. Les éleveurs choisissent des taureaux à vêlage facile, ce qui donne des veaux étroits d’épaules. »

Répondre aux demandes du marché, c’est aussi lancer des produits qui y trouveront rapidement leur place. En accompagnant la station expérimentale de Mauron (Morbihan), c’est ce que visent la FNPL et le Cniel (photos).

Les négociants en bétail ajoutent à ces mesures la vaccination des troupeaux laitiers contre la FCO (voir encadré) afin de soutenir les exportations. « Les éleveurs s’inquiètent de son coût, mais les metteurs en marché pourront acheter leurs petits veaux plus cher puisqu’ils ne supporteront plus sa logistique », avance Dominique Truffaut.

Les opérateurs savent que ce rééquilibrage se fera sous la très haute surveillance des associations animalistes. D’ailleurs, l’interprofession laitière échange sur le sujet avec les ONG welfaristes (donc non abolitionnistes) depuis un an, comme elle l’a fait en 2019 sur le pâturage.

Claire Hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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