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Une démonstration de communication positive

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L’équipe. Bruno, Erwan et Ludovic devant l’extension du bâtiment qui permettra à l’exploitation d’atteindre 290 vaches laitières, cela sans augmenter la SAU. © d.gremy

Savoir-faire. Avec un grand troupeau, une unité de méthanisation plus une retenue d’eau pour l’irrigation, le tout en zone urbanisée, l’acceptabilité sociétale de l’entreprise n’est pas acquise. Mais des arguments convaincants peuvent l’emporter.

En ces temps d’agribashing, où toute activité agricole un tant soit peu hors normes est plus que suspecte, la communication engagée par les éleveurs de la ferme des Moulins de Kerollet, dans le Morbihan, mérite d’être présentée. L’exploitation laitière des trois associés, Erwan, Bruno et Ludovic, n’est pas d’un modèle courant. Il paraît loin le Gaec parents-fils du début des anné...
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En ces temps d’agribashing, où toute activité agricole un tant soit peu hors normes est plus que suspecte, la communication engagée par les éleveurs de la ferme des Moulins de Kerollet, dans le Morbihan, mérite d’être présentée. L’exploitation laitière des trois associés, Erwan, Bruno et Ludovic, n’est pas d’un modèle courant. Il paraît loin le Gaec parents-fils du début des années 2000 (70 vaches, 592 000 litres de lait sur 140 ha en 2004).

Aujourd’hui, la SCEA des Moulins de Kerollet est une entreprise à plusieurs facettes­ qui a grandi en innovant et en se diversifiant. Elle se divise en trois pôles. L’élevage et ses 220 vaches laitières pour 2 Ml produits, l’énergie avec 650 kW de photovoltaïque et 700 kW de méthanisation et enfin le pôle cultures qui, sur 220 ha, rassemblent 170 ha de cultures fourragères et 50 ha de légumes industrie (Daucy), couplés à une retenue d’eau de 1,7 ha. Les trois associés sont désormais épaulés par trois collaborateurs salariés.

Cette croissance importante s’est réalisée dans un environnement particulier : très proche d’une petite ville de 1700 habitants (Arzal) qui a presque doublé sa population en vingt ans, et à proximité de milieux sensibles (cours d’eau, zone boisée classée, estuaire de la Vilaine, etc.).

Et l’aventure n’est pas terminée à Kerollet. Deux projets sont en phase de développement : l’augmentation du troupeau à 290 vaches laitières avec ajout d’une stabulation de 55 places et d’un quatrième robot de traite. L’occasion aussi de créer une zone de confort pour les vaches en préparation de vêlage et les débuts de lactation. La méthanisation va également évoluer en diminuant très fortement l’incorporation de déchets issus de l’industrie agro-alimentaire au profit des lisiers et fumiers des élevages voisins. Il sera ainsi possible de leur fournir du digestat et de prendre en charge une partie du stockage de leurs effluents. Mais ces deux dossiers sont soumis aujourd’hui au régime d’autorisation, donc avec une enquête publique qui se déroule du 15 septembre au 15 octobre.

« Dans une enquête publique, ce sont souvent les opposants qui s’expriment. Et celui qui n’a rien vu, qui ne connaît pas, a tendance à s’afficher contre. Alors nous avons pris la décision de mettre au grand jour notre exploitation et de présenter tout ce que nous produisons, car nous en sommes fiers. D’où l’organisation d’une porte ouverte juste avant le démarrage de l’enquête », expliquent les éleveurs. En deux jours, elle aura accueilli plus de 2 200 visiteurs.

Les trois associés ne manquent pas de ressources, ni de partenaires, pour communiquer sur leurs bonnes pratiques. Et en premier lieu, une certification, encadrée par le ministère de l’Agriculture et contrôlée par un organisme indépendant : la haute valeur environnementale (HVE). C’est le niveau le plus haut de cette certification, fondé sur des indicateurs de résultats relatifs à la préservation de la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et de la ressource en eau (l’irrigation). « Il s’agit de la récompense de plus de dix ans de travail avec de nombreuses évolutions sur l’exploitation. »

Et la méthanisation est un maillon important dans cette stratégie vertueuse. Un argument fort pour l’acceptabilité de cet atelier parfois décrié. « Grâce au digestat, nous n’achetons quasiment plus d’engrais chimique. La chaleur de la cogénération nous permet de sécher environ 1 000 tonnes de foin destinées aux vaches et notamment les 20 ha de luzerne. L’autonomie protéique ainsi obtenue représente 50 tonnes de soja économisées sur l’année. »

Épandage sans tonne et désherbage mécanique

Les éleveurs insistent aussi sur la vie biologique des sols qui s’est réactivée en combinant l’apport de digestat et un travail du sol simplifié. De gros investissements ont été réalisés pour permettre l’épandage sans tonne dans les parcelles. Pas moins de 7 km de canalisations ont été enterrés et servent aussi au transfert du digestat. « On ne passe plus dans le village avec la tonne, on préserve nos sols du tassement et nous économisons du carburant. » Autre cycle vertueux, la méthanisation permet de sécher 2 000 t de plaquettes de bois qui alimentent des chaudières dans un rayon de 50 km. Les éleveurs ont aussi engagé un projet de réduction des phytos. Leurs leviers : un assolement diversifié, mais aussi le désherbage mécanique avec l’utilisation de la bineuse et de la herse étrille. Bilan : un IFT de 1,53. « En interculture, nous avons notamment diminué les RGI, difficiles à détruire sans glyphosate, au profit des céréales immatures. » Dans un contexte sociétal souvent hostile aux retenues d’eau destinée à l’irrigation, la SCEA a réussi le pari, en 2019, de créer une réserve de 85 000 m3, essentiellement pour les cultures légumières. « Il a été possible de réaliser ce projet car nous l’avons couplé à la création­ d’une zone humide, dite zone de compensation, de 7000 m2 au pied de la digue. Deux fois par an, et à nos frais, un écologue passe sur le site pour identifier la faune et la flore présentes. »

Cette réserve d’eau est alimentée par le captage des eaux pluviales sur le site de l’exploitation et par les eaux de drainage entre le 1er novembre et le 31 mars. « Ici, c’est la ville qui est venue à la campagne et nous avons dû nous adapter. Nous avons fait appel à un expert olfactif pour évaluer les nuisances et abandonner notamment le curage par chasse d’eau. Nous avons investi 150 000 € dans une route pour ne plus avoir à circuler avec les tracteurs devant les pavillons de nos voisins. Nous sommes ouverts au dialogue, même si c’est plus ou moins facile. Notre porte est toujours ouverte pour des visites ou pour offrir un peu de digestat aux jardiniers amateurs. »

Afin d’échapper un peu plus à l’image un tantinet industrielle de leur élevage, les éleveurs ont eu l’intelligence, tout dernièrement, de proposer un atelier de transformation à un artisan crémier. Ils ont mis à sa disposition un local où seront transformés 200 000 litres de lait de leur production, en yaourts, beurre, fromages et crème, vendus sur les marchés, aux crémeries et aux restaurateurs locaux, et bien sûr porteurs du logo « Issu d’une ferme à haute valeur environnementale ». « Il est évident que cela participe à l’image positive de notre entreprise. D’un autre côté, nous fournissons à l’atelier un lait de qualité constante et riche en acides gras essentiels grâce à la luzerne. »

dominique grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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