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Méthanisation. Dans les projets collectifs, rassembler des fonds propres pour concrétiser le financement devient une étape capitale avec l’érosion des subventions. Par chance, les contributeurs susceptibles d’intervenir sont nombreux.

En 2018, les subventions apportées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) aux projets de méthanisation ont représenté 40 M€, une somme stable par rapport à 2017, pour un total de 129 dossiers, en hausse de 17 %. L’aide de l’Ademe finance en moyenne 13 % de l’investissement total, sachant que cette part était de 15 % en moyenne depuis 2007. Les porteurs...
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En 2018, les subventions apportées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) aux projets de méthanisation ont représenté 40 M€, une somme stable par rapport à 2017, pour un total de 129 dossiers, en hausse de 17 %. L’aide de l’Ademe finance en moyenne 13 % de l’investissement total, sachant que cette part était de 15 % en moyenne depuis 2007. Les porteurs de projet, de plus en plus nombreux, vont donc être contraints de renforcer à l’avenir les autres sources de financement.

« Les niveaux d’investissements ne baissent pas et notre exigence pour accorder un prêt, dans le cadre de projets collectifs supérieurs à quatre millions d’euros, est toujours l’apport de 30 % de fonds propres(1), rappelle Yann Guezel, directeur du service Grand Ouest Environnement de la Banque populaire. Nous sommes interpellés pour diminuer ce ratio, notamment face à la baisse des subventions et au manque de fonds propres de plus en plus fréquent dans les projets. Mais nous considérons que cela est prématuré au regard du recul encore insuffisant sur la rentabilité de la méthanisation. Les porteurs de projet doivent donc apprendre à intégrer des actionnaires minoritaires pour augmenter l’apport de fonds propres. »

Des partenaires apportant compétences et souplesse

Nicolas Mallein a créé en 2010 la société Unica Conseil, spécialisée dans le financement des énergies renouvelables. D’après lui, la liste des prétendants susceptibles d’investir dans des projets est longue, ce qui est rassurant : « Je demande aux collectifs d’agriculteurs que j’accompagne quel est l’ADN de leur projet, et avec qui sont-ils prêts à “se marier” pendant quinze ans. Car il existe autant de solutions de financement que de projets. »

Les collectivités territoriales (communautés de communes, syndicats départementaux d’énergie, sociétés d’économie mixte, départements, régions...) font partie des partenaires privilégiés. « Cela traduit un ancrage territorial fort et montre que le collectif agricole est en phase avec les acteurs locaux, souligne Yann Guezel. Cela améliore la gouvernance du projet. C’est sécurisant. »

Autre gage de sécurité, en matière de pilotage du projet cette fois : la participation de Engie avec ses compétences spécifiques au secteur de l’énergie. « Engie a la capacité de se mettre dans les bottes du monde agricole et d’intégrer les projets de façon minoritaire, estime Nicolas Mallein. Quant aux transporteurs de gaz tels GRTgaz ou GRDF, ils peuvent proposer aux producteurs de biométhane de louer le poste d’injection plutôt que de l’acheter, afin de réduire le montant de l’investissement. »

À Meslay-du-Maine (Mayenne), le site de méthanisation Méthamaine est en train de sortir de terre. À partir de décembre 2019, il devrait injecter dans le réseau 115 Nm3/heure de biogaz à partir de 22 000 tonnes de matière organique issues de onze exploitations d’élevage et d’une société de collecte de fumier de cheval. L’investissement s’élevant à 5,1 M€, les douze entreprises devaient réunir 1,6 M€ de fonds propres, soit 31 %. À côté des subventions obtenues, elles ont sollicité l’actionnariat d’Engie et du syndicat départemental d’énergie Territoire Énergie Mayenne, tout en restant majoritaires avec 55 % des parts. « Outre les fonds propres, ces partenaires apportent des compétences, explique Benoît Dutertre, gérant de la SARL collectant le fumier de cheval. Engie a mis à disposition ses juristes dans la construction du pacte d’actionnaires. De plus, ils se sont engagés à descendre à 20 % du capital afin que les jeunes agriculteurs ayant apporté moins au démarrage puissent progressivement s’engager davantage, et que nous en accueillions de nouveaux à l’avenir. De même, l’actionnariat de Territoire Énergie Mayenne pourra, à terme, disparaître. Ces partenaires nous apportent donc de la souplesse. Et la SAS Méthamaine leur apporte une rentabilité chiffrée à 7,5 %. »

Attirer des entreprises sur un territoire

Non loin de là, à Janzé (Ille-et-Vilaine, communauté de communes Au pays de la Roche aux Fées), un projet d’initiative agricole est devenu un projet de territoire. « Quand nous avons appris que les agriculteurs cherchaient un terrain, nous avons été séduits et nous avons souhaité être impliqués, raconte Sébastien Benoist, responsable énergie et environnement à la Roche aux Fées Communauté. Car notre volonté est de devenir exemplaires en matière de maîtrise des consommations d’énergie, de réduction des gaz à effet de serre et de production d’énergie renouvelable, afin d’attirer des entreprises sur notre territoire. » La société d’économie mixte Energ’iV s’est ralliée au projet. Principalement portée par le syndicat départemental d’énergie SDE 35, elle rassemble aussi le Département et Rennes Métropole, ainsi que la Caisse des dépôts, la Caisse d’épargne, le Crédit agricole et le Crédit mutuel-Arkea. Le pacte d’actionnaires compte aussi Engie, l’industriel laitier Triballat (apporteur de 6 000 t de matières brutes issues de son usine Sojasun) et la société d’investissement Eilañ. Cette dernière est gérée par la société d’économie mixte Semaeb de la Région Bretagne, qui a fédéré la Caisse des dépôts, EDF, Crédit mutuel-Arkea et le Crédit coopératif, dans l’objectif de développer les énergies renouvelables en Bretagne.

Quant au collectif agricole à l’origine du projet, il compte cinquante-cinq exploitations dont une grande partie adhère à la coopérative des Fermiers de Janzé (volailles fermières). Malgré le nombre important d’intervenants, ces agriculteurs actionnaires sont majoritaires à 55 % dans la SAS Terre de fées (aux côtés de la coopérative des Fermiers de Janzé détenant 45 %), elle-même majoritaire à 51 % dans la SAS Enerfées. Ils ont apporté en moyenne 15 000 euros de fonds propres par exploitation.

Rendement financier de 4 %

Nicolas Mallein souligne par ailleurs la place croissante du financement participatif dans les projets de méthanisation. Suzanne Renard, en charge du sujet pour l’association Énergie Partagée, l’illustre : « Nous avons collecté 18 M€ auprès de 5 000 citoyens, afin de participer au financement d’une cinquantaine de projets collectifs dans les énergies renouvelables. Par exemple, une campagne est en cours afin de trouver 330 000 € pour le méthaniseur porté par les seize adhérents de la Cuma du Layou, dans les Pyrénées-Atlantiques. » Une somme équivalente est apportée par les agriculteurs afin d’atteindre 12 % de l’investissement, en plus des 27 % de fonds propres financés par la subvention. Les citoyens contributeurs peuvent compter sur un rendement financier de 4 %. « Les agriculteurs restent maîtres de la conduite de leur projet et sont prioritaires en cas de bénéfices supplémentaires afin de valoriser leur travail », précise Suzanne Renard.

Pour le banquier Yann Guezel et le conseiller Nicolas Mallein, les porteurs de projet doivent aussi avoir en tête les éventuels surcoûts liés aux imprévus. « Il faut réfléchir à la capacité de chacun à réinjecter de l’argent si besoin », alerte le conseiller. « C’est important pour nous de savoir que l’actionnariat peut se mobiliser en cas de coup dur », confirme le banquier.

Nathalie Tiers

(1) Pour les méthaniseurs à la ferme avec des investissements entre 600 000 et 4 M€, l’apport de fonds propres peut être inférieur à 30 %.

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