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« Nous valorisons nos veaux mâles dans la filière bio »

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Julien Grellier s’est installé il y a deux ans, après un stage sur l’exploitation en BTS Acse, puis une licence de conseil en élevage en apprentissage chez Unebio. © N. Tiers

Engraissement.Le Gaec Les Rocs, en Vendée, prévoit de vendre une trentaine de bœufs à Unebio en 2021. Cette production repose sur l’autonomie alimentaire en système extensif, la présence de bâtiments disponibles et un besoin limité en main-d’œuvre.

Avec l’installation, il y a deux ans, de Julien Grellier comme troisième associé, les éleveurs du Gaec Les Rocs ont concrétisé un projet leur tenant à cœur : valoriser au maximum les animaux nés sur leur exploitation, notamment les veaux mâles. « Ce choix relève de l’éthique et de la volonté de cohérence globale de notre élevage, indique Julien. Par ailleurs, la filiè...
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Avec l’installation, il y a deux ans, de Julien Grellier comme troisième associé, les éleveurs du Gaec Les Rocs ont concrétisé un projet leur tenant à cœur : valoriser au maximum les animaux nés sur leur exploitation, notamment les veaux mâles. « Ce choix relève de l’éthique et de la volonté de cohérence globale de notre élevage, indique Julien. Par ailleurs, la filière bio est en déficit d’animaux de type laitier, or les bœufs permettent une valorisation intéressante à la fois via des morceaux nobles et pour répondre à la demande en viande hachée. »

Avec ses 214 hectares, le Gaec est capable de produire en autonomie les ressources alimentaires pour le troupeau laitier et l’engraissement d’une trentaine de bœufs, objectif fixé en 2021. Les prairies multi-espèces riches en légumineuses sont exploitées selon les cas par le pâturage (tournant dynamique pour les vaches), l’ensilage, l’enrubannage, le foin, ainsi que l’affouragement en vert. Le maïs est récolté sous forme d’ensilage, de grains ou de farine d’épis en fonction des besoins.

Les éleveurs sont équipés d’un trieur et d’une fabrique d’aliments à la ferme, héritée d’un ancien atelier porcin, et ont également recours au toasteur de la Cuma. « Nous trions toutes nos récoltes de grains dans l’objectif d’enlever les impuretés, la poussière, notamment parce que nous produisons nos propres semences, explique Julien. Concernant les méteils, les graines de triticale, féverole et pois sont séparées, puis les protéagineux sont toastés chacun de leur côté pour augmenter le taux de protéines assimilables. Ce qui n’est pas vendu est stocké dans d’anciennes cases à cochons, puis nous composons nos concentrés au fur et à mesure de l’année, en fonction des fourrages distribués. »

Même le tourteau de colza est produit localement grâce à un échange avec des agriculteurs voisins pressant de l’huile à partir de graines fournies, entre autres, par le Gaec Les Rocs.

Passer le creux de la sécheresse estivale

En saison de pâturage de printemps, les éleveurs parviennent à fermer le silo d’ensilage de maïs pendant trois mois. Pour passer le creux de production lié à la sécheresse estivale­, ils s’efforcent de constituer des stocks d’herbe sur pied en allongeant le cycle sur certaines parcelles, de façon à nourrir les animaux de mi-juillet à mi-août, au besoin avec une complémentation en foin. À partir de mi-août, et jusqu’à mi-septembre, le troupeau (en dehors des vaches laitières) consomme des couverts­ d’été implantés juste après la moisson des méteils mi-juillet. Ils sont composés d’avoine, radis chinois, navette, phacélie et tournesol.

Fin septembre enfin, l’ensemble des animaux peut à nouveau bénéficier des repousses d’herbe sur les prairies­. En outre, les prairies renouvelées quelques mois auparavant, grâce à un semis sous couvert d’orge de printemps, commencent également à produire. Les apports « en vert » sont complétés par de l’affouragement en colza fourrager.

Du point de vue de la conduite des lots d’animaux, les veaux femelles et mâles sont gérés ensemble au cours des premiers mois en nurserie. Jusqu’à l’âge de trois mois, ils ont accès au Dal de la ferme et à un concentré maison à volonté. De 3 à 6 mois, la ration est composée de foin et concentré. « Passé l’âge de 6 mois, ils ne reçoivent plus de concentré, ou alors exceptionnellement au cours du premier hiver, précise Julien Grellier. Nous visons une croissance compensatrice au printemps, tel que cela a été testé à la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou. La perte modérée de GMQ durant l’hiver est compensée par une meilleure croissance au printemps. »

37 % de compensation des émissions de gaz à effet de serre

Issue du rapprochement progressif de plusieurs fermes de la commune, l’exploitation possède des bâtiments sur cinq sites différents, avec un éloignement maximum de huit kilomètres. Trois de ces sites hébergent des animaux. « Nous avons de la place pour abriter les bœufs mais, si ce n’était pas le cas, ils pourraient passer l’hiver à l’extérieur sans difficulté », estime Julien. L’objectif des éleveurs est que les jeunes animaux restent le moins longtemps possible en bâtiment l’hiver. Leur mise à l’herbe se fait début mars, voire plus tôt, et permet notamment le déprimage de certains paddocks.

Les génisses et les bœufs sont séparés à l’âge de 17-18 mois, au moment où les femelles sont mises à la reproduction en présence d’un taureau de race bazadaise. « Cette méthode nous permet de gagner beaucoup de temps pour la reproduction des génisses, et aussi d’avoir des veaux de petite taille pour des premiers vêlages faciles, souligne Julien. En revanche, nous perdons une génération pour le progrès génétique. » Pour le moment, les femelles croisées montbéliarde-bazadaise sont vendues à l’âge de 15 jours, de même que celles issues de croisements avec du charolais sur les moins bonnes vaches. Les mâles croisés, comme les mâles montbéliards, sont conservés pour devenir des bœufs. Les éleveurs utilisent par ailleurs de la semence sexée sur les meilleures vaches du troupeau.

L’étape de finition des bœufs s’appuie prioritairement sur la consommation de fourrages (enrubannage, foin, pâturage) dont la qualité est optimisée afin de maîtriser l’apport d’aliment complémentaire à base de céréales et protéagineux. Actuellement, les bœufs de race montbéliarde sont vendus à un âge moyen de 35 mois, et les animaux croisés à un âge moyen de 37 mois ; l’objectif étant d’atteindre plutôt 32 à 34 mois pour les premiers, et 35-36 mois pour les seconds. « L’engraissement de bœufs est peu gourmand en main-d’œuvre et pas inintéressant du point de vue économique, conclut Julien. Le gain à l’hectare n’est pas élevé, mais cela nous permet d’entretenir un système extensif. Avec nos prairies, 35 km de haies et déjà 5 km d’arbres en agroforesterie, notre exploitation compense 37 % de ses émissions de gaz à effet de serre, d’après le diagnostic Cap’2Er. »

Nathalie Tiers
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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