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« L’achat groupé atténue le besoin de trésorerie »

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Livraisons. .Elles sont faites depuis un quai goudronné en surplomb d’un chemin.

Aliments concentrés. La flambée des cours du soja depuis l’été rappelle, s’il le fallait, tout l’intérêt d’anticiper ses achats de matières premières, à l’instar d’un petit groupe d’éleveurs de Haute-Loire rodé depuis sept ans à cette pratique.

Depuis 2013, un petit groupe d’éleveurs de Haute-Loire assure ses approvisionnements en aliments du bétail sur le marché des matières premières via un négociant, la SARL Avena. Plus précisément, ce sont sept exploitations, dans un rayon de 20 km maximum, qui passent ensemble leurs commandes de tourteau de soja et trois d’entre elles ont étendu cette pratique aux achats de pulpe de betterave déshydratée et...
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Depuis 2013, un petit groupe d’éleveurs de Haute-Loire assure ses approvisionnements en aliments du bétail sur le marché des matières premières via un négociant, la SARL Avena. Plus précisément, ce sont sept exploitations, dans un rayon de 20 km maximum, qui passent ensemble leurs commandes de tourteau de soja et trois d’entre elles ont étendu cette pratique aux achats de pulpe de betterave déshydratée et de maïs grain.

« Pour le soja, cela correspond à 10 camions de 29 t/an, avec un règlement quinze jours après livraison. Les commandes groupées permettent de diluer les coûts de transport, de mieux étaler le besoin en trésorerie au fil de l’année, mais aussi d’éviter des investissements coûteux nécessaires au stockage de ces matières premières, rappelle Daniel Blachon, associé du Gaec de Montebello. Enfin, c’est aussi un moyen de se retrouver et d’échanger. »

« Anticiper en couvrant nos achats jusqu’à un an et demi »

C’est sur sa ferme que les livraisons d’aliments sont réceptionnées. Le jour J, tous les éleveurs se retrouvent avec tracteur et remorque à ce point de rendez-vous fixe. La répartition se fait simplement par cubage des remorques, sans pont à bascule : selon la dimension de la remorque, il suffit de mesurer la hauteur de matière première nécessaire à déverser pour répartir le volume attribué à chacun. La société Avena organise la logistique et émet ensuite une facture séparée. Le choix d’une complémentation exclusivement à base de matières premières est bien sûr une voie visant à mieux maîtriser le coût alimentaire (voir ci-dessous), « à condition d’anticiper », rappelle Daniel. D’abord, il faut se fixer un prix d’intérêt, à partir duquel on se positionnera à l’achat : 200 €/tonne pour la pulpe, ou 350 €/t pour le soja. « À partir de ce seuil, le gain économique est évident comparé à un aliment du composé. Dès que le soja se situe entre 340 et 350 €/t, nous n’hésitons pas à passer commande pour une durée de un à un an et demi. C’est un moyen de se prémunir d’une augmentation parfois brutale des cours. Il ne faut pas chercher à gagner 5 ou 10 € de plus. Par expérience, depuis sept ans, le prix n’est jamais descendu sous ce seuil. La couverture des besoins à long terme doit permettre d’attendre une baisse des cours pour revenir aux achats lorsque la conjoncture est dégradée. » Cette année, dès le mois de février, le groupe d’éleveurs a couvert ses besoins en soja pour une période allant de juin à octobre 2020 au prix de 354 €/t rendu ferme ; en mars, ils se sont positionnés à l’achat au prix de 349 €/t jusqu’à août 2021, puis, en juillet à 344 €/t pour septembre et octobre 2021. Au sein du groupe, c’est Daniel qui est chargé de passer les commandes : « Je consulte les cotations transmises toutes les trois semaines et me fie surtout aux alertes transmises par Avena, avant de valider l’ordre d’achat auprès de tous par téléphone. Il faut parfois être très réactif. »

Dans la pratique, il faut surtout être vigilant sur l’évolution de la conjoncture à l’approche des périodes de récoltes : à partir de l’automne pour les États-Unis et dès le mois de mars pour l’Amérique du Sud. Concernant la pulpe et le maïs grain, les éleveurs se couvrent généralement pour un an en début de campagne, soit, en 2020, à respectivement 196 et 188 €/t.

« Les matières premières, mieux adaptées à nos rations d’altitude »

Tout en répondant à un enjeu économique, l’achat de matières premières est aussi bien adapté aux besoins de troupeaux laitiers en zone d’altitude, où les UF et les PDIE sont les principaux facteurs limitants de rations comprenant le plus souvent une forte part d’herbe pâturée ou ensilée : « Avant, la complémentation se faisait par achats de 3 tonnes d’aliments composés du commerce souvent additionnés d’urée, la source d’azote la moins chère. Or, nos rations ont peu de besoins en azote soluble. » Sur ce principe, pour compenser un ensilage d’herbe 2020 de moindre qualité, Daniel compose son propre concentré de production fermier dans le bol mélangeur : 22 % de pulpe + 22 % de maïs aplati + 22 % de triticale autoproduit + 34 % de soja. Maïs et céréales sont aplatis une fois par mois par la Cuma, pour un coût de l’ordre de 20 € la tonne, soit l’équivalent d’un VL 3 litres à 241€/t, dosant 21 % de MAT et 1,01 UFL.

Ici, le contrat d’achat est établi au nom de Daniel et signé par tous. Ce mode de fonctionnement informel qui repose sur la confiance, sans statut juridique de type GIE, pourrait entraîner des difficultés si l’un des membres venait à ne pas pouvoir honorer sa part de la commande. « C’est un risque, reconnaît Daniel. Mais il est atténué par le collectif. De plus, un achat à un prix intéressant doit permettre de revendre un lot plus facilement si la situation se présente. »

Jérôme Pezon
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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